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Auschwitz, et après #2
Une connaissance inutile
UNE CONNAISSANCE INUTILE
Alors vous saurez
qu’il ne faut pas parler avec la mort
c’est une connaissance inutile
Une connaissance inutile est le troisième ouvrage de Charlotte Delbo sur les camps de concentration. Après deux livres aussi différents par leur forme et leur écriture que Aucun de nous ne reviendra et Le Convoi du 24 janvier, c’est dans un autre ton qu’on lira ici Auschwitz et Ravensbrück. On y lira plus encore une sensibilité qui se dévoile à travers les déchirements. Si les deux précédents pouvaient apparaître presque impersonnels par leur dépouillement, dans celui-ci elle parle d’elle. L’amour et le désespoir de l’amour – l’amour et la mort ; l’amitié et le désespoir de l’amitié – l’amitié et la mort ; les souffrances, la chaleur de la fraternité dans le froid mortel d’un univers qui se dépeuple jour à jour, les mouvements de l’espoir qui s’éteint et renaît, s’éteint encore et s’acharne...
MESURE DE NOS JOURS
Et toi, comment as-tu fait ? pourrait être le titre de ce troisième volume de Auschwitz et après. Comment as-tu fait en revenant ? Comment ont-ils fait, les rescapés des camps, pour se remettre à vivre, pour reprendre la vie dans ses plis ? C’est la question qu’on se pose, qu’on n’ose pas leur poser. Avec beaucoup d’autres questions. Car si l’on peut comprendre comment tant de déportés sont morts là-bas, on ne comprend pas, ni comment quelques-uns ont survécu, ni surtout comment ces survivants ont pu redevenir des vivants. Dans Mesure de nos jours, Charlotte Delbo essaie de répondre, pour elle-même et pour d’autres, hommes et femmes, à qui elle prête sa voix.
Les deuxième et troisième volumes de la trilogie Auschwitz et après sont respectivement parus en 1970 et 1971 aux Éditions de Minuit.
Alors vous saurez
qu’il ne faut pas parler avec la mort
c’est une connaissance inutile
Une connaissance inutile est le troisième ouvrage de Charlotte Delbo sur les camps de concentration. Après deux livres aussi différents par leur forme et leur écriture que Aucun de nous ne reviendra et Le Convoi du 24 janvier, c’est dans un autre ton qu’on lira ici Auschwitz et Ravensbrück. On y lira plus encore une sensibilité qui se dévoile à travers les déchirements. Si les deux précédents pouvaient apparaître presque impersonnels par leur dépouillement, dans celui-ci elle parle d’elle. L’amour et le désespoir de l’amour – l’amour et la mort ; l’amitié et le désespoir de l’amitié – l’amitié et la mort ; les souffrances, la chaleur de la fraternité dans le froid mortel d’un univers qui se dépeuple jour à jour, les mouvements de l’espoir qui s’éteint et renaît, s’éteint encore et s’acharne...
MESURE DE NOS JOURS
Et toi, comment as-tu fait ? pourrait être le titre de ce troisième volume de Auschwitz et après. Comment as-tu fait en revenant ? Comment ont-ils fait, les rescapés des camps, pour se remettre à vivre, pour reprendre la vie dans ses plis ? C’est la question qu’on se pose, qu’on n’ose pas leur poser. Avec beaucoup d’autres questions. Car si l’on peut comprendre comment tant de déportés sont morts là-bas, on ne comprend pas, ni comment quelques-uns ont survécu, ni surtout comment ces survivants ont pu redevenir des vivants. Dans Mesure de nos jours, Charlotte Delbo essaie de répondre, pour elle-même et pour d’autres, hommes et femmes, à qui elle prête sa voix.
Les deuxième et troisième volumes de la trilogie Auschwitz et après sont respectivement parus en 1970 et 1971 aux Éditions de Minuit.
190 pages, Paperback
First published March 1, 1970
About the author
Charlotte Delbo
18 books43 followersCharlotte Delbo was a French writer chiefly known for her haunting memoirs of her time as a prisoner in Auschwitz, where she was sent for her activities as a member of the French resistance.
Born in Vigneux-sur-Seine, Essonne near Paris, Delbo gravitated toward theater and politics in her youth, joining the French Young Communist Women's League in 1932. She met and married George Dudach two years later. Later in the decade she went to work for producer Louis Jouvet and was with his company in Buenos Aires when Wehrmacht forces invaded and occupied France in 1940.
She could have waited to return when Philippe Pétain, leader of the collaborationist Vichy regime, established special courts in 1941 to deal with members of the resistance. One sentenced a friend of hers, a young architect named Andre Woog, to death. "I can't stand being safe while others are guillotined", she told Jouvet. "I won't be able to look anyone in the eye."
Accordingly she returned to Paris and Dudach, who was already active in the resistance as the assigned courier for the internationally famous poet Louis Aragon. The couple spent much of that winter printing and distributing pamphlets and other anti-Nazi Germany reading material. They became part of the group around communist philosopher Georges Politzer, and took an active role in publishing the underground journal Lettres Françaises.
On March 2, 1942, police followed a careless courier to their apartment, and arrested George and Charlotte. The courier was able to escape from a back window.
Her memoir uses unconventional, almost experimental, narrative techniques to not only convey the experience of Auschwitz but how she and her fellow survivors coped in the years afterwards.
Born in Vigneux-sur-Seine, Essonne near Paris, Delbo gravitated toward theater and politics in her youth, joining the French Young Communist Women's League in 1932. She met and married George Dudach two years later. Later in the decade she went to work for producer Louis Jouvet and was with his company in Buenos Aires when Wehrmacht forces invaded and occupied France in 1940.
She could have waited to return when Philippe Pétain, leader of the collaborationist Vichy regime, established special courts in 1941 to deal with members of the resistance. One sentenced a friend of hers, a young architect named Andre Woog, to death. "I can't stand being safe while others are guillotined", she told Jouvet. "I won't be able to look anyone in the eye."
Accordingly she returned to Paris and Dudach, who was already active in the resistance as the assigned courier for the internationally famous poet Louis Aragon. The couple spent much of that winter printing and distributing pamphlets and other anti-Nazi Germany reading material. They became part of the group around communist philosopher Georges Politzer, and took an active role in publishing the underground journal Lettres Françaises.
On March 2, 1942, police followed a careless courier to their apartment, and arrested George and Charlotte. The courier was able to escape from a back window.
Her memoir uses unconventional, almost experimental, narrative techniques to not only convey the experience of Auschwitz but how she and her fellow survivors coped in the years afterwards.
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Community Reviews
Displaying 1 - 30 of 30 reviews
September 24, 2020
C'est difficile de donner son avis sur un témoignage, encore plus lorsqu'il touche une expérience traumatisante et profondément violente. Je pense cependant qu'il est important de lire Charlotte Delbo et de lire toute sa trilogie. Si le premier tome était vraiment brutal et violent, les tomes suivants sont plus intimes, plus personnels. Il y est davantage question des relations qui se tissent entre les camarades de camps, de cette amitié indéfectible et incomparable.
Charlotte Delbo évoque son quotidien de déportée ("quotidien" me semble un mot bien dérisoire et inadapté), le départ des camps et le retour en France. Pour évoquer cet "après", elle donne la parole à ses camarades, faisant ainsi entendre des expériences singulières et uniques. Elle évoque la difficile (voire impossible) reconstruction, les stratégies mises en place pour tenter de survivre dans cet après qui n'est pas du tout celui qu'elles avaient imaginé.
Une œuvre saisissante.
Charlotte Delbo évoque son quotidien de déportée ("quotidien" me semble un mot bien dérisoire et inadapté), le départ des camps et le retour en France. Pour évoquer cet "après", elle donne la parole à ses camarades, faisant ainsi entendre des expériences singulières et uniques. Elle évoque la difficile (voire impossible) reconstruction, les stratégies mises en place pour tenter de survivre dans cet après qui n'est pas du tout celui qu'elles avaient imaginé.
Une œuvre saisissante.
April 20, 2025
Je suis juste détruite.
Impossible de lire ce livre rapidement, il m'a trop retourné l'estomac. Il y a des détails inimaginables. Si affreux qu'on ne se figure même pas leur existence quand on lit l'histoire de la Shoah de manière plus « classique ». Et au-delà de l'horreur constante dans les camps, la camaraderie et la solidarité entre déporté·es m'a saisie aux tripes. Punaise, le nombre de fois où je me suis retenue d'exploser en sanglots dans le métro…
Merci à Charlotte et à toustes ses camarades pour la transmission de ces mots et de ces souvenirs tragiques, ce sont des dons inestimables… Luttons à leur mémoire 💔💔
Impossible de lire ce livre rapidement, il m'a trop retourné l'estomac. Il y a des détails inimaginables. Si affreux qu'on ne se figure même pas leur existence quand on lit l'histoire de la Shoah de manière plus « classique ». Et au-delà de l'horreur constante dans les camps, la camaraderie et la solidarité entre déporté·es m'a saisie aux tripes. Punaise, le nombre de fois où je me suis retenue d'exploser en sanglots dans le métro…
Merci à Charlotte et à toustes ses camarades pour la transmission de ces mots et de ces souvenirs tragiques, ce sont des dons inestimables… Luttons à leur mémoire 💔💔
February 6, 2025
Absolument bouleversant, d'autant plus dans le contexte actuel...
La troisième partie, Mesure de nos jours, est terrible et magnifique.
La troisième partie, Mesure de nos jours, est terrible et magnifique.
August 19, 2026
Terriblement instructif et doté d'un regard supérieur
August 16, 2026
Je me souviendrai toujours du passage du ruisseau
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May 13, 2026jamais je ne me permettrai d'évaluer des témoignages/mémoires, surtout sur l'Holocauste.
c'est le 3ème livre de Charlotte Delbo que j'ai lu et je suis toujours autant bouleversée par son écriture poignante mais fluide.
ce sont des coups de poing que je me prends à chaque page, chaque poème.. c'est juste époustouflant, et ça ne fait qu'augmenter le respect et l'admiration que j'ai pour cette dame, ainsi que pour tous les autres rescapés des camps..
je ne m'attarde pas sur cet avis, je n'ai que trop peu de mots pour décrire un tel livre,, lisez-le, il est essentiel comme chaque ouvrage écrit sur le "sujet".
S.
c'est le 3ème livre de Charlotte Delbo que j'ai lu et je suis toujours autant bouleversée par son écriture poignante mais fluide.
ce sont des coups de poing que je me prends à chaque page, chaque poème.. c'est juste époustouflant, et ça ne fait qu'augmenter le respect et l'admiration que j'ai pour cette dame, ainsi que pour tous les autres rescapés des camps..
je ne m'attarde pas sur cet avis, je n'ai que trop peu de mots pour décrire un tel livre,, lisez-le, il est essentiel comme chaque ouvrage écrit sur le "sujet".
S.
July 22, 2026
J’ai le cœur meurtri, le texte est encore plus poignant que le premier tome et prend une forme éblouissante (les passages poétiques sont sublimes, ils m’ont émue aux larmes)
October 13, 2023
Encore plus prenants que Aucun de nous ne reviendra, ces deux récits sont bouleversants tant dans l'horreur que dans l'humanité. Mesure de nos jours, dans lequel des rescapé.e.s racontent leur retour à la liberté, m'a particulièrement marquée car on imagine mal à quel point la réintégration dans une vie « normale » est impossible.
August 16, 2025
Creo que es más profundo que el primero en cuanto a vivencias y narraciones personales, aunque en la misma línea, poético y vibrante...! aunque cada vez la lectura se me hace más dura, porque wow... ya sabemos que el holocausto fue un infierno imposible siquiera de concebir por quienes no lo hayamos vivido en primera persona pero sigue rompiendo la cabeza y cada persona que habla de su historia en un campo de concentración arroja un nuevo trocito de horror, parece que nunca dejarás de sorprenderte con el horror vivido por quienes cuentan sus testimonios...
¿Recomendable? Sí, siempre, por supuesto. Estaría bien que sirviese para no repetir la historia, pero eso no ocurre y no ocurrirá... "Quien olvida la historia está condenado a repetirla" es más bien un "Quienes no aprenden de la historia están condenados a repetirla" y ni aún así, aún conociendo, no deja de repetirse(...).
Me quedo con muchas frases de este libro que... 🤯
*No lo di,
me lo arrancó la muerte
y una causa
más fuerte que mi amor (...)
Me preguntaba
por quién
por quién moría,
por cuál de sus amigos
¿Había acaso algún vivo
que mereciera la vida?
*En el infierno
la muerte no es una amenaza (...)
en el infierno
se deja de esperar
en el infierno
no hay esperanza
y la esperanza es angustia.
Por qué decís que es el infierno
esto.
*Hoy se sabe
Desde hace algunos años se sabe
Se sabe que ese punto del mapa
es Auschwitz
Se sabe eso
Y se cree saber el resto.
*Miro el cepillo de dientes...
Forman parte de una vida abolida, la vida en la que uno se lava los dientes.
*Nos aferrábamos a una esperanza que habíamos forjado con piezas tan frágiles, que ninguna de ellas habría resistido el menor análisis, en el caso de que hubiéramos conservado el sentido común. Fue la pérdida del sentido común y la persistencia en la locura de tener esperanza lo que salvó a algunos.
*Cuando escucho a los prisioneros de guerra, por una parte los compadezco por haber sido víctimas de acontecimientos fuera de su alcance, pues mi sensación es la de haber sido víctima por propia elección;
*Diréis que a un ser humano se le puede quitar todo salvo la facultad de pensar y de imaginar. No sabéis. Se puede hacer de un ser humano un esqueleto borboteante de diarrea, quitarle el tiempo para pensar, la fuerza para pensar. La imaginación es el primer lujo del cuerpo que recibe alimentos suficientes...
*Del final del viaje -que ignorábamos cuál sería- no esperábamos nada bueno. Pero estábamos a gusto y disfrutábamos del bienestar sin pensar en lo que vendría después.
*(...) y que no había perdido su aspecto de carretera sin esperanza,
*¿Cómo, por qué se hace uno SS? (...) Nunca habíamos visto en un SS una mirada compasiva,humana. ¿Se despojan del asesino al salir de Auschwitz?
*Desde Auschwitz tenía miedo a perder la memoria. Perder la memoria es perderse, dejar de ser uno mismo.
*Huye. Huye hacia delante. La huida imposible.
*Cada una de nosotras había aprendido por experiencia propia que, aisladas, estábamos indefensas, que era imposible sobrevivir sin las demás.
*Como Ondina, yo sabía que olvidaría, porque olvidar es seguir respirando, seguir recordando, y sabía que hay más distancia entre la vida y la muerte que entre la tierra y el agua a la que volvía Ondina para olvidar.
*Cuando se siegan hombres como espigas
en el verano de la revuelta
cuando se tumba al hombre como a la espiga
con la cara afrontando el acero
a pecho descubierto
de los que habían elegido.
Eso era lo que le hacía tan guapo
haber elegido
elegido su vida, elegido su muerte
Y haber mirado hacia delante.
*"¿No estás aquí con tu verdadero nombre?" "Mi nombre verdadero no lo han sabido nunca, ni siquiera los franceses". "¿Y si hubieras muerto?". "Habría muerto sin estar muerta. Eso es la inmortalidad".
*Esperé pacientemente. El placer verdadero justifica la espera. (...) No me causaba tanto placer como había supuesto. Amargaba. Tendría que volver a acostumbrarme a los placeres, a los sabores...
*La tierra era hermosa por recuperada.
*Vuelvo de otro mundo
a este mundo
del que no había salido
y no sé
cuál es el verdadero
decidme, ¿he vuelto
del otro mundo?
Para mí
aún estoy allí
y muero
allí
cada día un poco más
vuelvo a morir
la muerte de todos los que han muerto...
*Os lo suplico
haced algo
aprended un paso
una danza
algo que os justifique
que os dé derecho
...
porque sería demasiado estúpido
al final
que tantos hubieran muerto
y vosotros vivierais
sin hacer nada con vuestra vida.
*Vuelvo
de más allá del conocimiento
ahora hay que desaprender
tengo claro que de otro modo
no podría seguir viviendo.
¿Recomendable? Sí, siempre, por supuesto. Estaría bien que sirviese para no repetir la historia, pero eso no ocurre y no ocurrirá... "Quien olvida la historia está condenado a repetirla" es más bien un "Quienes no aprenden de la historia están condenados a repetirla" y ni aún así, aún conociendo, no deja de repetirse(...).
Me quedo con muchas frases de este libro que... 🤯
*No lo di,
me lo arrancó la muerte
y una causa
más fuerte que mi amor (...)
Me preguntaba
por quién
por quién moría,
por cuál de sus amigos
¿Había acaso algún vivo
que mereciera la vida?
*En el infierno
la muerte no es una amenaza (...)
en el infierno
se deja de esperar
en el infierno
no hay esperanza
y la esperanza es angustia.
Por qué decís que es el infierno
esto.
*Hoy se sabe
Desde hace algunos años se sabe
Se sabe que ese punto del mapa
es Auschwitz
Se sabe eso
Y se cree saber el resto.
*Miro el cepillo de dientes...
Forman parte de una vida abolida, la vida en la que uno se lava los dientes.
*Nos aferrábamos a una esperanza que habíamos forjado con piezas tan frágiles, que ninguna de ellas habría resistido el menor análisis, en el caso de que hubiéramos conservado el sentido común. Fue la pérdida del sentido común y la persistencia en la locura de tener esperanza lo que salvó a algunos.
*Cuando escucho a los prisioneros de guerra, por una parte los compadezco por haber sido víctimas de acontecimientos fuera de su alcance, pues mi sensación es la de haber sido víctima por propia elección;
*Diréis que a un ser humano se le puede quitar todo salvo la facultad de pensar y de imaginar. No sabéis. Se puede hacer de un ser humano un esqueleto borboteante de diarrea, quitarle el tiempo para pensar, la fuerza para pensar. La imaginación es el primer lujo del cuerpo que recibe alimentos suficientes...
*Del final del viaje -que ignorábamos cuál sería- no esperábamos nada bueno. Pero estábamos a gusto y disfrutábamos del bienestar sin pensar en lo que vendría después.
*(...) y que no había perdido su aspecto de carretera sin esperanza,
*¿Cómo, por qué se hace uno SS? (...) Nunca habíamos visto en un SS una mirada compasiva,humana. ¿Se despojan del asesino al salir de Auschwitz?
*Desde Auschwitz tenía miedo a perder la memoria. Perder la memoria es perderse, dejar de ser uno mismo.
*Huye. Huye hacia delante. La huida imposible.
*Cada una de nosotras había aprendido por experiencia propia que, aisladas, estábamos indefensas, que era imposible sobrevivir sin las demás.
*Como Ondina, yo sabía que olvidaría, porque olvidar es seguir respirando, seguir recordando, y sabía que hay más distancia entre la vida y la muerte que entre la tierra y el agua a la que volvía Ondina para olvidar.
*Cuando se siegan hombres como espigas
en el verano de la revuelta
cuando se tumba al hombre como a la espiga
con la cara afrontando el acero
a pecho descubierto
de los que habían elegido.
Eso era lo que le hacía tan guapo
haber elegido
elegido su vida, elegido su muerte
Y haber mirado hacia delante.
*"¿No estás aquí con tu verdadero nombre?" "Mi nombre verdadero no lo han sabido nunca, ni siquiera los franceses". "¿Y si hubieras muerto?". "Habría muerto sin estar muerta. Eso es la inmortalidad".
*Esperé pacientemente. El placer verdadero justifica la espera. (...) No me causaba tanto placer como había supuesto. Amargaba. Tendría que volver a acostumbrarme a los placeres, a los sabores...
*La tierra era hermosa por recuperada.
*Vuelvo de otro mundo
a este mundo
del que no había salido
y no sé
cuál es el verdadero
decidme, ¿he vuelto
del otro mundo?
Para mí
aún estoy allí
y muero
allí
cada día un poco más
vuelvo a morir
la muerte de todos los que han muerto...
*Os lo suplico
haced algo
aprended un paso
una danza
algo que os justifique
que os dé derecho
...
porque sería demasiado estúpido
al final
que tantos hubieran muerto
y vosotros vivierais
sin hacer nada con vuestra vida.
*Vuelvo
de más allá del conocimiento
ahora hay que desaprender
tengo claro que de otro modo
no podría seguir viviendo.
September 9, 2026
"Vous direz qu'on peut tout enlever à un être humain sauf sa faculté de penser et d'imaginer. Vous ne savez pas. On peut faire d'un être humain un squelette où gargouille la diarrhée, lui ôter le temps de penser, la force de penser. L'imaginaire est le premier luxe du corps qui reçoit assez de nourriture, jouit d'une frange de temps libre, dispose de rudiments pour façonner ses rêves. A Auschwitz, on ne rêvait pas, on délirait."
August 8, 2026
deuxième partie d’auschwitz et après, récit bouleversant d’une expérience horrible, liée par l’autrice à des événements contemporains (de l’écriture).
October 7, 2024
sale de un campo de concentración y lo primero que hace es fumarse un piti a estomago vacío ella es mi real
June 14, 2026
(lu que le tome 2 pour agreg) toujours aussi poignant que le premier, un récit qui prend une forme éblouissante
Read
June 24, 2023On croit tout savoir sur la Shoah, les camps, l’horreur, mais il y a toujours un détail, une histoire particulière qui ajoute à l’impensable, à l’irréconciliable. La scène près de la rivière ici. Et puis il y a ces récits des retours. Une fois encore, des mots si « simples » pour dire tant de souffrance. Et quand il y a le récit d’un retour « réussi » on attend la catastrophe, le péril, l’impossible et aucun ne survient et on est « déçu »?! Comme une incongruité, une erreur dans un programme.
Une phrase reste et c’est étrange car elle n’est liée que par un fil au récit. Celle de la mort de la vieille Alice. Une phrase d’une cruauté inouïe quand j’y repense. Et pourtant elle semble si totalement anodine.
La difficulté pour moi, en tant que lectrice, cette sensation d’être un voyeur, d’écouter un récit atroce et de ne pouvoir offrir qu’un hochement de tête occasionnel. Lire, voir les images et savoir qu’aucune de ces images n’est proche d’une réalité au delà de toute véritable compréhension.
Une phrase reste et c’est étrange car elle n’est liée que par un fil au récit. Celle de la mort de la vieille Alice. Une phrase d’une cruauté inouïe quand j’y repense. Et pourtant elle semble si totalement anodine.
La difficulté pour moi, en tant que lectrice, cette sensation d’être un voyeur, d’écouter un récit atroce et de ne pouvoir offrir qu’un hochement de tête occasionnel. Lire, voir les images et savoir qu’aucune de ces images n’est proche d’une réalité au delà de toute véritable compréhension.
September 6, 2026
📝 Je me suis replongée dans l’univers de Charlotte Delbo avec Une connaissance inutile, et je dois dire que j'en suis encore secouée.
Le format reste très proche du premier tome. Pourtant, j’ai trouvé ce deuxième ouvrage différent, parce que cette fois, une place est davantage donner aux compagnes d'infortune et que l'on peut s'y attacher.
On retrouve la soif, la faim, l’épuisement, la violence. Mais il y a aussi les souvenirs. Ceux qui restent avec une précision presque troublante, et ceux qui disparaissent. Cette idée m’a véritablement marquée parce qu'elle fait quoi ma plus grande peur : perdre quelqu’un une deuxième fois, simplement parce que le souvenir s’efface.
Pour combattre cela, Charlotte Delbo donne des noms. Viva. Lulu. Lily. Eva. Elle raconte les gestes, les caractères, les liens, la mort, mais aussi leur amitié, leur amour, leurs conversations. J’ai eu le sentiment que ce livre leur rendait, à sa manière, une part de ce que le camp avait cherché à leur enlever : leur humanité.
On découvre aussi un autre pan de leur quotidien, avec le travail dans les marais, à la démolition, mais également dans un laboratoire. Et au milieu de l’horreur, il y a des choses qui m’ont presque semblé irréelles : un réveillon de Noël, deux pièces de Molière, des histoires d'amour...
Puis vient Ravensbrück et l’espoir d'un départ. Cette partie du récit m'a émue, puisqu'elle démontre l'étrange ironie qu'ont subit tant de victimes du régime nazi. En lien direct avec Ravensbrück, il y a Georges, le mari de Charlotte, ainsi que cette date du 23 qui revient : date de rencontre, d'exécution puis de libération.
À mesure que l’on avance vers la libération, je m’attendais presque à ressentir du soulagement, mais finalement le départ vers la Suède semble presque aussi loufoque que la période de déportation… Car comment revenir quand tant d’autres ne reviendront jamais ? Cette idée de dette envers ceux qui sont morts m’a beaucoup marquée.
J’ai trouvé Une connaissance inutile moins frontale mais peut-être encore plus intime. Charlotte Delbo m'a aidé à me rappeler que derrière chaque matricule, il y a une vie qui existait avant Auschwitz. À nous de nous en souvenir.
Le format reste très proche du premier tome. Pourtant, j’ai trouvé ce deuxième ouvrage différent, parce que cette fois, une place est davantage donner aux compagnes d'infortune et que l'on peut s'y attacher.
On retrouve la soif, la faim, l’épuisement, la violence. Mais il y a aussi les souvenirs. Ceux qui restent avec une précision presque troublante, et ceux qui disparaissent. Cette idée m’a véritablement marquée parce qu'elle fait quoi ma plus grande peur : perdre quelqu’un une deuxième fois, simplement parce que le souvenir s’efface.
Pour combattre cela, Charlotte Delbo donne des noms. Viva. Lulu. Lily. Eva. Elle raconte les gestes, les caractères, les liens, la mort, mais aussi leur amitié, leur amour, leurs conversations. J’ai eu le sentiment que ce livre leur rendait, à sa manière, une part de ce que le camp avait cherché à leur enlever : leur humanité.
On découvre aussi un autre pan de leur quotidien, avec le travail dans les marais, à la démolition, mais également dans un laboratoire. Et au milieu de l’horreur, il y a des choses qui m’ont presque semblé irréelles : un réveillon de Noël, deux pièces de Molière, des histoires d'amour...
Puis vient Ravensbrück et l’espoir d'un départ. Cette partie du récit m'a émue, puisqu'elle démontre l'étrange ironie qu'ont subit tant de victimes du régime nazi. En lien direct avec Ravensbrück, il y a Georges, le mari de Charlotte, ainsi que cette date du 23 qui revient : date de rencontre, d'exécution puis de libération.
À mesure que l’on avance vers la libération, je m’attendais presque à ressentir du soulagement, mais finalement le départ vers la Suède semble presque aussi loufoque que la période de déportation… Car comment revenir quand tant d’autres ne reviendront jamais ? Cette idée de dette envers ceux qui sont morts m’a beaucoup marquée.
J’ai trouvé Une connaissance inutile moins frontale mais peut-être encore plus intime. Charlotte Delbo m'a aidé à me rappeler que derrière chaque matricule, il y a une vie qui existait avant Auschwitz. À nous de nous en souvenir.
June 20, 2026
Extraits : "J'ai mesuré alors ce-qu'est l'incommunicable et comme il pèse Ils ont à raconter. Nous aurions à dire. Ils racontent le vide de leur attente. Nous ne pouvons pas dire ce que fut l'angoisse de la nôtre. Pour ceux qui étaient à Auschwitz, l'attente était une course devant la mort. Aussi n'attendions-nous pas. Nous nous accrochions à un espoir que nous avions forgé tout de pièces si fragiles qu'aucune n'eût résisté à l'examen, eussions-nous conservé le sens. C'est d'avoir perdu le sens et persisté dans la folie d'espérer qui a sauvé quelques-uns. Ils sont si peu nombreux que cela ne prouve pas. (…) Vous direz qu'on peut tout enlever à un être humain sauf sa faculté de penser et d'imaginer.
Vous ne savez pas. On peut faire d'un être humain un squelette où gargouille la diarrhée, lui ôter le temps de penser, la force de penser. L'imaginaire est le premier luxe du corps qui reçoit assez de nourriture, jouit d'une frange de temps libre, dispose de rudiments pour façonner ses rêves. À Auschwitz, on ne rêvait pas, on délirait."
"Depuis Auschwitz, j'avais peur de perdre la mémoire. Perdre la mémoire, c'est se perdre soi-même, C'est n'être plus soi. (…) jl'avais réussi, au prix d'efforts infinis, à me rappeler cinquante-sept poèmes. J'avais tellement peur de les voir s'échapper que je me les récitais tous chaque jour, tous l'un après l'autre, pendant l'appel. (…)Et voilà que d'un seul coup, j'avais toute une bro chure à apprendre, tout un texte. J'ai appris Le Misanthrope par cœur, un fras ment chaque soir, que je me répétais à l'appel du lendemain matin. Bientôt l'ai su toute la pièce, qui durait presque tour l'appel. Et jusqu'au départ je gardé la brochure dans ma gorge."
Vous ne savez pas. On peut faire d'un être humain un squelette où gargouille la diarrhée, lui ôter le temps de penser, la force de penser. L'imaginaire est le premier luxe du corps qui reçoit assez de nourriture, jouit d'une frange de temps libre, dispose de rudiments pour façonner ses rêves. À Auschwitz, on ne rêvait pas, on délirait."
"Depuis Auschwitz, j'avais peur de perdre la mémoire. Perdre la mémoire, c'est se perdre soi-même, C'est n'être plus soi. (…) jl'avais réussi, au prix d'efforts infinis, à me rappeler cinquante-sept poèmes. J'avais tellement peur de les voir s'échapper que je me les récitais tous chaque jour, tous l'un après l'autre, pendant l'appel. (…)Et voilà que d'un seul coup, j'avais toute une bro chure à apprendre, tout un texte. J'ai appris Le Misanthrope par cœur, un fras ment chaque soir, que je me répétais à l'appel du lendemain matin. Bientôt l'ai su toute la pièce, qui durait presque tour l'appel. Et jusqu'au départ je gardé la brochure dans ma gorge."
July 26, 2026
Wow.
Un témoignage saisissant (le mot est si faible) sur la survie d'une femme et de ses camarades à Auschwitz, ainsi que leurs vies d'après, leur retour. Tout simplement bouleversant.
Charlotte Delbo s'exprime avec une justesse qui prend aux tripes. Elle donne des détails, des réflexions intérieures qui sont désarçonnant d'horreur. Aucune fiction sur la Shoah ne pourrait retranscrire ça.
Je pense qu'on ne peut juste pas comprendre même avec toute l'empathie du monde, ce que c'est que la réalité des camps de concentration, et devoir revenir à la vie "normale" après, à une époque où la santé mentale et l'accompagnement psychologique étaient inexistants. C'est trop.
J'ai adoré qu'elle laisse aussi la parole à ses camarades, chacun.e a pu partager son expérience personnelle du retour.
Un récit autobiographique primordial à lire même si extrêmement dur. Au même titre que le premier tome de cette trilogie.
Un témoignage saisissant (le mot est si faible) sur la survie d'une femme et de ses camarades à Auschwitz, ainsi que leurs vies d'après, leur retour. Tout simplement bouleversant.
Charlotte Delbo s'exprime avec une justesse qui prend aux tripes. Elle donne des détails, des réflexions intérieures qui sont désarçonnant d'horreur. Aucune fiction sur la Shoah ne pourrait retranscrire ça.
Je pense qu'on ne peut juste pas comprendre même avec toute l'empathie du monde, ce que c'est que la réalité des camps de concentration, et devoir revenir à la vie "normale" après, à une époque où la santé mentale et l'accompagnement psychologique étaient inexistants. C'est trop.
J'ai adoré qu'elle laisse aussi la parole à ses camarades, chacun.e a pu partager son expérience personnelle du retour.
Un récit autobiographique primordial à lire même si extrêmement dur. Au même titre que le premier tome de cette trilogie.
July 18, 2025
Copio y pego mi comentario del primer libro -Ninguno de nosotros volverá- porque cuando termino de leerlo no me quedan palabras. Me sorprende como hechos tan horribles se escriban con tanta belleza y crudeza a partes iguales. Grande, Delbo; muy grande.
Es un libro que, al leerlo, te atraviesa el alma: susurra lo indecible con una belleza fría como un puñal. Fragmentos que golpean por su dureza, pero son necesarios para no olvidar.
Es un libro que, al leerlo, te atraviesa el alma: susurra lo indecible con una belleza fría como un puñal. Fragmentos que golpean por su dureza, pero son necesarios para no olvidar.
August 3, 2025
és un llibre dur, pel tema que tracte i al fer -lo en primera persona fa que et trobis més dins de la història. el vocabulari es fàcil encara que a estona hi ha un vocabulari en desús. li falta una estrella perquè yn trobo una mica desordenat
December 13, 2025
Nunca había visto así expresado el sentido de la deshumanización. La corporalidad se le arrebata a uno al entender el límite entre el yo vivo y la muerte, que no existe en esta novela tan desgarradora. Delbo, magnífica.
May 30, 2026
Je mets 5 étoiles pas parce que j'ai passé un bon moment, parce que lire ce livre était atroce. Mais parce que ces témoignages sont importants et qu'être témoin de ces horreurs est important. Je pense que je les images de ce livre sont implantées à jamais dans ma mémoire. Plus jamais ça.
October 13, 2021
Estoy destrozada - parte 2
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January 7, 2023Texte "Les hommes" : parle du fort de Romainville et du 20 septembre 1942.
December 26, 2025
Une lecture indispensable, notamment sur l'après et l'impossible retour.
May 31, 2026
La même revue que le T1, en bien moins encore.
August 29, 2026
Je n'ai lu que la première partie du deuxième tome qui est donc la deuxième partie au total (vous comprenez ?). Toujours aussi intéressant et "agréable" à lire.
June 15, 2013
Deuxième tome de la série, peut-être moins choquant d'être le second mais tellement plus touchant, car après le regard porté sur le corps comme prison fragile, ici est ici montré l'enfer et/ou le pouvoir du coeur et de l'âme. Extrait : "Vous direz qu'on peut tout enlever à un être humain sauf sa faculté de penser et d'imaginer. Vous ne savez pas. On peut faire d'un être humain un squelette où gargouille la diarrhée, lui ôter le temps de penser,le force de penser. l'imaginaire est le premier luxe du corps qui reçoit assez de nourriture, jouit d'une frange de temps libre et dispose de rudiments pour façonner ses rêves."
February 25, 2025
j'ai lu les trois tomes sur auschwitz je pensais le lire pour une raison particulière mais j'ai trouvé des choses que je cherche des fois partout dans les livres dans les films et dans tout le reste je sais pas à quel point c juste de dire ça de témoignages de camps mais ça va tellement plus loin et en même temps pas du tout en bref j'ai trouvé quelque chose que je pensais pas trouver et pourtant je savais que j'allais trouver des choses j'y reviendrai j"y reviendrai au fil des années
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April 1, 2024Texte d'ouverture (Les Hommes) : lié à Léonce.
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