Cousine K Quotes

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Cousine K Cousine K by Yasmina Khadra
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Cousine K Quotes Showing 1-7 of 7
“أن الأعمى ليس من لا يبصر بل من لا نبصره؛ و لا عمى أسوأ من ألا يلاحظ أحدهم وجودك.”
ياسمينة خضرا, Cousine K
“لا سوء تفاهم أسوأ من ابتسامة امرأة، إنها لذة سامة و مصيدة بارعة للأغبياء.”
ياسمينة خضرا, Cousine K
“الجحيم هو الآخرون"، بالتأكيد. إلا أنّ المعذّب يملك حرية اختيار المحن.”
ياسمينة خضرا, Cousine K
“أجهل ماذا نعني بقولنا إننا "نعبر الجهة الأخرى من المرآة". ومع ذلك فلو كان ثمة تعبير أوافق عليه تماماً لوصف الإحساس الذي يخالجني حين أكون وحيداً، فذلك هو بالضبط. أن يتراءى لي أنني أتحرك وراء مرآة دون طبقة قصديرية؛ وبوسعي أن أرى بدون أن يفطن أحدهم إلى وجودي.”
ياسمينة خضرا, Cousine K
“The world is a silence broken by the barking of a stray dog.”
Yasmina Khadra, Cousine K
“Her eyes were springs from which ecstasy drew water.”
Yasmina Khadra, Cousine K
tags: beauty
“Quand j'étais plus jeune, je mettais un brassard noir, du Khôl sur les yeux et me rendais au cimetière tous les vendredis. On enterre immanquablement quelqu'un, le vendredi. C’est un jour de prières, propitiatoire pour rendre l’âme. Les charlatans affirment que, ce jour-là, Satan se mortifie. Je n’avais d’yeux n1 pour Satan ni pour les charlatans. Les dépouilles seules me fascinaient.
Qu’une tombe se refermât et déjà je languissais du « suivant ».
C'était le temps où les fossoyeurs avaient du charisme, où la pelle éventrant le sol m’insufflait un sentiment de survivance.… le temps où j’exultais de les voir crever, ces rustres aux dents jaunâtres qui cherchaient à me faire avaler qu’une tombe réhabilitée, plus qu’une faute avouée, méritait d’être pardonnée. D’un coup, je n’ai plus éprouvé le besoin d’ensevelir mes vendredis avec leurs cadavres violacés. Le cérémonial gâchait la gravité de l’instant ; toujours les mêmes psalmodies et les mêmes hypocrisies ; à l’usure, cela ne
marchait plus. On lève le corps comme on lève la séance ; un homme est mort, ce n’est pas la fin du monde.
En terre d’islam, les femmes n’assistent pas aux enterrements. C’est une affaire d'hommes. Exclusivement. Cela faisait rager Cousine K, et moi, pour un moment, Je cessais de m’en vouloir d’être musulman. Cousine K croyait le ciel à portée de sa main, que la terre lui appartenait, qu’elle pouvait se permettre ce qui lui passait par la tête ; et ça ne me dérangeait pas de la voir, par moments, contrariée..… Pourtant, le monde est dépeuplé lorsque K vient à me manquer ; la chorale des bois est une oraison quand ce n’est pas elle qui pépie. Le soleil, la lune, le tonnerre, l’univers, tout l’univers
ne veut rien dire lorsque Cousine K se tait.
Cousine K est ma raison à moi. Son rire est une symphonie, l’éclat de ses yeux une féerie. Lorsqu'elle posait son regard sur moi, le phénix en ces cendres remuait. Il suffisait au bout de mes doigts de l’effleurer pour percevoir le pouls de l'éternité.
Sans elle, je ne suis qu’une ecchymose qui lève, un malheur en train de faisander. Elle était mon aurore boréale ; j’hivernais ferme dans ses bouderies…
Elle est partie comme s’éloigne le temps lorsqu'une horloge s’arrête. Sans rien me dire ; sans me regarder. Depuis, plus de vendredi, plus de dimanche ; seulement le jour et la nuit, la faillite de l’inadmissible et l’inaptitude de l’inconcevable, et cette chose qui me colle à la peau telle une tunique de Nessus.”
Yasmina Khadra, Cousine K