Partea cealaltă Quotes

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Partea cealaltă Partea cealaltă by Gellu Naum
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“Un jour un chasseur étrange est venu à sa place
il hochait la tête regardait le nid
l'oiseau-mère m'a caché sous son aile
dans leurs œufs les tout petits se taisaient frissonnants.
(p. 57).”
Gellu Naum, Partea cealaltă
“Pareille à

Pareille à une vieille déguisée en coq l'anxiété nous rend sourds
elle s'approche de nous et son ongle redoutable continue à pousser

elle est depuis longtemps sur terre un être humain grandeur naturelle

en général nos étreintes sont rapides mais ses idées trop effrayantes pour que je les prenne au sérieux je n'essaie et ni de les expliquer ni de les rattacher à ce qu'il faudrait

j'accepte sa nature d'une inhérente géométrie nous faisons tout en fredonnant de petites expériences avec des éléments majeurs ensuite j'avale l'écho du jour pour éviter qu'ils ne me trouble

(p. 113)”
Gellu Naum, Partea cealaltă
“Le voyage au ciel des gens normaux

Quand je me suis acheté cette chemise délavée ils étaient encore jeunes ils sautaient très haut chacun d'eux s'en est acheté une du même modèle À présent leurs genoux ne tressaillent plus qu'en rêve et ils ont passé leur chemise aux chiffons quelques-uns courent le cachet un point c'est tout

de temps en temps l'un d'eux se pend à une poutre d'auberge
Les autres hochent la tête persuadés que le temps finira par arranger ça aussi Ils attendent le voyage au ciel mangent des cerises posent les noyaux sur une soucoupe et tout est en règle

(p. 105)”
Gellu Naum, Partea cealaltă
“La rive bleue

Dans la chambre parmi les journaux venus de régions lointaines
doux animal homme merveilleux tu t'aimes assis sur le bord
du lit les mains sur les genoux
ou encore libéré de naître et de mourir tu caresses ta joue de pierre ponce
jusqu'à ce que le soleil passe de l'autre côté
près de la radieuse photo du gosse qui fait pipi sur une rive bleue
Alors tout revient tout se regroupe
comme en un brouillard de feu où se refont les choses
parmi les obscures plantations du hasard Tandis que tout près de là
une femme étend avec soin les vêtements de son amant noyé et leur parle
celle-là même qui te cherche dans les ossements noirs des vanesses
Et pendant que tu erres dans les brumes d'une forte virilité
près des avirons oubliés sur la taupinière fraîche
ou que tu regardes osciller les deux pieux fichés dans la berge
ou qu'allongé sur le sol tu sens le vent couvrir ton visage
de chardons venu on ne sait d'où
une grande tristesse ramène le paysage lunaire de ses épaules lasses
il n'y a plus de mots ses murmures se posent partout remplissent
le silence déchiré par le cri du train
ils sont l'eau qui demeure dans l'empreinte des pas depuis la dernière averse
mais il suffit d'un bruit de clé dans la serrure pour te faire entendre
le temps couler sans hâte le long de tes chaussettes humides
ou la pesante respiration des racines
et tu recommences à rêver à la rive bleue du bout du fleuve
sur laquelle nous ruminons notre délaissement féerique

(p. 17 et 19)”
Gellu Naum, Partea cealaltă