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“En ce uqi concerne les femmes et les relations de domination dans lesquelles elles sont enserrées, ces structures sont de trois ordres : la division sexuelle du travail, l'hétérosexualité normative et les hiérarchies genrées de pouvoir. La première les enferme dans les activités du care, non rémunérées dans le cadre des tâches domestiques, et faiblement rétribuées dans un cadre professionnel. La deuxième stigmatise les personnes qui transgressent les normes - gay et lesbiennes -, renforçant ainsi leur invisibilité. Quant aux hiérarchies genrées de pouvoir, repérables dans tous les domaines de la vie sociale, elles reposent sur des formes de violence institutionnalisées et organisées qui confèrent à certains individus des privilèges significatifs tout en limitant considérablement les opportunités offertes à ceux (celles en l'occurrence) qui n'en bénéficient pas. Les structures de contrainte impliquent donc des relations de domination, voire d'exploitation, qui jouent au bénéfice exclusif des hommes.
Toutefois, poursuit Iris Marion Young, aussi restreints que soient les choix disponibles et aussi pesantes les entraves, chaque femme agit à sa manière propre, dans l'appropriation ou la résistance, la reconfiguration ou le rejet. Car, insiste la philosophe, les rapports de pouvoir genrés ne sont pas que subis, ils sont aussi vécus, c'est-à-dire qu'ils renvoient à une expérience éminemment subjective. « Le genre, en tant qu'il est social, est aussi vécu par le biais des corps individuels, il renvoie toujours à une réaction expérientelle et personnelle, non à un ensemble d'attributs que les individus auraient en commun .» Toute l'originalité de la démarche de Young se donne à voir dans cette ambition : tenir ensemble l'analyse de la subjectivité féminine et la compréhension des mécanismes sociaux qui entretiennent la domination masculine. (p. 129-130)”
― Un corps à soi
Toutefois, poursuit Iris Marion Young, aussi restreints que soient les choix disponibles et aussi pesantes les entraves, chaque femme agit à sa manière propre, dans l'appropriation ou la résistance, la reconfiguration ou le rejet. Car, insiste la philosophe, les rapports de pouvoir genrés ne sont pas que subis, ils sont aussi vécus, c'est-à-dire qu'ils renvoient à une expérience éminemment subjective. « Le genre, en tant qu'il est social, est aussi vécu par le biais des corps individuels, il renvoie toujours à une réaction expérientelle et personnelle, non à un ensemble d'attributs que les individus auraient en commun .» Toute l'originalité de la démarche de Young se donne à voir dans cette ambition : tenir ensemble l'analyse de la subjectivité féminine et la compréhension des mécanismes sociaux qui entretiennent la domination masculine. (p. 129-130)”
― Un corps à soi
“Le défi que la philosophe [Iris Marion Young] entreprend alors de relever est au fondement même de son féminisme phénoménologique : comment penser le corps des femmes, dans ses dimensions spécifiquement sexuées, sans tomber dans l'ornière essentialiste ? Comment articuler l'idée que la subjectivité féminine est indissociable de la corporéité, l'expérience des femmes étant toujours « vécue et éprouvée de façon charnelle », tout en gardant la perspective de la destruction des ressorts patriarcaux de la soumission féminine ? Comment enfin s'intéresser à ces caractéristiques corporelles prétendument communes à toutes les femmes sans gommer du même coup toutes ces autres, notamment celles fondées sur la race et la classe, qui creusent d'incommensurables écarts entre les femmes et constituent autant de facteurs d'oppression ? Deux écueils épistémologiques doivent être évités : il faut, d'une part, appréhender le corps féminin en le désinsérant du cadre essentialisant de la féminité et, d'autre part, penser l'expérience vécue de la corporéité féminine sans l'universaliser. (p. 116)”
― Un corps à soi
― Un corps à soi
“La mise en évidence de ce que les expériences des femmes renvoient à des logiques de domination entremêlées impose de renoncer à leur illusoire englobement dans une première personne plurielle, « nous, les femmes ». Elle révèle la diversité, la fluidité et la variabilité intrinsèques de la supposée singulière condition féminine. Du point de vue de la pensée féministe, l'approche intersectionnelle réactive la pertinence heuristique de la démarche en première personne en la découplant de son horizon universalisant. Chaque femme peut rendre compte de sa propre expérience de la domination et se voir reconnaître les particularités liées au fait que celle-ci n'est pas univoquement rapportée au genre mais renvoie toujours à d'autres critères, qu'ils soient sociaux, économiques, culturels, raciaux, sexuels, associés à l'âge ou au handicap. Les sous-ensembles qu'il est possible de délimiter à partir des nœuds oppressifs formés par l'entrecroisement de tels et tels facteurs d'oppression s'avèrent si divers et fluctuants qu'il devient impossible de définir un quelconque sujet politique du féminisme.
Il n'y a ainsi pas plus de « nous, les femmes » que de « nous, les femmes blanches », que de « nous, les femmes noires », que de « nous, les lesbiennes », que de « nous, les femmes handicapées », que de « nous, les femmes trans ». Il n'y a que des groupes aux contours mouvants, susceptibles de se retrouver autour d'un même objectif politique un jour, pour former une coalition différente un autre jour. Si le fil rouge de l'oppression patriarcale relie ces entités fluides, celles-ci ne peuvent penser et encore moins mettre en œuvre la libération *des* femmes. Le féminisme se débarrasse ainsi de l’obsession identitaire et du monisme des origines pour se faire pluriel tant du point de vue du sujet politique, intrinsèquement multiple, que du point de vue de ses objets, qui relèvent de tous les champs sociaux. (p. 139-140)”
― Un corps à soi
Il n'y a ainsi pas plus de « nous, les femmes » que de « nous, les femmes blanches », que de « nous, les femmes noires », que de « nous, les lesbiennes », que de « nous, les femmes handicapées », que de « nous, les femmes trans ». Il n'y a que des groupes aux contours mouvants, susceptibles de se retrouver autour d'un même objectif politique un jour, pour former une coalition différente un autre jour. Si le fil rouge de l'oppression patriarcale relie ces entités fluides, celles-ci ne peuvent penser et encore moins mettre en œuvre la libération *des* femmes. Le féminisme se débarrasse ainsi de l’obsession identitaire et du monisme des origines pour se faire pluriel tant du point de vue du sujet politique, intrinsèquement multiple, que du point de vue de ses objets, qui relèvent de tous les champs sociaux. (p. 139-140)”
― Un corps à soi
“Quand nous nous serons définitivement affranchis des assignations genrées et que nul·le ne sera plus défini·e par des positions intangibles ou par des occupations exclusives, les individus seront alors pleinement génériques. Nous en sommes évidemment très loin, mais il m'importe de pouvoir penser cet horizon. Cela permet notamment de saisir ce qui devrait être fait, sur un plan politique, pour accompagner et encourager la désexualisation des rôles et des fonctions, condition sine qua non du renversement de la structuration hiérarchiquement sexuée de nos sociétés occidentales. Lorsqu'il est question de déconstruction des stéréotypes genrés, il s'agit de bien plus que de repérer pour les rejeter les croyances partagées quant aux caractéristiques et comportements « féminins » ou « masculins » ; il s'agit de dévisser, un à un, tous ces boulons qui permettent à l'infrastructure patriarcale de se maintenir. L'immensité de la tâche peut effrayer, mais la vraie difficulté est ailleurs : elle se condense dans la dimension intériorisée et inconsciente des injonctions genrées, et dans les bénéfices qui sont associés à la conformité aux rôles de genre. (p. 160-161)”
― Un corps à soi
― Un corps à soi
“Que ce soit la phénoménologie expérientelle en première personne ou l'approche féministe du point de vue, dans les deux cas, il s'agit de conférer de la valeur à ce qui est traditionnellement dévalorisé : le récit de soi jusque dans ses aspects les plus intimes, les plus émotionnels, les plus incarnés. C'est en tant que sujets concrets de sexe féminin que les femmes ont entrepris de déconstruire l'ordonnancement patriarcal de la société occidentale, des sujets qui, tout en partageant une semblable condition d'aliénation, n'en vivent pas moins une immense variété de situations qu'il est vain d'ignorer. Non seulement cette pluralité des modalités vécues de la domination masculine n'est pas contradictoire avec la démarche subjective, mais elle la rend nécessaire tant il paraît impossible de restituer une situation où s'entremêlent divers facteurs d'oppression sans donner la parole aux personnes singulières qui l'éprouvent et qui sont les seules à pouvoir à la fois l'exprimer et la penser.
Toutes les femmes ne vivent pas les expériences incarnées selon les mêmes modalités, ni dans les mêmes registres, ni avec la même intensité. L'attention à la pluralité de ces situations est un des postulats du féminisme phénoménologique, elle se traduit par la valeur centrale accordée au féminin singulier et par le refus épistémologique de toute généralisation. Cette approche tend à produire une analyse circulaire qui part de l'observation de l'irréductible variabilité des phénomènes pour en dégager des logiques communes, voire invariantes, mais en s'attachant à montrer qu'elles s'actualisent toujours dans une grande diversité d'expressions. (p. 141)”
― Un corps à soi
Toutes les femmes ne vivent pas les expériences incarnées selon les mêmes modalités, ni dans les mêmes registres, ni avec la même intensité. L'attention à la pluralité de ces situations est un des postulats du féminisme phénoménologique, elle se traduit par la valeur centrale accordée au féminin singulier et par le refus épistémologique de toute généralisation. Cette approche tend à produire une analyse circulaire qui part de l'observation de l'irréductible variabilité des phénomènes pour en dégager des logiques communes, voire invariantes, mais en s'attachant à montrer qu'elles s'actualisent toujours dans une grande diversité d'expressions. (p. 141)”
― Un corps à soi
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