You Alone Are Real to Me Quotes

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You Alone Are Real to Me: Remembering Rainer Maria Rilke (American Readers Series) You Alone Are Real to Me: Remembering Rainer Maria Rilke by Lou Andreas-Salomé
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“Rodin se traduce: “Qu’il faut travailler, travailler toujours” [Hay que trabajar, trabajar siempre]. El “trabajar-siempre” es posible en el caso del escultor –con independencia de su inclinación al trabajo– porque su tarea, esencialmente artesanal, y la materia, que nunca se acaba, hacen posible que el trabajo nunca dependa por completo de estados de ánimo ocasionales. Rilke supo entonces que la posición frente al objeto es total, justamente prescindiendo del “sentimiento”, que sólo así el trabajo creador quedaba íntegramente comprendido en su oficio. Ya en”
Lou Andreas-Salomé, Rainer Maria Rilke
“Para comprender la intención de Lou Andreas-Salomé, hay que remontarse hasta su primer ensayo biográfico sobre Nietzsche, donde había dejado la simiente de una preocupación que se ahondaría en su vida hasta convertirla en discípula de Sigmund Freud: el proceso de la creación poética como estigma que compromete la salud física y mental del gran creador. Eso que en Nietzsche ella había detectado como una “enfermedad imparable”, lo ve en Rilke en sus manifestaciones más tempranas, y siente –como había presentido en Nietzsche– que se esconde allí un conflicto religioso gestado en la infancia, el mismo, quizás, que ella había escondido detrás del enigma de su esfumada fe infantil. Por eso, Rilke y Andreas-Salomé preparan minuciosamente y emprenden dos viajes sucesivos por Rusia, en 1898 y 1899 para develar juntos el enigma de la devoción en la Pascua Rusa.”
Lou Andreas-Salomé, Rainer Maria Rilke
“Oh how the simplest pleasure that occurred to me could at the same time encircle the most secret soul. When I felt the morning air, it went through me so that the morning’s lightness and advent permeated all the gradations of my nature;”
Lou Andreas-Salomé, You Alone Are Real to Me: Remembering Rainer Maria Rilke
“To transform joy is the object of all art….”—letter of November 23, 1905.)”
Lou Andreas-Salomé, You Alone Are Real to Me: Remembering Rainer Maria Rilke
“Un deuil ne se borne pas, comme on le dit souvent, à envahir les sentiments ; il consiste plutôt en une fréquentation ininterrompue du disparu, comme si ce dernier devenait plus proche. Car la mort ne le rend pas seulement invisible : elle le rend aussi plus accessible à notre regard. Elle nous le vole, mais elle le complète également d'une manière inédite. Dès le moment qui fige pour nos yeux ces contours mouvants qui traduisaient l'action et les changements constants d'une physionomie, celle-ci nous révèle souvent pour la première fois sa quintessence, l'élément que le déroulement de l'existence ne nous donnait pas le loisir de percevoir totalement.

Et cette nouvelle connaissance prend la forme d'une expérience spontanément partagée comme au temps du contact personnel, elle ne résulte pas d'un effort de pensée délibéré, animé par le désir de célébrer le défunt ou de trouver consolation. Cette appropriation passionnée, cette découverte pour la première fois possible, nulle diversion, nulle autre impression de notre vie ne peut la détourner de son cours, il suffit d'écouter le message qui nous parvient de ces lèvres muettes : « Écoute ce vent qui souffle! la nouvelle ininterrompue qui se forme dans le silence. »

C'est ce qui m'est arrivé durant cet hiver 1926-1927 que Rainer Maria Rilke, dans une lettre écrite de son lit de mort, appelait « un mauvais vent qui souffle ». Alors la bouleversante différence entre survivre et mourir devint mineure. Irrésistiblement s'imposa la constatation que toute relation humaine tient à la force que nous lui consacrons : toutes ne sont-elles pas, et bien souvent les plus chères, des signes et des images de nos tout premiers élans amoureux, qui nous ont appris à aimer, avant même leur propre naissance? - de même que les nuages de l'est brillent grâce au rayonnement du soleil qui se couche à l'ouest. De leur vivant, nous distinguons mal ceux auxquels nous sommes unis avec le plus d'éclat - d'un éclat qui ne peut cesser de rayonner. Il y a une part de notre amour qui reste enfermée dans le cercueil, celle que nous pleurons et dont la perte nous endeuille le plus ; et l'autre, qui continue à vivre et à réagir à tout ce qui nous arrive, en dialogue, une part qui semble toujours sur le point de redevenir réalité, parce qu'elle touche à ce qui nous réunit éternellement avec la vie et la mort.”
Lou Andreas-Salomé, Rainer Maria Rilke