Dimitrie Bolintineanu
Born
in Bolintin-Vale, Romania
January 14, 1819
Died
August 20, 1872
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Legende istorice
—
published
1972
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7 editions
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Manoil
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published
1855
—
7 editions
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Elena
—
published
1862
—
6 editions
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Manoil. Elena
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Poezii
—
published
1971
—
2 editions
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Florile Bosforului. Legende istorice
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published
2010
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Mama lui Ștefan cel Mare
by |
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Legende istorice. Basme
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Legende istorice
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Doritorii nebuni
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published
1864
—
2 editions
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“[N.B : « Michel au banquet » est une légende historique dont la traduction a été effectuée par l'auteur lui-même (cf. « Brises d'Orient » éditions Dentru, Paris 1866) et qui ne respecte donc pas rigoureusement la version originale en roumain. Michel le Brave, prince de Valachie (1593-1601), vainqueur de l'armée ottomane lors de la bataille de Călugăreni (1595), parvient à réunir pour une brève période, sous sa domination, les trois provinces roumaines. Victime d'une trahison, il est assassiné par son allié le général Basta.]
La lune s'élevait comme une sphère d'or,
Et l'armée au sommeil s'abandonnait encor.
Sur un sombre rocher, sous la céleste voûte,
Dans un banquet, Michel, silencieux, écoute ;
Il est assis à table avec ses capitans,
Et se rappelle encore le cours de ses beaux ans.
Quand l'espoir nous sourit, la vie humaine passe
Comme les fleurs des champs qu'un doux soleil efface.
Ainsi coulait le temps, et tranquille et joyeux,
Et les sombres soucis s'étaient éloignés d'eux.
La lune répandait sur eux sa clarté pure
Et l'auster caressait leur large chevelure.
On verse dans la coupe un vin couleur de sang,
On boit à la santé du prince tout-puissant.
Michel prend une coupe et parle de la sorte :
– « Ce toast, ô mes amis, à la mort je le porte !
Car la vie ici-bas, amis, sans liberté,
Est un jour sans soleil, une nuit sans clarté.
Ceux qui, malgré le jour, s'attachent à la vie,
Ne seront inspirer ni l'amour ni l'envie ;
Le Roumain ne veut point des champs vastes, sans fleurs,
Des jours longs et mêlés de tristesse et de pleurs.
Ainsi, le roi des airs, ayant l'aile brisée
Doit préférer la mort à cette vie usée.
Ainsi sont les Roumains, et j'aime mieux mourir
Que de porter le joug et vivre pour souffrir. »”
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La lune s'élevait comme une sphère d'or,
Et l'armée au sommeil s'abandonnait encor.
Sur un sombre rocher, sous la céleste voûte,
Dans un banquet, Michel, silencieux, écoute ;
Il est assis à table avec ses capitans,
Et se rappelle encore le cours de ses beaux ans.
Quand l'espoir nous sourit, la vie humaine passe
Comme les fleurs des champs qu'un doux soleil efface.
Ainsi coulait le temps, et tranquille et joyeux,
Et les sombres soucis s'étaient éloignés d'eux.
La lune répandait sur eux sa clarté pure
Et l'auster caressait leur large chevelure.
On verse dans la coupe un vin couleur de sang,
On boit à la santé du prince tout-puissant.
Michel prend une coupe et parle de la sorte :
– « Ce toast, ô mes amis, à la mort je le porte !
Car la vie ici-bas, amis, sans liberté,
Est un jour sans soleil, une nuit sans clarté.
Ceux qui, malgré le jour, s'attachent à la vie,
Ne seront inspirer ni l'amour ni l'envie ;
Le Roumain ne veut point des champs vastes, sans fleurs,
Des jours longs et mêlés de tristesse et de pleurs.
Ainsi, le roi des airs, ayant l'aile brisée
Doit préférer la mort à cette vie usée.
Ainsi sont les Roumains, et j'aime mieux mourir
Que de porter le joug et vivre pour souffrir. »”
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“[N.B : « Mihne et la sorcière » est une légende historique dont la traduction a été effectuée par l'auteur lui-même (cf. « Brises d'Orient » éditions Dentru, Paris 1866) et qui ne respecte donc pas rigoureusement la version originale en roumain. Métamorphosée en sorcière, la mère d'un jeune soldat tué à la guerre jette un mauvais sort à son souverain, Mihne, tyran sanguinaire des Carpates. Ne pouvant transgresser les dernières volontés de son fils, qui refuse la vengeance, elle tente de se servir des démons de l'enfer afin d'attraper Mihne. Au terme d'une terrible cavalcade, ces démons sont sur le point d'y parvenir quand l'aube se lève les réduisant à l'impuissance. Les vœux du soldat sont ainsi exaucés.]
La vieille
– « J'ai promis de te dire, ô seigneur, l'avenir ;
C'était pour te contraindre, ô mon maître, à venir.
Écoute si tu peux : j'avais dans ton armée
Un fils dont la bravoure eut de la renommée,
Pur comme un ciel serein et beau comme la fleur ;
Pour lui seul je restais en ces lieux de douleur.
Il était mon seul Dieu ! Pour lui, dont j'étais fière,
Je me suis transformée en horrible sorcière.
Il est mort, il est mort ! Tu fus son assassin !
Veux-tu mon sang encore ? Tiens, frappe donc ce sein !
Des à présent ma vie est affreuse et flétrie.
Oh ! Que ne puis-je boire et ton sang et ta vie !
À son dernier soupir : « Mère » a dit mon enfant,
« Pardonne. » Contre moi son pardon le défend.
« Mais, as-tu toujours soif ? dit la sorcière à Mihne ;
Prends ce vase écumant dans ta main assassine ;
Meurtrier, bois le sang vivant de mon fils mort !
Qu'il verse dans ton sang le poison du remords ! »
[...]
La cime du rocher par degrés se colore,
Et déjà le jour luit !
La cohorte vaincue, aux rayons de l'aurore,
Retombe dans sa nuit.”
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La vieille
– « J'ai promis de te dire, ô seigneur, l'avenir ;
C'était pour te contraindre, ô mon maître, à venir.
Écoute si tu peux : j'avais dans ton armée
Un fils dont la bravoure eut de la renommée,
Pur comme un ciel serein et beau comme la fleur ;
Pour lui seul je restais en ces lieux de douleur.
Il était mon seul Dieu ! Pour lui, dont j'étais fière,
Je me suis transformée en horrible sorcière.
Il est mort, il est mort ! Tu fus son assassin !
Veux-tu mon sang encore ? Tiens, frappe donc ce sein !
Des à présent ma vie est affreuse et flétrie.
Oh ! Que ne puis-je boire et ton sang et ta vie !
À son dernier soupir : « Mère » a dit mon enfant,
« Pardonne. » Contre moi son pardon le défend.
« Mais, as-tu toujours soif ? dit la sorcière à Mihne ;
Prends ce vase écumant dans ta main assassine ;
Meurtrier, bois le sang vivant de mon fils mort !
Qu'il verse dans ton sang le poison du remords ! »
[...]
La cime du rocher par degrés se colore,
Et déjà le jour luit !
La cohorte vaincue, aux rayons de l'aurore,
Retombe dans sa nuit.”
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