Le Soir du Chien Quotes
Le Soir du Chien
by
Marie-Hélène Lafon63 ratings, 3.56 average rating, 8 reviews
Le Soir du Chien Quotes
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“L’après-midi, elle marchait. Elle remontait le cours de la rivière ; elle allait au long des plateaux d’herbe rase. Cette marche hors les routes, hors les sentiers des hommes, par tous les temps, pour rien, sans fusil, sans chien, seule, suffisait à la signaler à l’attention de tous, à l’isoler. Plus encore que le reste, que l’extrême [cuirasse] de la peau, le [transparent] des vêtements, l’exubérance des cheveux fauve, l’appartenance à un lointain pays de bord de mer, et sa dévotion.”
― Le Soir du Chien
― Le Soir du Chien
“Ma mère montait parfois, quand il faisait beau ; elle aimait savoir sa maison d'enfance entre des mains amoureuses. Elle ne se prononçait pas sur la nudité des pièces, le blanc des murs qu'elle n'aurait pas choisi. Elle ne disait pas non plus : "C'est le goût des jeunes, les jeunes font comme ça aujourd'hui." Je crois qu'elle aimait seulement se tenir au milieu de cette paix. La maison était comme le prolongement des terres nues, muettes sous le long cri du vent, qui la cernaient de toutes parts ; elle les respirait par toutes les fenêtres, ouvertes l'été, closes l'hiver, jamais voilées. Le pays entrait dans la maison, tout le temps, la pénétrait. Nous l'avions voulu ainsi, et nous vivions sous le regard des choses, dans la pupille écartelée du monde.”
― Le Soir du Chien
― Le Soir du Chien
“Ma mère montait parfois, quand il faisait beau ; elle aimait savoir sa maison d'enfance entre des mains amoureuses. Elle ne se prononçait pas sur la nudité des pièces, le blanc des murs qu'elle n'aurait pas choisi. Elle ne disait pas non plus : "C'est le goût des jeunes, les jeunes comme comme ça aujourd'hui." Je crois qu'elle aimait seulement se tenir au milieu de cette paix. La maison était comme le prolongement des terres nues, muettes sous le long cri du vent, qui la cernaient de toutes parts ; elle les respirait par toutes les fenêtres, ouvertes l'été, closes l'hiver, jamais voilées. Le pays entrait dans la maison, tout le temps, la pénétrait. Nous l'avions voulu ainsi, et nous vivions sous le regard des choses, dans la pupille écartelée du monde.”
― Le Soir du Chien
― Le Soir du Chien
“Pour lui, Marlène n'était pas partie parce qu'elle avait rencontré un autre homme, mais parce qu'on ne s'habituait pas à ce pays. On ne l'apprivoisait pas. A moins d'y être né, on ne pouvait pas vivre et vieillir ici. C'était trop de solitude et trop d'étendue, trop de vide et trop de vertige. Ça devenait parfois comme une maladie que l'on avait en soi, sous la peau.”
― Le Soir du Chien
― Le Soir du Chien
