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“Et puis, le manque est arrivé, dans le moment où je m’y attendais le moins, il est arrivé alors que j’avais presque fini par croire à mon amnésie.
C’est terrible, la morsure du manque. Ça frappe sans prévenir, l’attaque est sournoise tout d’abord, on ressent juste une vive douleur qui disparaît presque dans la foulée, c’est bref, fugace, ça nous plie en deux mais on se redresse aussitôt, on considère que l’attaque est passée, on n’est même pas capable de nommer cette effraction, et pourquoi on la nommerait, on n’a pas eu le temps de s’inquiéter, c’est parti si vite, on se sent déjà beaucoup mieux, on se sent même parfaitement bien, tout de même on garde un souvenir désagréable de cette fraction de seconde, on tente de chasser le souvenir, et on y réussit, la vie continue, le monde nous appelle, l’urgence commande.
Et puis, ça revient, le jour d’après, l’attaque est plus longue ou plus violente, on ploie les genoux, on a un méchant rictus, on se dit : quelque chose est à l'œuvre à l’intérieur, on pense à ces transports au cerveau qui annoncent les tumeurs, qui sont le signal enfin visible de cancers généralisés jusque-là insoupçonnables, on éprouve une sale frayeur, un mauvais pressentiment.
Et puis, le mal devient lancinant, il s’installe comme un intrus qu’on n’est pas capable de chasser, il est moins mordant et plus profond, on comprend qu’on ne s’en débarrassera pas, qu’on est foutu.
Oui, un jour, le manque est arrivé. Le manque de lui.
Au début, j’ai fait comme si je ne m’en rendais pas compte, le traitant par l’indifférence, par le mépris, je me savais plus fort que lui, j’étais en mesure de le dominer, de l’éliminer, c’était juste une question de volonté ou de temps, je n’étais pas le genre à me laisser abattre par quelque chose d’aussi ténu, d’aussi risible.
Et puis, il m’a fallu me rendre à l’évidence : ce match, je n’étais pas en train de le gagner, j’allais peut-être même le perdre, et je ne possédais pas le moyen d’échapper à cette déroute et plus je luttais, plus je cédais du terrain ; plus je niais la réalité, plus elle me sautait au visage. Autant le reconnaître : j’étais dévoré par ça, le manque de lui.”
― Un homme accidentel
C’est terrible, la morsure du manque. Ça frappe sans prévenir, l’attaque est sournoise tout d’abord, on ressent juste une vive douleur qui disparaît presque dans la foulée, c’est bref, fugace, ça nous plie en deux mais on se redresse aussitôt, on considère que l’attaque est passée, on n’est même pas capable de nommer cette effraction, et pourquoi on la nommerait, on n’a pas eu le temps de s’inquiéter, c’est parti si vite, on se sent déjà beaucoup mieux, on se sent même parfaitement bien, tout de même on garde un souvenir désagréable de cette fraction de seconde, on tente de chasser le souvenir, et on y réussit, la vie continue, le monde nous appelle, l’urgence commande.
Et puis, ça revient, le jour d’après, l’attaque est plus longue ou plus violente, on ploie les genoux, on a un méchant rictus, on se dit : quelque chose est à l'œuvre à l’intérieur, on pense à ces transports au cerveau qui annoncent les tumeurs, qui sont le signal enfin visible de cancers généralisés jusque-là insoupçonnables, on éprouve une sale frayeur, un mauvais pressentiment.
Et puis, le mal devient lancinant, il s’installe comme un intrus qu’on n’est pas capable de chasser, il est moins mordant et plus profond, on comprend qu’on ne s’en débarrassera pas, qu’on est foutu.
Oui, un jour, le manque est arrivé. Le manque de lui.
Au début, j’ai fait comme si je ne m’en rendais pas compte, le traitant par l’indifférence, par le mépris, je me savais plus fort que lui, j’étais en mesure de le dominer, de l’éliminer, c’était juste une question de volonté ou de temps, je n’étais pas le genre à me laisser abattre par quelque chose d’aussi ténu, d’aussi risible.
Et puis, il m’a fallu me rendre à l’évidence : ce match, je n’étais pas en train de le gagner, j’allais peut-être même le perdre, et je ne possédais pas le moyen d’échapper à cette déroute et plus je luttais, plus je cédais du terrain ; plus je niais la réalité, plus elle me sautait au visage. Autant le reconnaître : j’étais dévoré par ça, le manque de lui.”
― Un homme accidentel
“We believe that we are protected by our youth. We are seventeen years old. You don’t die when you are seventeen years old.”
― Lie With Me
― Lie With Me
“He says that for me things are simple, that everything will be fine, that I will get out of it, it’s already written, that there’s nothing to worry about, the world will greet me with open arms. Whereas for him there’s a barrier, an impenetrable wall, forbidding him to deviate from what has been predetermined.”
― Lie With Me
― Lie With Me
“Il y a cette brûlure de ne rien être autorisé à dire, de devoir tout taire, et cette question terrible, cet abîme sous les pieds : si on n'en parle pas, comment prouver que ça existe ? Un jour, quand l'histoire sera terminée, puisqu'elle se terminera, nul ne pourra témoigner qu'elle a eu lieu. L'un des protagonistes (lui) pourra aller jusqu'à la nier, s'il le souhaite, jusqu'à s'insurger qu'on puisse inventer pareilles sornettes. L'autre (moi) n'aura que sa parole, elle ne pèserait pas lourd. Cette parole n'adviendra jamais. Non, je n'ai jamais parlé. Sauf aujourd'hui. Dans ce livre. Pour la première fois.”
― « Arrête avec tes mensonges »
― « Arrête avec tes mensonges »
“I discover that absence has a consistency, like the dark water of a river, like oil, some kind of sticky dirty liquid that you can struggle and perhaps drown in. It has a thickness like night, an indefinite space with no landmarks, nothing to bang against, where you search for a light, some small glimmer, something to hang on to and guide you. But absence is, first and foremost, silence. A vast, enveloping silence that weighs you down and puts you in a state where any unforeseeable, unidentifiable sounds can make you jump.”
― Lie With Me
― Lie With Me
“I don’t know then that one day I won’t be seventeen. I don’t know that youth doesn’t last, that it’s only a moment, and then it disappears and by the time you finally realize it, it’s too late. It’s finished, vanished, lost.”
― Lie With Me
― Lie With Me
“I know that what I've written has probably given the impression that I was a haughty young boy, a bit too delicate for the world (and no doubt I was, at least in part). But looking back on it, I think it was simply a fear of crowds, their movements, the inherent potential to transform into a mob, that pushed me toward this misanthropy.”
― Lie With Me
― Lie With Me
“While the credits roll he says: That scene with the chain saw was great, wasn’t it? I look at him and joke: Yeah, I almost grabbed you at that moment. He smiles back at me and I receive his smile like a gift. There weren’t many times Thomas smiled at me like that. It wasn’t his way.”
― Lie With Me
― Lie With Me
“Je voulais juste t'écrire que j'ai été heureux pendant ces mois que nous avons passés ensemble, que je n'ai jamais été aussi heureux, et que je sais déjà que je ne serai plus jamais aussi heureux.”
― Lie With Me
― Lie With Me
“I will write about the sadness that eats away at you, making you crazy. It will become the template for my books, in spite of myself. I wonder sometimes if I have ever written of anything else.”
―
―
“Those who have not taken this step, who have not come to terms with themselves, are not necessarily frightened, they are perhaps helpless, disoriented, lost as one is in the middle of a forest that’s too dark or dense or vast.”
― Lie With Me
― Lie With Me
“Plus tard, j'écrirai sur le manque. Sur la privation insupportable de l'autre. Sur le dénuement provoqué par cette privation ; une pauvreté qui s'abat. J'écrirai sur la tristesse qui ronge, la folie qui menace. Cela deviendra la matrice de mes livres, presque malgré moi. Je me demande quelquefois si j'ai même jamais écrit sur autre chose. Comme si je ne m'étais jamais remis de ça : l'autre devenu inaccessible. Comme si ça occupait tout l'espace mental.
La mort de beaucoup de mes amis, dans le plus jeune âge, aggravera ce travers, cette douleur. Leur disparition prématurée me plongera dans des abîmes de chagrin et de perplexité. Je devrai apprendre à leur survivre. Et l'écriture peut être un bon moyen pour survivre. Et pour ne pas oublier les disparus. Pour continuer le dialogue avec eux. Mais le manque prend probablement sa source dans cette première défection, dans une imbécile brûlure amoureuse.”
― « Arrête avec tes mensonges »
La mort de beaucoup de mes amis, dans le plus jeune âge, aggravera ce travers, cette douleur. Leur disparition prématurée me plongera dans des abîmes de chagrin et de perplexité. Je devrai apprendre à leur survivre. Et l'écriture peut être un bon moyen pour survivre. Et pour ne pas oublier les disparus. Pour continuer le dialogue avec eux. Mais le manque prend probablement sa source dans cette première défection, dans une imbécile brûlure amoureuse.”
― « Arrête avec tes mensonges »
“I say to myself: Basically, what’s new? Don’t we already spend most of our time avoiding each other? Missing each other? I smile at the double meaning—an unsightly, tragic smile, of course.”
― Lie With Me
― Lie With Me
“he’s smiling, a slight, complicit smile, almost tender. This smile devastated me for a long time after, whenever I happened to look at this photograph. It upsets me even now as I write these lines and contemplate the image, resting on my desk, right next to my keyboard. Because now I know. I know that Thomas consented to this single picture only because he knew (had decided) that it was our last moment together. He smiled so that I could take his smile with me.”
― Lie With Me
― Lie With Me
“Without the war, without this magnificent summer, this absence of men, would we ever have met?”
― In the Absence of Men
― In the Absence of Men
“He says: Because you are not like all the others, because I don’t see anyone but you and you don’t even realize it. He adds this phrase, which for me is unforgettable: Because you will leave and we will stay.”
― Lie With Me
― Lie With Me
“Tout ça sentait les économies de bout de chandelle, pas la misère mais la médiocrité, ce qui est indéniablement beaucoup plus impardonnable.”
― « Arrête avec tes mensonges »
― « Arrête avec tes mensonges »
“Porque admiro a aquellos que no ejercen el poder del que disponen.”
― Lie With Me
― Lie With Me
“I just wanted to write to tell you that I have been happy during these months together, that I have never been so happy and that I already know I will never be so happy again.”
― Lie With Me
― Lie With Me
“What one believes when one is sixteen is more powerful than any truth.”
― In the Absence of Men
― In the Absence of Men
“I did not understand then that the bac was the end of us.”
― Lie With Me
― Lie With Me
“I wasn't looking for a diversion, or a way to soothe my pain. I wasn't looking for an alternative. I just gave in to the ease of it. That was all.”
― Lie With Me
― Lie With Me
“Those who have not taken this step, who have not come to terms with themselves, are not necessarily frightened, they are perhaps helpless, disoriented, lost as one is in the middle of a forest that's too dark or dense or vast.”
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“Au moment de nous quitter, nous choisissions de ne pas dire un mot, d’être dans le silence. Il y a une étreinte, un regard. Il n’y a pas de baiser, pas d’au revoir. Il y a juste ton corps en partance et le mien qui reste. Il y a les battements de ton coeur qui s’accélèrent et les miens qui ralentissent. Il y a l’effroi. Il y a le temps derrière nous, et le temps devant nous. Il y a la tendresse qui se brise.”
― In the Absence of Men
― In the Absence of Men
“... fundamental truth: that in the end, death is only a matter between you and yourself?”
― Lie With Me
― Lie With Me
“One of my lifelong regrets is that I was not beautiful, and what is more, that I turned for love to those who could not but reject me.”
― In the Absence of Men: A queer love story from First World War Paris
― In the Absence of Men: A queer love story from First World War Paris
“No sé que nunca volveré a tener diecisiete años, no sé que la juventud vuela, que apenas dura un instante, que desaparece enseguida y cuando te das cuenta ya es demasiado tarde, ya se ha terminado, se ha volatilizado, la has perdido”
― Lie With Me
― Lie With Me
“I suck cocks, what else do you want to know?”
― Lie With Me
― Lie With Me
“All the things you do when you're twenty years old. The desire for constant movement will come after, the impossibility of staying in one place, the hatred of the roots that hold you there, 'Doesn't matter where you go, just change the scenery', says the lyric to a song.”
― Lie With Me
― Lie With Me
“I don’t know then that one day I won’t be seventeen. I don’t know that youth doesn’t last, that it’s only a moment, and then it disappears and by the time you finally realize it, it’s too late. It’s finished, vanished, lost. There are some around me who can sense it; the adults repeat it constantly but I don’t listen. Their words roll over me but don’t stick. Like water off the feathers of a duck’s back. I’m an idiot. An easygoing idiot. I’m”
― Lie With Me
― Lie With Me




