Happé , hypnotisé, fasciné, détourné, vicié, dénué de sens, baigné dans un univers empli de gadgets épouvantablement coûteux mais totalement absurdes, en voie d'abêtissement par coups de matraquage quotidien avec un seul son de cloche ( technolâtrie ou le culte de la technologie) L'homme moderne est pris dans un engrenage sans répit du progrès technique.
Cela me mène à réfléchir sur la double problématique : est ce que la technique est au service de de l'homme ou elle continue de l'asservir !?
Ce manuel de référence se dresse comme un véritable miroir des maux qui minent la société technicisée que nous connaissons aujourd'hui. À partir duquel Jacques Ellul se lance dans un long cheminement intellectuel pour fustiger le discours tenu par tous les intervenants que ce soient des technologues ou des technocrates qui ne cessent d'adopter une longue litanie à propos de l'émergence de la technique comme seule et unique voie vers l'épanouissement personnel et collectif des individus.
Dévoilant au grand jour ses revers et ses dérives qui sont intimement liées à toute invention: l'ambivalence / l'imprévisibilité / absurdité/ gaspillage sont les principaux vices latents.
Un livre qui date depuis plus de 37ans. Or, ses propos sont toujours d'actualité ce qui reflète souverainement l'avant-gardisme de son auteur. Je le recommande vivement.
*Quelques extraits :
" Tout progrès technique se paie "
" Mais sur ces informations, il y en a 999 sur 1 000 qui ne me concernent en rien, cependant, elles frappent aux yeux, aux oreilles, elles m’assaillent car elles sont faites exactement pour m’obliger à me sentir concerné, pour déterminer en moi des sentiments, des idées, des adhésions ou répulsions, et finalement m’engager dans une action, en modifiant mon opinion, attitude ou comportement. Ces informations peuplent mon imagination et mon inconscient, elles constituent un panorama mental dans lequel je suis obligé de me situer. Il est extraordinaire que, pour l’information, comme pour l’énergie et les marchandises, on ne se pose aucune question sur la valeur de la profusion. Quand on veut mesurer la culture d’un peuple, on évalue le nombre de journaux à sa disposition et les émissions de radio."