Castes and Races Quotes

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Castes and Races Castes and Races by Frithjof Schuon
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“Donc, qu’est-ce que le sacré par rapport au monde? C’est l’interférence de l’incréé dans le créé, de l’éternel dans le temps, de l’infini dans l’espace, de l’informel dans la forme; c’est l’introduction mystérieuse, dans un domaine d’existence, d’une présence qui en réalité contient et dépasse ce domaine et pourrait le faire éclater par une sorte d’explosion divine. Le sacré est l’incommensurable, le transcendant, caché dans une forme fragile de ce monde; il a ses règles précises, ses aspects terribles, et ses vertus de miséricorde; aussi la violation du sacré, et ne serait-ce que dans l’art, a-t-elle des répercussions incalculables. Le sacré est intrinsèquement inviolable, si bien que le viol retombe sur l’homme.”
Frithjof Schuon, Caste e Razze
“Il est un classicisme borné qui, ne disposant d’aucun critère objectivement valable et manquant d’imagination autant que d’intelligence et de goût, ne voit dans la civilisation chinoise que mesquinerie et routine : on croit les Chinois «inférieurs» parce qu’ils n’ont eu ni de Michel-Ange ni de Corneille ou parce qu’ils n’ont pas créé la neuvième Symphonie, etc.; or, si la grandeur de la civilisation chinoise n’a rien de prométhéen, c’est qu’elle se situe en des points où le préjugé classique est incapable de la déceler; sur le plan simplement artistique, il est des vieux bronzes qui révèlent plus de grandeur et plus de profondeur que toute la peinture européenne du XIXe siècle. La première chose à comprendre, c’est qu’il n’est pas de grandeur réelle en dehors de la vérité, et que celle-ci n’a certes pas besoin d’expression grandiloquentes.”
Frithjof Schuon, Caste e Razze
“D’une façon générale, le cynisme semble jouer un rôle important dans un certain moralisme athée : la vertu, c’est, non se dominer et se taire, mais se laisser aller et le crier sur tous les toits; tout péché est bon, pourvu qu’on le proclame avec brutalité; la lutte silencieuse est «hypocrisie», puisqu’on cache quelque chose. Dans le même ordre d’idées, on croit «sincère» ou «réaliste» de découvrir cyniquement ce que la nature dissimule, comme si celle-ci agissait sans raison suffisante.”
Frithjof Schuon, Caste e Razze
“On raconte que Til Ulespiègle, ayant été engagé comme peintre à la cour d’un prince, présente à l’assistance une toile vide en déclarant : «Qui n’est pas l’enfant de parents honnêtes, ne verra rien sur cette toile.» Or, aucun des seigneurs rassemblés ne voulut avouer qu’il ne voyait rien : chacun feignit d’admirer la toile vide. Il fut un temps où cette histoire pouvait passer pour une plaisanterie; nul n’osait prévoir qu’elle entrerait un jour dans les mœurs du «monde civilisé». De nos jours, n’importe qui peut nous montrer n’importe quoi au nom de «l’art pour l’art», et si nous protestons au nom de la vérité et de l’intelligence, on nous répond que nous ne comprenons rien, comme si nous avions une lacune mystérieuse nous empêchant de comprendre, non l’art chinois ou aztèque sans doute, mais le gribouillage quelconque d’un Européen qui vit à côté de nous. Selon un abus de langage fort répandu de nos jours, «comprendre» veut dire «accepter»; refuser, c’est ne pas comprendre; comme s’il n’arrivait jamais qu’on refuse une chose précisément parce qu’on la comprend, ou au contraire qu’on l’accepte parce qu’on ne la comprend pas !”
Frithjof Schuon, Caste e Razze
“Cette mentalité accumule, puis libère chez le colonisé, ce qu’il y a de plus inférieur dans l’homme collectif; on a tout fait pour compromettre la tradition, dont On souhaite au fond du cœur la ruine, puis on s’étonne du mal qui jaillit de ses fissures.”
Frithjof Schuon, Caste e Razze
“Aussi peu de choses sont-elles plus pénibles que les interprétations «psychologiques» qui prêtent à l’homme supérieur des intentions qu’il ne peut avoir en aucun cas, et qui ne font que refléter la petitesse de leurs auteurs, comme on peut le constater à satiété dans la «critique historique» ou la «science des religions»; des hommes dont l’âme est fragmentaire et opaque veulent nous renseigner sur la «psychologie» de la grandeur et du sacré.”
Frithjof Schuon, Caste e Razze
“C’est une erreur commune — et caractéristique pour la mentalité «positive» ou «existentialiste» de notre époque — que de croire que la constatation d’un fait dépend de la connaissance des causes ou des remèdes, suivant les cas, comme si l’homme n’avait pas le droit de voir ce qu’il ne peut ni expliquer ni modifier; on appelle «critique stérile» le signalement d’un mal et on oublie que le premier pas vers une guérison éventuelle est la constatation de la maladie. Quoi qu’il en soit, toute situation offre la possibilité, sinon d’une solution objective, du moins d’une mise en valeur subjective, d’une libération par l’esprit; qui comprend la vraie nature du machinisme, échappera par là même aux servitudes psychologiques de la machine, ce qui est déjà beaucoup. Nous disons cela sans aucun «optimisme», et sans perdre de vue que le monde actuel est un «mal nécessaire» dont la racine métaphysique est, en dernière analyse, dans l’infinité du Possible divin.”
Frithjof Schuon, Caste e Razze
“Dans un ordre d’idées analogue, nous aimerions faire observer ceci : quelles que soient les déficiences de l’homme moderne, on ne saurait affirmer pourtant qu’il n’ait aucune espèce de supériorité au moins virtuelle ou conditionnelle sur l’homme «ancien», si relative soit-elle, ce que nous pourrions préciser de la manière suivante : à supposer qu’un Occidental de notre temps reconnaisse toutes les erreurs qui l’entourent et qu’il puisse retourner au moyen âge, ou vivre dans n’importe quel monde intégralement traditionnel dont il adopterait les façons de penser et d’agir, il ne deviendrait, malgré tout, jamais un homme tout à fait médiéval; son esprit garderait l’empreinte d’expériences inconnues à la moyenne des hommes non-modernes. Nous pensons ici notamment à un sens critique qui ne se développe que grâce à des obstacles, et qu’un monde traditionnel ignore parce que certains obstacles ne s’y manifestent jamais; il est des fonctions de l’intelligence qui ne se déploient guère que dans la lutte et dans la déception.”
Frithjof Schuon, Caste e Razze
“Pour juger exactement la qualité de bonheur d’un monde passé, il faudrait pouvoir se mettre à la place des hommes qui y ont vécu et adopter leur manière d’évaluer les choses.[...] Bien des choses dont nous avons pris l’habitude leur apparaîtraient comme des contraintes intolérables auxquelles ils préféreraient tous les risques de leur milieu ; rien que la laideur et l’atmosphère de trivialité du monde actuel leur sembleraient le plus sombre des cauchemars. L’histoire comme telle ne saurait rendre compte pleinement de l’âme d’une époque lointaine : elle enregistre surtout les calamités et laisse de côté tous les facteurs statiques de bonheur ; on dit que le bonheur n’a pas d’histoire, et cela est profondément vrai. Les guerres et les épidémies, — pas plus que certaines mœurs ne reflètent évidemment pas les aspects heureux de la vie de nos ancêtres, comme le font, en revanche, les œuvres artistiques et littéraires.”
Frithjof Schuon, Caste e Razze
“L'intelligence peut être contemplative ou scrutatrice, intuitive ou discursive, directe ou indirecte. Elle peut être simplement inventive ou constructive, ou même se réduire au bon sens élémentaire. Dans chacun de ses modes, il y a des degrés, en sortes qu'un homme peut être plus intelligent qu'un autre, tout en lui restant inférieur au point de vue du mode, en d'autre termes, l'intelligence peut être centrée sur l'Intellect, qui est transcendant et infaillible en son essence, ou sur la raison, qui n'a aucune perception directe des réalités transcendantes et ne saurait garantir, par conséquent, contre l'intrusion de l’élément passionnel dans la pensée. La raison peut être déterminée dans une mesure plus ou moins large par l'Intellect mais elle peut se borner aussi aux choses de la vie pratique, ou même aux aspect les plus immédiats et rudimentaires de celle ci.”
Frithjof Schuon, Caste e Razze
“Le génie véritable peut développer sans innover : il atteint la perfection, la profondeur et la puissance d'expression, d'une manière presque imperceptible, moyennant les impondérables de vérité et de beauté qui mûrissent dans l'humilité, sans laquelle il n'y a pas de vraie grandeur. Au point de vue l'art sacré ou simplement traditionnel, on ne se préoccupe pas de la question de savoir si une oeuvre est "originale" ou "copiée" : dans une série de copies d'un modèle canonique, telle copie – peut être moins "originale" qu'une autre – est une oeuvre géniale, par un concours de conditions précieuses qui n'ont rien à voir avec une affectation d'originalité ou quelque autre crispation de l'ego.

Et ceci nous permet de dégager une double erreur fondamentale sans laquelle les prétentions de soi-disant artistes seraient inconcevables : à savoir qu'une originalité contraire aux normes collectives héréditaires soit psychologiquement possible en dehors des cas d'aliénation mentale, et qu'un homme puisse produire une vraie oeuvre d'art qui ne soit comprise à aucun degré par nombre d'hommes intelligents et cultivés appartenant à la même civilisation, à la même race et à la même époque que le soi-disant artiste. En réalité, les prémisses d'une telle originalité ou singularité n'existent point dans l'âme humaine normale, ni à plus forte raison dans l'intelligence pure; les singularités modernes, loin de relever de quelque "mystère" de la création artistique, ne sont qu'erreur philosophique et déformation mentale. Chacun se croit obligé d'être un grand homme; la nouveauté est prise pour de l'originalité, l'introspection morbide pour de la profondeur, le cynisme pour de la sincérité, la prétention pour du génie, si bien qu'on finit par prendre un schéma d'anatomie ou une peau de zèbre pour de la peinture; on fait de la "sincérité" un critère absolu, comme si une oeuvre ne pouvait pas être psychologiquement "sincère", mais spirituellement fausse ou artistiquement nulle. La grande erreur de ces artistes est d'ignorer délibérément la valeur objective et qualitative des formes et des couleurs et de se croire à l'abri dans un subjectivisme qu'ils estiment intéressant et impénétrable, alors qu'il n'est que banal et ridicule; leur erreur même les oblige à recourir, dans le monde des formes, aux possibilités les plus inférieures, comme Satan qui, voulant être aussi "original" que Dieu, n'avait plus d'autre choix que l'horreur.”
Frithjof Schuon, Caste e Razze