Graine de crapule Quotes

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Graine de crapule Graine de crapule by Fernand Deligny
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Graine de crapule Quotes Showing 1-17 of 17
“Et s'il te plaît, ne compte pas sur le pouvoir des mots. As-tu déjà entendu un paysan parler à ses betteraves, un jardinier à ses salades, un vigneron à ses raisins ?
Ils font ce qu'il faut pour que ça pousse et sont fort respectueux du temps. Je ne te parle pas de la pluie et du vent, mais de la durée nécessaire pour que les choses s'accomplissent.
Lorsqu'ils grommellent « Ça ne va guère », c'est qu'il n'y a rien d'autre à faire.
Et si tu me dis « Oui, mais les petits d'hommes ont des oreilles. »
Je te répondrai « Hélas… si ce trou n'existait pas, les adultes ne pourraient pas y déverser leurs bêtises. » (p. 8)”
Fernand Deligny, Graine de crapule
“Une nation qui tolère les quartiers de taudis, les égoûts à ciel ouvert, les classes surpeuplées, et qui ose châtier les jeunes délinquants, me fait penser à cette vieille ivrognesse qui vomissait sur ses gosses à longueur de semaine et giflait le plus petit, par hasard, un dimanche, parce qu'il avait bavé sur son tablier. (p. 41)”
Fernand Deligny, Graine de crapule
“N'essaie surtout pas de savoir ce qu'ils disent de toi, entre eux.
Ont-ils envie de se mettre en route quand ils te voient arriver ?
Voilà ton travail. (p. 33)”
Fernand Deligny, Graine de crapule
“Dis-toi que l'éducation commencera le jour où l'atmosphère sera complètement débarrassée du moindre miasme de « sanction ».
Et les plus difficiles à désinfecter seront peut-être les enfants. (p. 27)”
Fernand Deligny, Graine de crapule
“Trop se pencher sur eux, c'est la meilleure position pour recevoir un coup de pied au derrière. (p. 26)”
Fernand Deligny, Graine de crapule
“Ne leur apprends pas à scier si tu ne sais pas tenir une scie ; ne leur apprends pas à chanter si chanter t'ennuie ; ne te charge pas de leur apprendre à vivre si tu n'aimes pas la vie. (p. 23)”
Fernand Deligny, Graine de crapule
“Méfie-toi : celui qui se montre, c'est qu'il a envie de se faire voir, donc de se cacher. (p. 21)”
Fernand Deligny, Graine de crapule
“N'oublie jamais de regarder si celui qui refuse de marcher n'a pas un clou dans sa chaussure. (p. 18)”
Fernand Deligny, Graine de crapule
“C à son arrivée se montre poli, prévenant et honnête ; c'est un comédien. Il faudra lui apprendre à être lui-même.
Et enfin, le temps aidant, à devenir un autre. (p. 17)”
Fernand Deligny, Graine de crapule
“Si tu joues au policier, ils joueront aux bandits. Si tu joues au bond Dieu, ils joueront aux diables.
Si tu joues au geôlier, ils joueront aux prisonniers.
Si tu es toi-même, ils seront bien embêtés. (p. 16)”
Fernand Deligny, Graine de crapule
“Le plus grand mal que tu puisses leur faire, c'est de promettre et de ne pas tenir.
D'ailleurs tu le paieras cher et ce sera justice. (p. 14)”
Fernand Deligny, Graine de crapule
“Arrange-toi pour qu'ils aient toujours cette sensation de choix, hors de laquelle il n'est pas de bonne volonté possible. (p. 14)”
Fernand Deligny, Graine de crapule
“Dans les plus grandes pagailles, tu es le calme souriant. Dans les grands calmes, tu es le vent. (p. 14)”
Fernand Deligny, Graine de crapule
“Tu n'obtiendras rien de la contrainte.
Tu pourras à la rigueur les contraindre à l'immobilité et au silence et, ce résultat durement acquis, tu seras bien avancé. (p. 13)”
Fernand Deligny, Graine de crapule
“Tu te dis : « Attention ! il s'agit d'une lutte. Une volonté, la mienne, contre cent volontés hostiles : les leurs ».
Et tu te prépares et te bandes et tu perds ton temps : de volonté, ils n'en ont pas.
Ce qu'il te faut faire, c'est te mettre devant et tirer, les tirer vers un but. Et tu peux t'arc-bouter, car c'est lourd et glissant.
Pendant ce temps, bien occupé que tu es à les hâter vers la lumière et le soleil, ils vont chiper des poires dans les jardins voisins.
Il faut donc te mettre derrière eux, pour les surveiller. N'ayant plus personne à suivre, ils s'égaillent.
Et tu rentres chez toi, bien dégoûté de ton nouveau métier de berger. (p. 10)”
Fernand Deligny, Graine de crapule
“Tu te dis « Ils ont volé, ils se sont sauvés de chez eux et ils ont vagabondé : errants comme des loups, sournois comme des fauves… Je vais à tout hasard élargir mes épaules et prendre, mâchoires serrée, un regard de dompteur… Et tu les trouves serviles, flatteurs, empressés et obéissants. »
Ils t'offrent, puisqu'ils ne peuvent te donner autre chose, leurs mains, leur sourire et leurs oreilles.
Tu te dis « Je les ai conquis. »
Les deux trous d'épingle dans les pneus de la bicyclette, c'est pour compléter le cadeau, ce don d'eux-mêmes qu'ils jugeaient sans doute insuffisant. (p. 8)”
Fernand Deligny, Graine de crapule
“Celui-ci crie et gesticule, t'assaille de projets et de réclamations ; celui-là dort et dort sans rêves.
Tu te dis « L'œuvre est facile ; je vais réveiller l'endormi et calmer l'agité. » Et tu n'y arrives pas parce que c'est impossible, que la plante est dans la graine et que la graine est déjà plante.
Trouve pour l'agité un travail qui occupera utilement son agitation et apprends à l'endormi à travailler en dormant.
Ce faisant, tu ne seras pas aussi fort que le bon Dieu mais tu aura fait ton possible. (p. 7)”
Fernand Deligny, Graine de crapule