L'Islam et la fonction de René Guénon Quotes

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L'Islam et la fonction de René Guénon L'Islam et la fonction de René Guénon by Michel Vâlsan
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“Le processus selon lequel s’accomplit la déchéance de l’Occident à l’époque moderne, doit finir normalement, en conformité, tant avec la nature des choses qu’avec les données traditionnelles unanimes, par l’atteinte d’une certaine limite, marquée vraisemblablement par une catastrophe de civilisation. A partir de ce moment un changement de direction apparaît comme inévitable, et les données traditionnelles tant d’Orient que d’Occident, indiquent qu’il se produira alors un rétablissement de toutes les possibilités traditionnelles que comporte encore l’actuelle humanité, ce qui coïncidera avec une remanifestation de la spiritualité primordiale, et, en même temps, les possibilités anti-traditionnelles et les éléments humains qui les incarnent seront rejetés hors de cet ordre et définitivement dégradés. Mais si la forme générale de ces événements à venir apparaît comme certaine, le sort qui serait réservé au monde occidental dans ce « jugement » et la part qu’il pourrait avoir dans la restauration finale, dépendra de l’état mental que l’humanité occidentale aura au moment où ce changement se produira, et il est compréhensible que c’est seulement dans la mesure où l’Occident aura repris conscience des vérités fondamentales communes à toute civilisation traditionnelle qu’il pourra être compris dans cette restauration.”
Michel Vâlsan, L'Islam et la fonction de René Guénon
“Selon des hadîths, « Ismaël a reçu par inspiration (ilhâm) cette langue arabe » ; aussi « le premier dont la langue a articulé l'arabe clair (al-'arabiyya al-mubîna), fut Ismaël alors qu'il était un enfant de 14 ans ». Ces données montrent que l'arabe est dès le début une langue révélée, d'origine proprement céleste, non pas une langue naturelle plus ou moins adaptée ensuite pour un usage traditionnel, quel que soit d'ailleurs le rapport sur le plan humain entre l'arabe de la révélation coranique et l'arabe parlé par les tribus contemporaines du Prophète.”
Michel Vâlsan, L'Islam et la fonction de René Guénon
“(7) On sait que ledit personnage est le Cheikh Elîsh El-Kébîr à la mémoire vénérée duquel Guénon dédiait Le Symbolisme de la Croix. — Ajoutons que, d'après une certaine mention privée, Guénon reconnaissait à ce maître le degré initiatique du Rose-Croix effectif.”
Michel Vâlsan, L'Islam et la fonction de René Guénon
“En même temps on se rend compte que la correspondance, qui résulte des textes empruntés à Ibn Arabî, entre les deux dimensions initiatiques du tûl et de ‘ard d'un côté, et les deux substances ontologiques du lâhût et du nâsût d'un autre côté, ensuite l'application de ces dernières notions au cas de Jésus, permettent de constater que le signe de la croix peut être vu comme un schéma de l'union des deux natures en la personne du Christ. Mais s'il en est ainsi, c'est, bien entendu, parce que la croix est avant tout un abrégé géométrique des états multiples de l'être et, par cela, un symbole de l'Homme Universel, ainsi que l'a démontré Guénon, appuyé sur de nombreux exemples de la tradition universelle.”
Michel Vâlsan, L'Islam et la fonction de René Guénon
“Le rapport entre les positions respectives du Christ et de Saint Pierre dans la crucifixion est alors celui entre les deux triangles dans le « sceau de Salomon », et à propos de cette figure il est intéressant de remarquer que Guénon a écrit ceci : « ...dans le symbolisme d'une école hermétique à laquelle se rattachaient Albert le Grand et saint Thomas d'Aquin, le triangle droit représente la Divinité et le triangle inversé la nature humaine (« faite à l'image de Dieu » et comme son reflet en sens inverse dans le « miroir des Eaux »), de sorte que l'union des deux triangles figure celle des deux natures (Lâhût et Nâsût dans l'ésotérisme islamique) » (53). En simplifiant les choses, on pourrait donc dire aussi que les positions respectives des deux crucifiés figurent elles-mêmes — d'une façon globale — les deux natures, et alors le symbolisme qui en résulte pourrait concerner par exemple l'Eglise en tant que constituée par l'alliance entre la présence christique et sa base apostolique. La signification de cet aspect des choses peut être même soulignée par cette autre phrase que Guénon ajoutait dans le contexte évoqué : « Le rôle du Verbe, par rapport à l'Existence universelle, peut encore être précisé par l'adjonction de la croix tracée à l'intérieur de la figure du « sceau de Salomon » : la branche verticale relie les sommets des deux triangles opposés, ou les deux pôles de la manifestation, et la branche horizontale représente la « surface des Eaux » (54) ». Là encore on retrouverait le signe de la croix relié de quelque façon à la conception des deux natures.
(53) Le Symbolisme de la Croix, ch. XXVIII
(54) Ibid.”
Michel Vâlsan, L'Islam et la fonction de René Guénon
“De ce texte de grand intérêt symbolique, il y a à retenir avant tout l'identification du Christ avec la croix, et cela sous le rapport des deux natures ; chose particulièrement importante cela est exprimé de façon purement principielle, en dehors de toute référence à la Croix historique du Golgotha et à la Passion”
Michel Vâlsan, L'Islam et la fonction de René Guénon
“Dans ces quelques éléments documentaires, qui ne sont certainement pas tous ceux qu’on pourrait trouver, nous constatons qu’il est question, chez, le Cheikh Elish et ses compagnons, de concordance doctrinale entre l’Islam d'un côté et le Christianisme et la Maçonnerie de l’autre, de la nécessité d'une revivification des réalités traditionnelles — tout d’abord, dans l'ordre intellectuel et initiatique — . d'un essai d’établir un trait d’union spirituelle entre Orient et Occident, et de la notion d’une élite à laquelle revient cette fonction, enfin du rôle de l’inicllectualilé islamique et surtout de l'enseignement du Cheikh al-Akbar dans ce travail.”
Michel Vâlsan, L'Islam et la fonction de René Guénon
“Sous le rapport qui intéresse l’Occident, le Cheikh Elish semble avoir eu aussi une certaine connaissance de la situation de la Maçonnerie et de son symbolisme initiatique. C'est ainsi que René Guénon nous écrivait une fois que le Cheikh Elish « expliquait à ce propos la correspondance des lettres du nom d’Allah par leurs formes respectives, avec la règle, le compas, l’équerre et le triangle ». Ce que disait ainsi le Cheikh Elish pourrait avoir un rapport avec l’une des modalités possibles de la revivification initiatique de la Maçonnerie. En tout cas. par la suite, une bonne part des articles de son grand disciple a été consacrée au symbolisme et à la doctrine initiatique maçonnique. et cet important travail apparaîtra de toutes façons comme une contribution de l’intellectualité et de l’universalité de l'Islam, car René Guénon s'appelait alors depuis longtemps Abdel-Wàhid Yahya et était lui-même une autorité initiatique islamique.”
Michel Vâlsan, L'Islam et la fonction de René Guénon
“Mais la relation entre l’œuvre de René Guénon- et sa source « fonctionnelle » islamique, d’après les quelques données que nous venons de faire connaitrc, ou tout simplement de rappeler, pourra paraître, malgré tout, seulement virtuelle, sinon accidentelle. Et même si, à part cela, les livres et les articles de René Guénon contiennent de fréquentes références aux doctrines islamiques, ces références ne prouvent pas nécessairement une procession islamique du développement général et final de toute son œuvre ; du reste, lui-même ne s'est jamais présenté spécialement au nom de l’Islam, mais au nom de la conscience traditionnelle et initiatique d’une façon universelle. Ce n’est pas nous non plus qui pourrions envisager de restreindre ce large privilège de son message ", et si nous disons qu'il y a une relation autrement sure entre cette œuvre universelle et l’Islam, c’est, tout d’abord, que. en raison d’une cohérence naturelle entre toutes les forces de la tradition, tout ce qu’on peut trouver du côté islamique comme étant intervenu dans la genèse et le développement du travail de René Guenon ne pouvait que s'accorder avec ce qui était auguré et soutenu en même temps par des forces traditionnelles orientales autres qu’islamiques.”
Michel Vâlsan, L'Islam et la fonction de René Guénon
“Dans les ouvrages du Cheikh al-Akbar lui-même, qui est l’auteur ésotérique le plus « hardi ». le témoignage de l'unité des formes traditionnelles et de leur validité simultanée est malgré tout entouré de beaucoup de précautions et le plus souvent voilé.”
Michel Vâlsan, L'Islam et la fonction de René Guénon
“L’enseignement de René Guénon sur la légitimité des autres traditions est vérifié et validé ainsi par les vérités mêmes qui préoccupent la conscience islamique. D’autre part, ayant énoncé la nécessité d'un accord traditionnel entre Orient et Occident, dans l'intérêt de l’humanité dans son ensemble, il a expliqué que cet accord doit porter sur les principes dont tout le reste dépend, et toute son œuvre n’a pas d’autre but que de susciter et de développer en Occident la conscience des vérités universelles dont le Tawhid est dans l’Islam l’expression la plus apparente. Il n’est que naturel que cet hommage constant et multiple à ce qui est la vérité la plus chère à l’Islam d’une façon générale, profite en même temps à l’autorité doctrinale de celui qui en a été de nos jours l'exposant le plus qualifié.”
Michel Vâlsan, L'Islam et la fonction de René Guénon
“Ces références nous suffisent ici pour illustrer notre affirmation que la base légale islamique est providentiellement disposée pour une large vision de l'unité et de l'universalité traditionnelles, tant en succession qu'en simultanéité.”
Michel Vâlsan, L'Islam et la fonction de René Guénon
“Mais en dehors des conceptions purement intellectuelles qui caractérisent la synthèse doctrinale de René Guénon et qui auraient besoin d'une présentation et d'une justification plus particulière dans un milieu de civilisation islamique, il y en a au moins une autre dont l'importance est capitale dans cette œuvre, et qui ne se trouve professée de façon ouverte ou complète, ni dans les formes traditionnelles de type religieux, ni dans celles de type intellectuel. Il s'agit de l'idée de validité et légitimité simultanées de toutes les formes traditionnelles existantes, ou plutôt de l'idée que, par principe, il peut y avoir en même temps plusieurs formes traditionnelles existantes, ou plutôt l'idée que, par principe, il peut y avoir en même temps plusieurs formes traditionnelles, plus ou moins équivalentes entre elles, car en fait, il peut arriver qu'une tradition, quelle qu'ait été son excellence première, se dégrade au cours du cycle historique au point qu'on ne puisse plus réellement parler de sa validité actuelle ou de son intégrité de fait.”
Michel Vâlsan, L'Islam et la fonction de René Guénon
“Quand à la doctrine muhammadienne, elle rétablit à cet égard les choses dans une autre perspective spécifiquement différente : c'est le Cœur qui est la faculté ou l'organe de connaissance intuitive, ce Cœur qui n'a qu'une relation symbolique avec l'organe corporel de même nom, et que le hadith qudsî énonce ainsi : « Mon Ciel et Ma Terre ne peuvent Me
contenir, mais le Cœur de Mon serviteur croyant Me contient ». Qu'on le remarque bien, il ne s'agit pas ainsi d'une simple question de terminologie. Tout d'abord le Cœur qui est la réalité centrale de l'être, est par exemple selon les termes de l'école du Sheikh al-Akbar « la réalité
essentielle ( al-haqîqa ) qui réunit d'une part tous les attributs et toutes les fonctions seigneuriales, d'autre part tous les caractères et les états générés, tant spirituels qu'individuels. ».”
Michel Vâlsan, L'Islam et la fonction de René Guénon
“A cet égard, il faut remarquer, en outre, que de nos jours que les doctrines du Tasawwuf ont elles-mêmes besoin dans les pays islamiques d'une justification intellectuelle renouvelée et adaptée de façon à répondre aux conditions de la mentalité moderne qui s'est étendue de l'Occident à tous les milieux de culture du monde oriental. En dehors de l'esprit exotériste, il faut donc compter maintenant avec l'esprit anti-traditionnel tout court des progressistes de toutes sortes, et surtout avec la présence d'une génération de savants « orientalistes », d'origine orientales, mais de formation et d'inspiration occidentales et profanes. Par un curieux retournement des choses, l'enseignement de René Guénon peut faciliter lui-même beaucoup cette justification, car il contient les moyens spéculatifs et dialectiques qui permettent d'y aboutir dans toutes les conditions de mentalité qui ressemblent à celle de l'Occident contemporain ; ce travail de justification intellectuelle se trouve déjà en essence dans les références doctrinales que l'œuvre de René Guénon fait à l'ésotérisme et à la métaphysique islamiques.”
Michel Vâlsan, L'Islam et la fonction de René Guénon
“C'est ainsi que si l'on tentait de traduire ses ouvrages de doctrine générale en n'importe quelle langue de civilisation orientale, la traduction devrait s'accompagner d'un commentaire spécial idéologique et terminologique, variable avec chacune de ces langues. L'orthodoxie du sens profond des idées ne suffirait pas à elle seule, avec une traduction littérale - si toutefois cela était toujours possible - pour faire reconnaître partout dans ces ouvrages de doctrine générale, à un Oriental non prévenu et qui ne connaîtrait que sa propre forme traditionnelle, le même fond doctrinal que dans celle-ci. La difficulté serait même plus accentuée quand il s'agirait de traduction dans la langue d'une civilisation de forme religieuse, pour la raison que René Guénon a pensé et s'est exprimé dans des modes appartenant à ce qu'on pourrait appeler une « spiritualité sapientiale », modes spécifiquement différents de ceux qui sont régulièrement pratiqués dans les traités de doctrine à base de « religion révélée ».”
Michel Vâlsan, L'Islam et la fonction de René Guénon
“D'autre part, de même que les critères d'orthodoxie propres à l'exotérisme d'une tradition ne peuvent être appliqués à ce qui appartient à autre forme traditionnelle, de même ceux qui concernent le monde initiatique et ésotérique d'une de ces formes ne peuvent être considérés comme directement applicables aux domaines correspondants d'une autre : il y a
en effet pour la voie ésotérique de chacune de celles-ci des modalités particulières, bien que d'un ordre plus intérieur, tant pour la doctrine que pour les méthodes correspondantes, et il serait tout à fait insuffisant de parler d'unité ésotérique des formes traditionnelles sans préciser que cette unité concerne seulement les principes universels, en dehors desquels les
adaptations traditionnelles se traduisent par des particularités dans l'ordre initiatique et ésotérique même ; s'il n'en était pas ainsi, il n'y aurait qu'un seul ésotérisme, et un même domaine initiatique, pour toutes les formes d'exotérismes existants ou possibles.”
Michel Vâlsan, L'Islam et la fonction de René Guénon
“Il y a ainsi une question quant à l'orthodoxie islamique de l'œuvre de René Guénon, et une autre quant au rapport que peut avoir sa position traditionnelle personnelle avec sa fonction doctrinale générale. Pour la première de ces questions, comme en fait il n'y a eu à notre connaissance aucune critique précise, nous n'avons pas à répondre à une thèse
déterminée mais nous tâcherons seulement de montrer dans quelle perspective une telle question se situe. Pour la deuxième, nous porterons à la connaissance des lecteurs quelques éléments documentaires presque inconnus en Occident.”
Michel Vâlsan, L'Islam et la fonction de René Guénon
“Or, par une sorte de nécessité organique d’affirmation de soi, et par effet de la perception et de la conscience de l’excellence spirituelle qui lui est propre, chaque mentalité traditionnelle d’ensemble relègue les autres traditions sur des positions inférieures, ou les exclut purement ou simplement de tout accès à une vérité profonde et réellement salutaire. Cependant l’idée de légitimité de toutes les formes traditionnelles existantes n’est que la conséquence en mode « spatial », ou l’application en simultanéité, de l’idée d’universalité de la doctrine et d’unité fondamentale des formes traditionnelles ; seulement cette universalité et cette unité, les doctrines valables sur le plan général de chaque communauté traditionnelle les reconnaissent plus volontiers dans leur application en succession temporelle, et d’ailleurs dans des mesures fort variées, car cela permet aux communautés respectives d’exclure ou de diminuer plus facilement les autres formes traditionnelles contemporaines.”
Michel Vâlsan, L'Islam et la fonction de René Guénon
“[…] D’autre part, la thèse de René Guénon sur l’unité fondamentale des formes traditionnelles n’apparaîtra pas comme tout à fait nouvelle en Islam, car il y a quelques précédents précieux, tout d’abord avec le Cheikh al-Akbar [Ibn `Arabî] dont l’enseignement ne pouvait pourtant pas être aussi explicite que celui de René Guénon en raison des réserves qu’impose tout milieu traditionnel particulier ; il y aura quand même intérêt à s’y reporter.

Ce que nous venons de signaler comme points critiques et solutions à envisager lorsqu’il s’agira de juger de l’orthodoxie islamique de l’enseignement de René Guénon, aussi bien que de son orthodoxie d’une façon générale, ne doit pas faire oublier que ce qui est requis sous ce rapport de tout Oriental ou Occidental qui voudrait en juger, ce sont non seulement des qualités intellectuelles de jugement, mais aussi la connaissance étendue et profonde des doctrines qui doivent être évoquées en l’occurrence. La méthode facile et expéditive des citations tronquées et retranchées de leurs relations conceptuelles d’ensemble, aggravée peut-être encore par des méprises terminologiques ne saurait avoir ici aucune excuse, car René Guénon ne parle pas au nom ni dans les termes d’une théologie ou d’une doctrine particulière dont les références seraient immédiates. De toutes façons, une des choses les plus absurdes serait de demander à des « autorités » exotériques, qu’elles soient d’Orient ou d’Occident, d’apprécier le degré de cette orthodoxie, soit d’une façon générale, soit par rapport à quelque tradition particulière. Ces « autorités », en tant qu’exotériques, et quelles que puissent être leurs prétentions de compétence, sincères ou non, n’ont déjà aucune qualité pour porter un jugement sur les doctrines ésotériques et métaphysiques de leurs propres traditions.

L’histoire est là du reste pour prouver à tout homme intelligent et de bonne foi, que chaque fois que de telles ingérences se sont produites, qu’elles aient été provoquées par de simples imprudences ou par des fautes graves, soit d’un côté soit de l’autre, il en est résulté un amoindrissement de spiritualité et la tradition dans son ensemble a eu à souffrir par la suite.
(É. T. n° 305 Janv.-Fév. 1953, p. 14)”
Michel Vâlsan, L'Islam et la fonction de René Guénon
“Dans la phase actuelle du Kali-Yuga, les choses devant aller jusqu’à l’état, annoncé dans les Livres sacrés de l’Inde, « où les castes seront mêlées et la famille n’existera plus », la base indispensable même de la tradition hindoue, le régime des castes disparaîtra et lorsqu’un redressement traditionnel deviendra possible, il ne pourra l'être que dans la formule fraternitaire d'une législation sacrée comme celle de l'Islam.

" Le Triangle de l'Androgyne et le monosyllabe « Om », 2. Complémentarisme de formes traditionnelles, ET, n° 383, Mai-Juin. 1964, p. 133 ; et n° 386, Nov.-Déc. 1964, p. 268.)”
Michel Vâlsan, L'Islam et la fonction de René Guénon
“D'une façon générale, l'œuvre doctrinale de René Guénon se rapporte aux vérités les plus universelles ainsi qu'aux règles symboliques et aux lois cycliques qui régissent leur adaptation traditionnelle. Sous ce rapport, le critère de son orthodoxie se trouve par la nature des choses dans l'intelligence des principes métaphysiques et des conséquences qui en découlent. Ce n'est qu'à titre secondaire que cette orthodoxie pourrait être soumise à une vérification littérale dans les différentes doctrines traditionnelles existantes ; au premier abord, pour un lecteur ordinaire, cette vérification n'est immédiate que là où dans ses ouvrages René Guénon s'est appliqué spécialement à établir lui-même les preuves documentaires à l'appui des points de doctrine qu'il exposait, et sous le rapport de la tradition à laquelle il se référait ainsi ; pour tout le reste, c'est l'intelligence et la recherche personnelle qui sont requises ; il est supposé, en même temps, que cette recherche est basée sur une droite intention, condition qui assure son orientation et son résultat”
Michel Vâlsan, L'Islam et la fonction de René Guénon
“Si trop de points restent imprécis, c’est qu’il ne nous est pas possible de faire autrement, et que les circonstances seules permettront par la suite de les élucider peu à peu. Dans tout ce qui n’est pas purement et strictement doctrinal, les contingences interviennent forcément, et c’est d’elles que peuvent être tirés les moyens secondaires de toute réalisation qui suppose une adaptation préalable... Si nous avons dans des questions comme celle-là, le souci de n’en dire trop, ni trop peu, c’est que, d’une part, nous tenons à nous faire comprendre aussi clairement que possible, et que cependant, d’autre part, nous devons toujours réserver des possibilités, actuellement imprévues, que les circonstances peuvent faire apparaître ultérieurement..”
Michel Vâlsan, L'Islam et la fonction de René Guénon
“La suprême condition de l’être humain est la connaissance métaphysique qui est celle des vérités éternelles et univer­selles. La valeur d’une civilisation réside dans le degré d’in­tégration en elle de cette connaissance et dans les consé­quences qu’elle en tire pour l’application dans les différents domaines de sa constitution ; une telle intégration et irradia­tion intérieure n’est possible que dans les civilisations dites traditionnelles qui sont celles qui procèdent de principes non-humains et supra-individuels, et reposent sur des formes d’organisation qui sont elles-mêmes l’expression prévenante des vérités auxquelles elles doivent faire participer. Le rôle de toute forme traditionnelle est en effet d’offrir à l’humanité qu’elle ordonne, l’enseignement et les moyens permettant de réaliser cette connaissance ou de participer à elle de près ou de loin, en conformité avec les diverses possibilités des indi­vidus et des natures spécifiques. La mesure dans laquelle une forme traditionnelle, qu’elle soit de mode purement in­tellectuel ou de mode religieux, détient ces éléments doctri­naux et les méthodes correspondantes, est dès lors le critère suffisant et décisif de sa vérité actuelle, de même que la mesure dans laquelle ses membres auront réalisé leurs possi­bilités propres dans cet ordre sera le seul titre que la géné­ration spirituelle de cette forme traditionnelle pourrait pré­senter dans un « jugement » qui affecterait celle-ci et l’en­semble de son humanité.”
Michel Vâlsan, L'Islam et la fonction de René Guénon