Imaginez une BD. C’est fait ? Ok, maintenant enlevez tout scénario ne tenant pas en moins d’une page. Enlevez le texte aussi, c’est superflu. Bien. Enlevez à présent tout excès de dessin, c’est-à-dire ne gardez que les lignes qui permettent d’identifier clairement ce que vous voyez. Voilà, mais ce n’est pas fini : ne prenez pas le luxe de grandes cases ou de géométries variables, adoptez plutôt… 60 petites cases carrées et collées par page. Là. Vous y êtes !
Si tu as déjà entendu parler de Lewis (Les formidables aventures de Lapinot, Donjon, Ralph Azham, L’Atelier Mastodonte…) ça ne t’étonne peut-être pas tellement : il est en effet un des cofondateurs de l’Association et de l’OuBaPo (équivalent BD de l’OuLiPo). Certains diront même que c’est un génie qui se révèle sous la contrainte, un maitre dans l’art. C’est sans doute pour ça qu’on peut retrouver Mister O et Mister I (oui, c’est le deuxième tome) traduits dans plusieurs langues.
Pour se recentrer quelque peu sur la BD, c’est un peu comme un Game Over au final : toujours le même héros, le même but (ici de passer un ravin) et le même inéluctable échec… sauf à la dernière planche. Mais je ne vais pas te spoil. Quant à la narration, certaines planches sont vraiment drôles, d’autres sympas. En revanche, tout lire d’un coup peut être plutôt indigeste. Je finirai par louer certains passages où il suffit au lecteur de quelques cases, anodines mais efficaces, pour s’imaginer un petit film d’animation ou voir le personnage passer d’une case à l’autre.