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“To him, I'm a stranger.
I'm in this state of one-way desire.”
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I'm in this state of one-way desire.”
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“Lucas adds: Even so, there is something that has always struck me in the photos . . . my father often looks sad. I guess he didn’t like having to smile on command.”
― Lie With Me
― Lie With Me
“J'ai écrit le mot : amour. J'ai bien envisagé d'en employer un autre. Au moins parce que c'est une notion curieuse, l'amour ; difficile à définir, à cerner, à établir. Il en existe tant de degrés, tant de variations. J'aurais pu me contenter d'affirmer que j'étais attendri (et il est exact que T. savait à merveille me faire faiblir, fléchir), ou charmé (il s'y entendait comme personne pour attirer à lui, conquérir, flatter, et même ensorceler), ou troublé (il provoquait souvent un mélange de perplexité et d'émoi, renversait les situations), ou séduit (il m'attirait dans ses filets, me bluffait, me gagnait à ses causes), ou épris (j'étais bêtement enjoué, je pouvais m'enflammer pour un rien) ; ou même aveuglé (je mettais de côté ce qui m'embarrassait, je minimisais ses défauts, portais aux nues ses qualités), perturbé (je n'étais plus tout à fait moi-même), ce qui aurait un sens moins favorable. J'aurais pu expliquer qu'il ne s'agissait que d'affection, que je me contentais d'avoir le « béguin », une formulation suffisamment floue pour englober n'importe quoi. Mais ce serait me payer de mots. La vérité, la vérité toute nue, c'est que j'étais amoureux. Autant employer les mots précis.”
― « Arrête avec tes mensonges »
― « Arrête avec tes mensonges »
“Je découvre la morsure de l'attente. Parce qu'il y a ce refus de s'avouer vaincu, de croire que c'est sans lendemain, que ça ne se reproduira pas. Je me persuade qu'il accomplira un geste dans ma direction, que c'est impossible autrement, que la mémoire des corps emmêlés vaincra sa résistance. Je me dis que ce n'était pas seulement une histoire de corps, mais de nécessité. Qu'on ne lutte pas contre la nécessité. Ou, si on lutte, elle finit par avoir raison de nous.
Je découvre la morsure du manque.”
― « Arrête avec tes mensonges »
Je découvre la morsure du manque.”
― « Arrête avec tes mensonges »
“Paul l'a écoutée, sans ciller, sans répliquer ; son beau visage détruit est demeuré impassible. A la fin, il a seulement glissé : "Je me demandais quand tu te déciderais à me faire cet aveu. Je me demandais lequel de vous deux viendrait le faire. Ce que tu m'annonces, je le sais depuis longtemps. Je le sais depuis le jour de mon retour, depuis la seconde exacte où tu as posé ton regard sur moi. C'était sur toi, l'effroi, la honte, la gêne, et puis aussi la légèreté des femmes amoureuses. C'était immanquable.”
― La Trahison de Thomas Spencer
― La Trahison de Thomas Spencer
“Il ajoute cette phrase, pour moi inoubliable : parce que tu partiras et que nous resterons.
J'ai les larmes aux yeux en recopiant les mots. Je demeure fasciné que cette phrase ait été prononcée un jour, qu'elle m'ait été adressée. Qu'on me comprenne : ce n'est pas l'éventuelle prémonition qu'elle contient qui me fascine, ni même qu'elle ait été réalisée. Ce n'est pas non plus la maturité ou la fulgurance qu'elle suppose. Ce n'est pas davantage l'agencement des mots, même si je prendrai conscience que je n'aurais sans doute pas pu les trouver alors, ni plus tard les écrire. C'est la violence de ce qu'ils signifient, de ce qu'ils charrient : l'infériorité qu'ils racontent en même temps que l'amour sous-jacent dont ils témoignent, l'amour rendu nécessaire par la disparition prochaine, inévitable, l'amour rendu possible par elle aussi.”
― « Arrête avec tes mensonges »
J'ai les larmes aux yeux en recopiant les mots. Je demeure fasciné que cette phrase ait été prononcée un jour, qu'elle m'ait été adressée. Qu'on me comprenne : ce n'est pas l'éventuelle prémonition qu'elle contient qui me fascine, ni même qu'elle ait été réalisée. Ce n'est pas non plus la maturité ou la fulgurance qu'elle suppose. Ce n'est pas davantage l'agencement des mots, même si je prendrai conscience que je n'aurais sans doute pas pu les trouver alors, ni plus tard les écrire. C'est la violence de ce qu'ils signifient, de ce qu'ils charrient : l'infériorité qu'ils racontent en même temps que l'amour sous-jacent dont ils témoignent, l'amour rendu nécessaire par la disparition prochaine, inévitable, l'amour rendu possible par elle aussi.”
― « Arrête avec tes mensonges »
“C'était de l'amour évidemment. Et demain, ça sera un grand vide.”
― Lie With Me
― Lie With Me
“I smile when he tells me the story. It's also the first time I've smiled at him. He smiles back at me. It seems as intimate to me, as magnetic, as skin against skin.”
― Lie With Me
― Lie With Me
“I think: In the end, he remained hidden all his life. In spite of the great departure, the ambitious effort to forge a new existence, he fell back into all the same traps: shame, the impossibility of sharing a love that endures.”
― Lie With Me
― Lie With Me
“Dans le mot défection, il y a une autre idée : son père lui a manqué. Et le double sens de ce verbe convient absolument. D'abord, une faute, une infraction, une violation. Il s'est dérobé à ses obligations, écarté des routes droites, il a enfreint les règles non écrites, péché contre l'ordre établi, joué contre son camp, piétiné la confiance placée en lui, offensé ses proches, ses amis, il a trahi. Ensuite, une morsure, une douleur, un chagrin. Il n'a pas été présent alors qu'on comptait sur lui, il a laissé un vide que nul n'est venu combler, des questions auxquelles nul n'a su répondre, une frustration irréductible, une demande affective que nul n'a été en mesure d'étancher.”
― « Arrête avec tes mensonges »
― « Arrête avec tes mensonges »
“I am an exemplary student, one who never misses a class, who almost always gets the best grades, who is the pride of his teachers.”
― Lie With Me
― Lie With Me
“He tells me something I did not know: that I will leave.”
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“... a sense of not belonging is something one inherits.”
― Lie With Me
― Lie With Me
“It is important to have friends. They are the meaning we give to life.”
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“And then over time, it dissipates, and fades, dispersing like pollen in the air at the return of spring. Lucas whispers: You get used to everything, even the defection of those you thought you were bound to forever.”
― Lie With Me
― Lie With Me
“You get used to everything, even the defection of those you thought you were bound to forever.”
― Lie With Me
― Lie With Me
“In any case, I like to repeat his name to myself in secret. I like to write it on scraps of paper. I am stupidly sentimental: that hasn't changed much.”
― Lie With Me
― Lie With Me
“Your sadness is a place which you inhabit. Sadness is a geographical reality. I cannot join you in that sadness, it is impossible. Millions of you know this sadness, but not I. I do not even try to imagine this sadness; to do so would be absurd. I am elsewhere, that is all. I do not resent the fact that I am elsewhere. Nobody could resent me for it. I am in your arms: this is all I know. I have this extraordinary knowledge, this knowledge of the space between your arms. It is my happiness. Happiness, too, is a geographical reality.”
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“Un aveu. Je fais autre chose encore, autre chose que visualiser la scène, autre chose que convoquer un souvenir, je me dis : à quoi Thomas a-t-il pensé, quand ça a été le dernier moment ? après avoir passé la corde autour de son cou ? avant de renverser la chaise ? et d'abord, combien de temps cela a-t-il duré ? une poignée de secondes ? puisqu'il ne servait à rien de perdre du temps, la décision avait été prise, il fallait la mettre à exécution, une minute ? mais c'est interminable, une minute, dans ces circonstances, et alors comment l'a-t-il remplie ? avec quelles pensées ? et j'en reviens à ma question. A-t-il fermé les yeux et revu des épisodes de son passé, de la tendre enfance, par exemple son corps étendu en croix dans l'herbe fraîche, tourné vers le bleu du ciel, la sensation de chaleur sur sa joue et sur ses bras ? de son adolescence ? une chevauchée à moto, la résistance de l'air contre son torse ? a-t-il été rattrapé par des détails auxquels il ne s'attendait pas ? des choses qu'il croyait avoir oubliées ? ou bien a-t-il fait défiler des visages ou des lieux, comme s'il s'agissait de les emporter avec lui ? (À la fin, je suis convaincu qu'en tout cas, il n'a pas envisagé de renoncer, que sa détermination n'a pas fléchi, qu'aucun regret, s'il y en a eu, n'est venu contrarier sa volonté.) Je traque cette ultime image formée dans son esprit, surgie de sa mémoire, non pas pour escompter y avoir figuré mais pour croire qu'en la découvrant, je renouerais avec notre intimité, je serais à nouveau ce que nul autre n'a été pour lui.”
― « Arrête avec tes mensonges »
― « Arrête avec tes mensonges »
“If I shut up, it’s just to avoid being confronted by violence. Is it cowardice? Perhaps. I prefer to see it as a kind of necessary self-protection. But I will never change. I will never think: It’s bad, or It would be better to be like everyone else, or I will lie to them so that they’ll accept me. Never. I stick to who I am. In silence, of course, but it’s a proud, stubborn silence.”
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“Si la vie m’était laissé, il se pourrait que je te prie de la partager avec moi.”
― In the Absence of Men
― In the Absence of Men
“In short, this summer of 1984 should not have been any different. There is always the large bay of Rivedoux, the small cliffs of La Flotte, the flat beaches of Bois-Plage, the marches of Ars, the rocky point of Saint-Clement. The hollyhocks in alleys, pine needles crunching underfoot in the forest of Trousse-Chemise, the green oaks under which one goes to find shade. The fortifications of Vauban to protect me from imaginary invasions, the open-air abbey that always terrified me at night, and the Whales lighthouse, whose spinning light makes me dizzy. Always the same boys my age; before we went to the carousel, now we go to the bar. Everything is in its place, everything reassures me. Except that I miss Thomas. I miss him terribly. And that changes everything. Have you noticed how the most beautiful landscapes lose their brilliance as soon as our thoughts prevent us from seeing them properly?”
― Lie With Me
― Lie With Me
“Of course I “prefer boys.” But I’m not capable of saying this sentence out loud yet. I discovered my orientation very young, at eleven years old. Even then I knew. My attraction was for a boy in the village who was two years older than me named Sébastien. The house that he lived in, not far from ours, had an addition, a sort of barn. Upstairs, after climbing a makeshift staircase, you would enter a room full of anything and everything. There was even a mattress. It was on this mattress where I rolled around in Sébastien’s embrace for the first time. We had not gone through puberty yet, but we were already curious about each other’s bodies. His was the first male sex I held in my hand, other than my own. My first kiss was the one he gave me. My first embrace, skin against skin, was with him.”
― Lie With Me
― Lie With Me
“Les jours qui suivent sont un véritable cauchemar. Je me doute bien que l'amant ne va pas venir vers moi, puisqu'il a exigé le silence, imposé une chape de plomb. Les autres élèves ne manqueraient pas de relever cette bizarrerie si, d'aventure, il me saluait, s'il se contentait de me saluer, même de loin. Car, je l'ai dit, nous appartenons à deux cercles distincts, sans intersection possible : une conjonction, même furtive, même accidentelle n'est tout bonnement pas envisageable. Pas question de prendre le moindre risque, j'ai bien compris.
J'ai bien compris et, pourtant, je ne peux pas m'empêcher d'espérer un signe qui ne serait détectable que par nous, un frôlement qui paraîtrait le produit du hasard, un clin d'œil que nul ne pourrait repérer, un sourire bref. Je rêve d'un sourire bref.”
― « Arrête avec tes mensonges »
J'ai bien compris et, pourtant, je ne peux pas m'empêcher d'espérer un signe qui ne serait détectable que par nous, un frôlement qui paraîtrait le produit du hasard, un clin d'œil que nul ne pourrait repérer, un sourire bref. Je rêve d'un sourire bref.”
― « Arrête avec tes mensonges »
“Aussitôt, je pense au monde dont je suis exclu, aux fraternités qu'il a construites et où je n'ai pas ma place, à ses jours ordinaires également, où je ne figure pas. L'ami incarne tout cela, le serrement de main symbolise tout cela. Moi, je suis le monde invisible, souterrain, extraordinaire. D'habitude, cette singularité me rend heureux. Ce soir, elle me fait bêtement souffrir.
Car, tout de même, il y a l'intimité foudroyante entre nous, parfois, l'insurpassable proximité, mais l'ignorance le reste du temps, l'absolue séparation : une telle schizophrénie, avouez que ça peut venir à bout de la raison des plus équilibrés. Et je n'étais pas le plus équilibré.”
― « Arrête avec tes mensonges »
Car, tout de même, il y a l'intimité foudroyante entre nous, parfois, l'insurpassable proximité, mais l'ignorance le reste du temps, l'absolue séparation : une telle schizophrénie, avouez que ça peut venir à bout de la raison des plus équilibrés. Et je n'étais pas le plus équilibré.”
― « Arrête avec tes mensonges »
“He says: It’s a letter that was written a long time ago but never sent. It’s addressed to you. It starts with your first name. It dates from August 1984.”
― Lie With Me
― Lie With Me
“I need to say everything before I die, I cannot die carrying this secret, this amazing secret.”
― In the Absence of Men
― In the Absence of Men
“(And when you’ve been hurt once, you’re afraid to try again later, in dread of enduring the same pain. You avoid getting hurt in an attempt to avoid suffering: for years, this principle will serve as my holy sacrament. So many lost years.)”
― Lie With Me
― Lie With Me
“Cette histoire est celle d'Arthur Valès et Vincent de L'Etoile. C'est l'histoire que je raconte. Si quelqu'un, un jour, tombe sur mes cahiers, qu'il n'ait pas de doute puisque tout cela est la vérité, qu'il n'ait pas de honte puisque nous n'en avons pas, qu'il livre nos noms à la postérité plutôt que d'avoir le réflexe de les dissimuler aux regards, qu'il ait conscience qu'il s'agit bien d'une histoire d'amour et pas d'une exaltation passagère et non maîtrisée puisque nous savons ce que nous faisons. Cette histoire est celle d'Arthur Valès et Vincent de L'Etoile. C'est l'histoire que je raconte”
― In the Absence of Men
― In the Absence of Men
“You can never really let go of your childhood. Especially when it was happy.”
― Lie With Me
― Lie With Me




