Le Grand Cœur Quotes

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Le Grand Cœur Le Grand Cœur by Jean-Christophe Rufin
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“À ce moment-là, je crois, j’ai pris conscience qu’aucune existence, si heureuse ou brillante fût-elle, ne me suffirait jamais. Il vient toujours un moment où le rêveur, qui d’ordinaire se croit heureux parce que ses songes l’emportent sans cesse ailleurs, prend conscience de son malheur.”
Jean-Christophe Rufin, Le Grand Cœur
“Le pèlerinage est, avec la guerre, la plus ancienne cause du déplacement des hommes.”
Jean-Christophe Rufin, Le Grand Cœur
“Les lettres que l’amour trace en nous ne sont jamais plus faciles à déchiffrer que sur la page blanche d’un esprit non préparé.”
Jean-Christophe Rufin, Le Grand Cœur
“Nous sommes humains parce que nous avons accès à ce qui n’existe pas. Cette richesse n’est pas donnée à tous, mais ceux qui cheminent jusqu’à ce continent invisible en reviennent chargés de trésors qu’ils font partager à tous les autres.”
Jean-Christophe Rufin, Le Grand Cœur
“Il y a toujours chez les hommes de guerre quelque chose de direct qu’ils tiennent peut-être de leur habitude de donner la mort. Il faut, pour frapper quelqu’un, même au combat, se libérer d’un poids de civilisation qui enferme la plupart d’entre nous dans la fausseté et une douceur forcée.”
Jean-Christophe Rufin, Le Grand Cœur
“Leur pouvoir, c’est la force. Mais il est une deuxième espèce, beaucoup plus rare et surtout plus redoutable, qui tire son pouvoir de sa faiblesse. Les êtres de cette sorte se présentent désarmés, vulnérables, blessés. Placés par la destinée à la tête d’une nation, d’une armée ou d’une quelconque entreprise, de tels hommes font l’aveu, par leur apparence, qu’ils sont impuissants à remplir leur tâche, mais ne peuvent se résoudre à l’abandonner. L’acceptation du sacrifice est si manifeste chez eux qu’elle déclenche l’admiration et l’envie sincère de se mettre à leur service. Plus ils sont faibles, plus ils recrutent de force autour d’eux. Chacun fait assaut de bravoure pour les satisfaire et ils acceptent cet hommage sans se départir de leur air misérable. Ces rois fatigués sont les plus dangereux.”
Jean-Christophe Rufin, Le Grand Cœur
“L’argent est du songe pur. Le contempler, c’est faire défiler devant soi l’interminable procession des choses de ce monde.”
Jean-Christophe Rufin, Le Grand Cœur
“Avec beaucoup de finesse, mais point trop pour que ces nuances nous fussent tout de même intelligibles, elles désignaient l’un ou l’autre comme leur préféré. Ces jeux de désir nous mettaient, elles autant que nous, en compétition. La hiérarchie subtile qui s’était établie dans notre groupe de garçons était bouleversée. Elle était désormais soumise au classement qu’opéraient de l’extérieur les filles. Parfois, heureusement, les deux ordres coïncidaient. C’est ce qui arriva pour moi.”
Jean-Christophe Rufin, Le Grand Cœur
“Quand nous rentrions d’une visite au palais durant laquelle mon père avait été rudement traité, j’étais fier de lui. Je lui prenais la main pendant que nous marchions jusqu’à la maison. Il tremblait et, aujourd’hui, je sais que c’était d’humiliation et de rage. Cependant, à mes yeux, la patience dont il avait fait preuve était la seule forme de bravoure qui nous était réservée, puisqu’il ne nous serait jamais donné de porter les armes nobles.”
Jean-Christophe Rufin, Le Grand Cœur
“j’étais seul au milieu de cette multitude, pris au piège comme une araignée qui se serait enfermée dans sa propre toile.”
Jean-Christophe Rufin, Le Grand Cœur
“La beauté, à ce degré, sépare des autres mortels, suscitant leurs désirs et leur jalousie. Pour un qu’elle satisfera, elle fera quantité de victimes, qui transformeront la douleur de leur amour déçu en volonté dangereuse de vengeance.”
Jean-Christophe Rufin, Le Grand Cœur
“Ce fut le début d’un échange inégal et mortel : je payais mon absence et mon éloignement à un prix qui me semblait suffisamment élevé pour racheter mes fautes. Ainsi le matériel prenait peu à peu la place du sentiment. Mais si, en quantité, les poids pouvaient peut-être se comparer, en qualité il n’en était rien. À cette époque pourtant, je m’en rendais encore compte et je me sentais coupable. À mesure que d’autres présences allaient combler, si imparfaitement que ce fût, l’absence de ma famille, je m’en soucierais moins.”
Jean-Christophe Rufin, Le Grand Cœur
“De toutes les industries de l’être humain, la navigation me parut la plus audacieuse. Chevaucher les flots, livrer son sort à l’errance du vent et aux turbulences des eaux, partir en direction de rien avec l’espoir, sinon la certitude, d’y rencontrer quelque chose, ces activités de marins me semblaient être le fruit de rêves plus fous encore que les miens.”
Jean-Christophe Rufin, Le Grand Cœur
“Cet échange d’inconnu à inconnu se révélait infiniment plus riche que l’habituel commerce entre gens qui savaient déjà tout les uns des autres.”
Jean-Christophe Rufin, Le Grand Cœur
“Le roi, par les recommandations de son conseil, décidait des proportions à tenir pour nos alliages. Dans une certaine quantité d’argent, qui, chacun sait, se compte en marc, nous étions tenus de fondre un nombre déterminé de pièces. Si l’alliage était plus fort, nous en produisions moins ; si sa teneur était plus réduite, les pièces, de moindre valeur, étaient plus nombreuses pour un marc.”
Jean-Christophe Rufin, Le Grand Cœur
“Talent, réussite, succès font de vous un ennemi de l’espèce humaine qui, à mesure qu’elle vous admire plus, se reconnaît moins en vous et préfère vous tenir à distance. Seuls les escrocs, par l’origine triviale de leur fortune, l’acquièrent sans se couper de leurs semblables et même en s’attirant leur sympathie.”
Jean-Christophe Rufin, Le Grand Cœur