Sattouf est indéniablement talentueux. Mais ce qui me dérange, c'est moins le livre que son accueil démesuré. Des millions d'exemplaires, 30 langues, couvert de prix… Pourquoi ce succès massif précisément pour une œuvre qui réduit les Arabes à des êtres violents et vulgaires ? Sattouf dit qu'il croque tout le monde. Vrai. Mais il y a une différence entre la caricature sympathique et la déshumanisation systématique — et cette déshumanisation a une histoire politique très concrète. Ce n'est pas un hasard si ce livre a eu un succès en Israël. Ni qu'il soit sorti en 2014, dans une époque où l'OTAN bombardait la Libye et que des centaines de milliers de civils mouraient en Irak. Un livre qui confirme l'image de peuples barbares rend plus digeste la violence de ceux qui prétendent les « libérer ». Ce que l'Occident choisit de célébrer en dit long. Compare avec Persepolis : même format, même regard critique — mais Satrapi préserve l'humanité complexe de ses personnages. Le succès de ce livre dit peut-être plus sur nos attentes que sur la réalité qu'il prétend décrire.
Pourquoi ce succès massif précisément pour une œuvre qui réduit les Arabes à des êtres violents et vulgaires ? Sattouf dit qu'il croque tout le monde. Vrai. Mais il y a une différence entre la caricature sympathique et la déshumanisation systématique — et cette déshumanisation a une histoire politique très concrète.
Ce n'est pas un hasard si ce livre a eu un succès en Israël. Ni qu'il soit sorti en 2014, dans une époque où l'OTAN bombardait la Libye et que des centaines de milliers de civils mouraient en Irak. Un livre qui confirme l'image de peuples barbares rend plus digeste la violence de ceux qui prétendent les « libérer ».
Ce que l'Occident choisit de célébrer en dit long. Compare avec Persepolis : même format, même regard critique — mais Satrapi préserve l'humanité complexe de ses personnages.
Le succès de ce livre dit peut-être plus sur nos attentes que sur la réalité qu'il prétend décrire.