Love of Beginnings Quotes

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Love of Beginnings Love of Beginnings by Jean-Bertrand Pontalis
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“présent, la version des événements sans jamais pouvoir affirmer que celle-ci est définitive.”
Jean-Bertrand Pontalis, L'amour des commencements
“Alquié sentant notre attention fléchir nous dit avec son bégaiement qui était pour moi le lapsus délicieux de son rationalisme militant : « Si l'on en croit ce que nous dit Descartes, à savoir que chaque Méditation poursuit celle de la veille, eh bien cela lui a fait une semaine bien remplie ! », ce jour-là fut pain bénit. Ainsi, même les méditations s'inséraient dans la quotidienneté, la métaphysique n'était pas nécessairement décharnée comme un cadavre mais nous entraînait dans une seconde vie comme un roman, les pensées avaient une histoire.”
Jean-Bertrand Pontalis, L'amour des commencements
“Que le verbe se fasse chair est décidément la seule chose qui m'intéresse. Le mystère de l'incarnation n'est pas à mes yeux une affaire de religion mais d'esthétique.”
Jean-Bertrand Pontalis, L'amour des commencements
“ceux qui prétendaient n'exposer que des idées. Non : Platon était un auteur de théâtre ; le jeune Hegel avait écrit le plus exaltant des romans d'apprentissage”
Jean-Bertrand Pontalis, L'amour des commencements
“plus cher et le plus inaccessible reste celui d'écrire ce qu'on appelle avec dédain un roman de gare, celui qu'on ouvre à Austerlitz et qu'on laisse sur la banquette à Angoulême, en ayant juste sauté quelques pages de description (ça”
Jean-Bertrand Pontalis, L'amour des commencements
“Un jour de printemps 1944, Sartre me fit part de son intention de faire (je dus entendre : « monter ») une revue, une fois la guerre finie : il me demanda d'y collaborer. « Avec joie, lui dis-je. Il y a un emploi qui m'attire particulièrement : j'aimerais être boy, vous savez un de ceux qui esquissent des pas de danse autour de la vedette.”
Jean-Bertrand Pontalis, L'amour des commencements
“Certes, je voyais bien, donnant alors raison à Sartre, qu'en un sens je « décidais » d'éprouver jusqu'au bout ces moments de vacillation, de vertige au lieu de les écarter d'un revers de main. Mais c'est que je pressentais qu'il y avait en eux quelque chose de précieux : ces passages du trouble, je devais les traverser ; ces messages peu clairs d'un pays lointain et inconnu, il me fallait en tenir compte, si je ne voulais pas me réduire à une tête froide. C'est peut-être cela qui, au fil des ans, m'a maintenu à une certaine distance de Sartre : je n'ai jamais pu me faire à l'idée qu'on ne pense qu'avec sa tête ! La voix tranchante, la voix de tête, avait aussi tranché, sèchement, avec les pulsations du corps.”
Jean-Bertrand Pontalis, L'amour des commencements
“L'écrivain – et chacun pouvait l'être –, en refusant d'être artiste, réalisait ce miracle de l'art : créer une chose !”
Jean-Bertrand Pontalis, L'amour des commencements
“Sartre, je le jugeai plus tard sinon tout à fait gagné par la folie des mots, du moins, dans la lutte exténuante qu'il a toujours menée contre elle, enclin, corydrane aidant, à y céder.”
Jean-Bertrand Pontalis, L'amour des commencements
“L'expérience même n'était pas nécessaire. Sartre, j'en aurais juré, ne s'était jamais risqué sur des skis nautiques et pourtant il trouvait le moyen de décrire – et sur des pages – la jouissance du skieur. Ah ! comme l'intelligence pouvait être gaie !”
Jean-Bertrand Pontalis, L'amour des commencements
“Avec M. Charlier, avec les livres, j'avais fini par croire que pour être philosophe il suffisait de procéder à deux opérations simples : d'abord choisir un terme abstrait, ensuite le faire précéder, comme un nom roturier d'une particule, du mot « idée ». Disserter sur la nature, c'eût été rester dans les Belles Lettres ; méditer sur l'idée de Nature, c'était déjà philosopher. Quand nous serions capables de faire tenir ensemble dans leur opposition l'Homme et la Nature, nous aurions conquis nos galons de dialecticiens. La philosophie était une activité noble garantie par la noblesse de ses objets.”
Jean-Bertrand Pontalis, L'amour des commencements
“Petite taille mais corps solide, c'était un travailleur manuel de l'esprit, un prolo de la conscience thétique.”
Jean-Bertrand Pontalis, L'amour des commencements
“majuscule, et alors c'était le monde entier qui devenait assimilable...”
Jean-Bertrand Pontalis, L'amour des commencements
“commencement sans fin. Tant qu'il y aura des livres, personne, jamais, n'aura le dernier mot. Belle-Ile, le 23 juillet 1989.”
Jean-Bertrand Pontalis, L'amour des commencements
“En associant, jusqu'à en faire un tout, au rêve, au deuil le mot travail – en une formulation paradoxale même si elle est devenue banale pour les usagers que nous sommes –, Freud manifestait que des activités d'apparence aussi simple, aussi évidente que rêver, qu'éprouver puis surmonter une perte, n'étaient pas une mince affaire. Il en va de même pour qui entreprend d'écrire. Travail, ici comme là, n'implique pas nécessairement effort et peine, la sueur et les larmes, il signifie transformation.”
Jean-Bertrand Pontalis, L'amour des commencements
“de tout un chacun, la poésie est une science exacte, la peinture un métier et la littérature un style ! Comme éditeur j'ai eu l'occasion de lire de nombreux”
Jean-Bertrand Pontalis, L'amour des commencements
“Peut-être, le temps passant, la question première : « D'où ça vient les enfants ? » laisse-t-elle la place à celle-ci : « D'où ça nous vient, nos pensées ? »”
Jean-Bertrand Pontalis, L'amour des commencements
“Cette fois-ci j'ai choisi un axe, sans m'interdire pour autant d'emprunter quelques chemins de traverse, et cet axe je l'ai défini dès les premières lignes comme étant ma relation au langage (il se peut que ce livre ne soit qu'une version personnelle des Mots de Sartre...).”
Jean-Bertrand Pontalis, L'amour des commencements
“Ce n'est pas une autobiographie qu'on devrait écrire mais dix, mais cent, car, si nous n'avons qu'une vie, nous disposons d'innombrables manières de (nous) la raconter.”
Jean-Bertrand Pontalis, L'amour des commencements
“n'ai obéi qu'à une exigence, d'ailleurs non formulée, celle de donner à entendre ma voix, et cela, si je puis dire, à mes propres oreilles : ma voix, comme si je craignais, après tant d'années consacrées à écouter les voix des autres, de perdre la mienne”
Jean-Bertrand Pontalis, L'amour des commencements
“me voici dans l'île – pour ressentir le besoin d'une écriture plus vagabonde qui, à l'extrême, n'a d'autre objet qu'elle-même : ce qu'on nomme littérature.”
Jean-Bertrand Pontalis, L'amour des commencements