Alors c'est bien Quotes

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Alors c'est bien Alors c'est bien by Clémentine Mélois
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“Le 31 octobre, j'ai attendu toute la journée un appel qui, je le savais pourtant, n'arriverait pas. Papa nous téléphonait tous les ans à cette date, c'était la tradition.

«Allô... ween?» lançait il d'un air malin - nous riions à chaque fois. […]

Mon père appelait aussi le 18 juin. «C'est l'appel du 18 juin!» disait-il. À ceux qui venaient en visite, il offrait une pelle en plastique vert - dont il avait récupéré tout un stock - qu'il datait et signait. C'était la pelle du I8 juin.

L'une d'entre elles est accrochée au mur, chez moi. En la voyant, je me demande si je continuerai d'attendre tout le reste de ma vie ces deux blagues pourries qui me faisaient fondre le cœur.”
Clémentine Mélois, Alors c'est bien
“Ceux qu'on aime souffrent et meurent, et on se surprend à rire encore. Le chocolat est délicieux. Le champ de lin n'a rien perdu de sa beauté, la clématite sauvage croule sous les fleurs. Ça sent le maquis corse et la lande bretonne, les ronces larges comme des tuyaux d'arrosage promettent des mûres aussi grosses que des noix, on se dit qu'on pourra en faire des tonnes de confiture. Malgré tout.”
Clémentine Mélois, Alors c'est bien
“Il est rare de pouvoir vraiment marcher dans un souvenir. À chaque fois qu’il m’est arrivé de repasser dans un endroit où j’ai vécu, les lieux m’étaient devenus étrangement étrangers. Je ne m’y sentais plus chez moi. Un immeuble s’était construit, la boulangerie était devenue une boutique d’e-cigarettes, la rue n’était plus à sens unique. Rien n’était plus pareil. C’est une sensation curieuse que de se sentir touriste dans une rue jadis si familière.”
Clémentine Mélois, Alors c'est bien
“Le reste du temps, dans la solitude de notre atelier, on ne peut se fier qu’à nous-même. « Je suis un bricoleur de l’inutile », disait mon père avec son emphase habituelle. On fait, on défait et on refait avec l’intuition que ce qu’on est en train d’accomplir est la seule chose qui vaille. Comme un surfeur sur sa vague, cela nécessite une pratique assidue et une grande maîtrise technique, mais il suffit d’un rien pour perdre l’équilibre. Un petit doute, un léger découragement, un coup de fatigue : on sort de notre état d’hypnose et tout apparaît soudain absurde et vain. Les artistes ne servent à rien, se dit-on. Ils ne sauvent aucune vie, ne fabriquent pas de pain et ne savent rien faire d’autre de leurs mains (en cas de fin du monde, je ne voudrais pas de moi dans ma propre équipe de survivalistes). Alors, pour éviter de penser à tout cela, mieux vaut foncer sans s’arrêter. Poursuivre sa petite idée jusqu’au bout, jusqu’à ce que – ô joie – une nouvelle obsession surgisse et que tout recommence.”
Clémentine Mélois, Alors c'est bien