“Personne n’est fait pour la sédentarité. Mais ce n’est pas à toi que je vais l’apprendre. L’agriculture a fait de nous des captifs. On n’a jamais voulu faire pousser des champs et se cloîtrer dans des maisons. On était des nomades depuis des millions d’années. Il se décala en face d’elle. — Tu connais cette sensation d’enfermement, quand tu vis trop longtemps entre quatre murs ? Peu importe la surface, ça pourrait être un appartement, une maison ou un château. À un moment, tu la ressens. Tu vois de quoi je parle ? Elle acquiesça. Elle l’avait déjà ressentie. — C’est ta mémoire génétique qui te fait voir, entendre, sentir et regretter le mode de vie des centaines de générations qui nous ont précédés. Au fond, on est encore une espèce nomade. Tout le monde porte cette sensation en soi, mais en général, les gens ne font pas le lien et ne comprennent pas ce qui les pousse à désirer ce qui est hors d’atteinte. Alors ils achètent des voitures toujours plus chères, des baraques toujours plus grosses, sans jamais trouver d’apaisement. Ils continuent de sombrer dans la dépression jusqu’à la mort.”
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Glendy Vanderah,
The Light Through the Leaves