Un excellent space-opera.
Avant Emissaires des Morts, l’histoire principale, viennent quatre nouvelles, qui permettent de découvrir la protagoniste, Andrea Cort, son passé bien mouvementé et sa situation adulte. Non seulement ces nouvelles sont prenantes, mais en plus elles font bien fonctionner les méninges. Dans la préface, il était conseillé de ne pas forcément lire dans l’ordre, ni tout d’une traite. Mission impossible pour moi, déjà parce que j’aime faire les choses dans l’ordre, et ensuite parce qu’une fois lancée, j’ai eu du mal à lâcher le bouquin (hors intervention du monde extérieur).
J’ai particulièrement accroché à la première nouvelle, Avec du Sang sur les mains, et à la quatrième nouvelle, Démons invisibles.
Très tôt dans ma lecture, j’ai eu des soupçons sur ce qui se tramait, j’ai échafaudé des hypothèses, et quand on est dedans comme ça, la lecture est un vrai plaisir ! Ça démarrait très fort avec la première nouvelle, pendant laquelle j’étais tendue, attendant impatiemment de voir comment ça allait se passer, et convaincue du pire. La toute fin m’a fait trembler, j’ai trouvé que c’était vraiment bien tourné. Les deux nouvelles suivantes étaient bien, mais il faut reconnaitre que Démons invisibles les surclasse toutes. Cette dernière nouvelle fait vraiment froid dans le dos, et elle ouvre tellement de possibilités pour la suite (surtout si on analyse un peu les titres des tomes de la série) !
Je ne sais pas si l’auteur avait déjà en tête un cheminement pour Andrea Cort quand il a écrit les nouvelles, mais elles se recoupent super bien avec Emissaires des Morts. Dans ce plus gros morceau qu’est l’histoire principale, les IA sont très présentes. Je m’y connais peu en space-opera, et c’est la première fois que j’ai affaire à ce genre de « personnage », mais je dois dire « wow ». Tout au long du récit, je me suis demandé qui était le méchant, les IAs ou la Confédération homsap ? Sans jamais arriver à me décider. En zappant complètement un aspect tout bête des IAs.
Ces « personnages » ont soulevé tant de questions ! Quelle est leur origine ? N’est-ce pas là ce qu’on pourrait qualifier de quasi divin ? Que se passerait-il si ces IAs étaient piratées ? Je pense que c’est surtout de cette partie de l’histoire que je me souviendrai, mais le livre dans son ensemble touche à beaucoup de sujets : la criminalité, la monstruosité, le racisme, la communication, le libre arbitre, la liberté, la propriété, le travail et l’esclavage (je ne mets pas ces deux là ensemble en dernier à dessein, mais après avoir lu ce livre, je réalise que je pourrais)… C’est vraiment un livre qui pousse le lecteur à se poser des questions, sans que ça devienne une contrainte.
De plus, l’aspect psychologique d’Andrea Cort joue un certain rôle dans l’histoire, et ce que j’apprécie, c’est que ce n’est pas un personnage figé. Andrea change, elle est influencée par son environnement. Au début, j’ai pensé tout de suite que si je la rencontrais dans la vraie vie, elle me ferait pleurer en moins de 3 minutes. Mais on comprend vite d’où lui vient son caractère, et comme on compatit (ce dont elle aurait horreur) ! En arrière plan commun à toutes les histoires du livre, on a Bocaï, la planète d’origine d’Andrea, et le drame qui l’a traumatisée étant enfant, et duquel découle toute une évolution assez particulière. Ce livre devrait bien plaire à ceux qui apprécient les aspects psychologiques. En tout cas, moi, je trouve que ce personnage tient la route et que c’est du solide.
Quant à Bocaï, ou le grand mystère qui fera parler de lui jusqu’à sa résolution finale dans le tome 3 (vu le titre, on peut très bine imaginer ce qu’il s’y passera), c’est en grande partie à cause de cet épisode que j’ai dévoré ce livre. Il fallait tout simplement qu’il y ait là quelque chose à déterrer !
Enfin, pour ceux qui se posent la question, je tiens à les rassurer : le livre est largement compréhensible par les novices en SF. Ce n'est pas ce que je considère comme de la hard SF, le langage n'est pas trop technique, aucun problème de vocabulaire ou de notion technologique inaccessible.