You Alone Are Real to Me Quotes
You Alone Are Real to Me: Remembering Rainer Maria Rilke
by
Lou Andreas-Salomé99 ratings, 3.83 average rating, 10 reviews
You Alone Are Real to Me Quotes
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“Oh how the simplest pleasure that occurred to me could at the same time encircle the most secret soul. When I felt the morning air, it went through me so that the morning’s lightness and advent permeated all the gradations of my nature;”
― You Alone Are Real to Me: Remembering Rainer Maria Rilke
― You Alone Are Real to Me: Remembering Rainer Maria Rilke
“To transform joy is the object of all art….”—letter of November 23, 1905.)”
― You Alone Are Real to Me: Remembering Rainer Maria Rilke
― You Alone Are Real to Me: Remembering Rainer Maria Rilke
“Un deuil ne se borne pas, comme on le dit souvent, à envahir les sentiments ; il consiste plutôt en une fréquentation ininterrompue du disparu, comme si ce dernier devenait plus proche. Car la mort ne le rend pas seulement invisible : elle le rend aussi plus accessible à notre regard. Elle nous le vole, mais elle le complète également d'une manière inédite. Dès le moment qui fige pour nos yeux ces contours mouvants qui traduisaient l'action et les changements constants d'une physionomie, celle-ci nous révèle souvent pour la première fois sa quintessence, l'élément que le déroulement de l'existence ne nous donnait pas le loisir de percevoir totalement.
Et cette nouvelle connaissance prend la forme d'une expérience spontanément partagée comme au temps du contact personnel, elle ne résulte pas d'un effort de pensée délibéré, animé par le désir de célébrer le défunt ou de trouver consolation. Cette appropriation passionnée, cette découverte pour la première fois possible, nulle diversion, nulle autre impression de notre vie ne peut la détourner de son cours, il suffit d'écouter le message qui nous parvient de ces lèvres muettes : « Écoute ce vent qui souffle! la nouvelle ininterrompue qui se forme dans le silence. »
C'est ce qui m'est arrivé durant cet hiver 1926-1927 que Rainer Maria Rilke, dans une lettre écrite de son lit de mort, appelait « un mauvais vent qui souffle ». Alors la bouleversante différence entre survivre et mourir devint mineure. Irrésistiblement s'imposa la constatation que toute relation humaine tient à la force que nous lui consacrons : toutes ne sont-elles pas, et bien souvent les plus chères, des signes et des images de nos tout premiers élans amoureux, qui nous ont appris à aimer, avant même leur propre naissance? - de même que les nuages de l'est brillent grâce au rayonnement du soleil qui se couche à l'ouest. De leur vivant, nous distinguons mal ceux auxquels nous sommes unis avec le plus d'éclat - d'un éclat qui ne peut cesser de rayonner. Il y a une part de notre amour qui reste enfermée dans le cercueil, celle que nous pleurons et dont la perte nous endeuille le plus ; et l'autre, qui continue à vivre et à réagir à tout ce qui nous arrive, en dialogue, une part qui semble toujours sur le point de redevenir réalité, parce qu'elle touche à ce qui nous réunit éternellement avec la vie et la mort.”
― Rainer Maria Rilke
Et cette nouvelle connaissance prend la forme d'une expérience spontanément partagée comme au temps du contact personnel, elle ne résulte pas d'un effort de pensée délibéré, animé par le désir de célébrer le défunt ou de trouver consolation. Cette appropriation passionnée, cette découverte pour la première fois possible, nulle diversion, nulle autre impression de notre vie ne peut la détourner de son cours, il suffit d'écouter le message qui nous parvient de ces lèvres muettes : « Écoute ce vent qui souffle! la nouvelle ininterrompue qui se forme dans le silence. »
C'est ce qui m'est arrivé durant cet hiver 1926-1927 que Rainer Maria Rilke, dans une lettre écrite de son lit de mort, appelait « un mauvais vent qui souffle ». Alors la bouleversante différence entre survivre et mourir devint mineure. Irrésistiblement s'imposa la constatation que toute relation humaine tient à la force que nous lui consacrons : toutes ne sont-elles pas, et bien souvent les plus chères, des signes et des images de nos tout premiers élans amoureux, qui nous ont appris à aimer, avant même leur propre naissance? - de même que les nuages de l'est brillent grâce au rayonnement du soleil qui se couche à l'ouest. De leur vivant, nous distinguons mal ceux auxquels nous sommes unis avec le plus d'éclat - d'un éclat qui ne peut cesser de rayonner. Il y a une part de notre amour qui reste enfermée dans le cercueil, celle que nous pleurons et dont la perte nous endeuille le plus ; et l'autre, qui continue à vivre et à réagir à tout ce qui nous arrive, en dialogue, une part qui semble toujours sur le point de redevenir réalité, parce qu'elle touche à ce qui nous réunit éternellement avec la vie et la mort.”
― Rainer Maria Rilke
