P.E.’s Reviews > La Joie de vivre > Status Update
P.E.
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'Lorsque sa mère l’avait vu perdre ses journées à tailler des morceaux de bois, le nez sur des traités de mécanique, elle s’était rappelé en tremblant le grand-père, le charpentier entreprenant et brouillon, dont le chef-d’œuvre inutile dormait sous une boîte vitrée. Est-ce que le vieux allait renaître, pour achever la ruine de la famille ?'
— Jan 27, 2026 05:42AM
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P.E.
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'Elle berçait le petit Paul, elle riait plus haut, en racontant plaisamment que son cousin l’avait convertie au grand saint Schopenhauer, qu’elle voulait rester fille afin de travailler à la délivrance universelle ; et c’était elle, en effet, le renoncement, l’amour des autres, la bonté épandue sur l’humanité mauvaise. [...] Elle s’était dépouillée de tout, son rire éclatant sonnait le bonheur.'
— 10 hours, 35 min ago
P.E.
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'Elle le soulagerait au moins, elle l’aiderait à vivre, comme elle avait eu la joie de l’aider à naître. Et, dans l’oubli d’elle-même, elle acheva de lui donner les premiers soins, elle le prit sur ses genoux, pleurant encore des larmes, où se mêlaient le regret de sa maternité et sa pitié pour la misère de tous les vivants.'
— 11 hours, 27 min ago
P.E.
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[...] À la grande clarté brutale, le mystère troublant s’en était allé de la peau si délicate aux endroits secrets, [...] et il ne restait que l’humanité douloureuse, l’enfantement dans le sang et dans l’ordure, faisant craquer le ventre des mères, élargissant jusqu’à l’horreur la fente rouge, pareille au coup de hache qui ouvre le tronc et laisse couler la vie des grands arbres.'
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— 11 hours, 40 min ago
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'On lui obéissait, cette nudité avait aussi disparu pour eux. Ils n’en voyaient que la misère pitoyable, ce drame d’une naissance disputée, qui tuait l’idée de l’amour
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— 11 hours, 41 min ago
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'La vérité était que cette préoccupation constante de la mort lui enlevait chaque jour davantage le goût et la force de vivre. Il retombait dans son ancien « à quoi bon ? » Puisque le saut final était là, demain, aujourd’hui, dans une heure peut-être, à quoi bon se remuer, se passionner, tenir à cette chose plutôt qu’à cette autre ? Tout avortait. Son existence n’était qu’une mort lente, quotidienne [...].'
— Jan 29, 2026 02:14PM
P.E.
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'Pauline se taisait, cachant sous le rire tendre de son accueil la secousse intérieure qu’elle avait reçue. Tout changeait donc une fois encore, elle ne partirait pas, et elle n’aurait su dire si elle en était heureuse ou fâchée, tellement elle devenait la chose des autres.'
— Jan 29, 2026 02:01PM
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C’était le degré suprême dans l’amour des autres : disparaître, donner tout sans croire qu’on donne assez, aimer au point d’être joyeux d’une félicité qu’on n’a pas faite et qu’on ne partagera pas.'
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— Jan 29, 2026 08:56AM
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Même elle ne retrouvait pas son ancienne volonté de suffire au bonheur des siens, ce besoin autoritaire qui lui apparaissait à cette heure comme le dernier retranchement de sa jalousie. L’orgueil de son abnégation s’en était allé, elle acceptait que les siens fussent heureux en dehors d’elle.
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— Jan 29, 2026 08:55AM
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P.E.
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'Jamais elle ne s’était sentie si légère, si haute, si détachée. Tout finissait, elle venait de couper les liens de son égoïsme, elle n’espérait plus en rien ni en personne ; et il y avait, au fond d’elle, la volupté subtile du sacrifice.
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— Jan 29, 2026 08:54AM
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'Lui, dans cette familiarité étroite, ne parlait jamais de leur mariage, soit oubli complet, soit chose trop répétée et qui allait sans dire. Elle, aussi, évitait d’en parler, certaine qu’il consentirait au premier mot. Et, cependant, un peu du désir de Lazare s’était retiré d’elle chaque jour : elle le sentait, sans comprendre que son impuissance à le sauver de l’ennui n’avait pas d’autre cause.'
— Jan 29, 2026 08:13AM

