C'est un très curieux mélange de roman historique et thriller policier, qui se déroule durant les derniers jours de la Commune de Paris, la "Semaine sanglante" du 21 au 28 mai 1871. En bref : lorsque les obus et les troupes de l'armée de Versailles détruisent les barricades et les immeubles, en massacrant les défenseurs de la Commune, un ouvrier relieur récemment nommé agent de la Sûreté de la Commune, cherche à retrouver et sauver une demoiselle en détresse, une belle jeune ambulancière enlevée par des criminels monstrueux pour son commerce d'esclaves sexuelles. Pendant ce temps, son mari, sergent de la Garde nationale, se bat avec héroisme contre les Versaillais, d'une barricade à autre, dans une tentative futile de sauver la Commune.
Les scènes d'enlèvement, de brutalité et d'humiliation de l’ambulancière et beaucoup d'autres jeunes filles sont à couper le souffle, mais peu probables dans ces jours de panique et de lutte, quand ni les plus horribles malfaiteurs n'auront ni le temps ni l'occasion pour continuer leurs routines diaboliques. En revanche, les vraies souffrances des gardes nationaux et des civils victimes de l’assaut sont décrites de manière frappante. Le Colle fait sentir au lecteur la peur, la douleur et l'excitation, frissonner dans la boue humide, glisser dans les flaques de sang et sentir la poudre à canon, les poutres qui brule, et la pourriture des nombreux cadavres. En cela, la description sensuelle, il est brillant.