"Tu verras, cela ressemble aux grands récits de Ken Follett", m'avait dit l'amie Est'l, avec laquelle nous partageons souvent les mêmes affinités littéraires.
Pas déçu! Similitudes mais une approche différente, plus développée encore que chez Follett. Falcones le Barcelonais a dû effectuer des recherches historiques approfondies et passionnantes sur le siglo catorce de la Catalogne et des environs méditerranéens. Deux grands thèmes: l'immonde domination de la bourgeoisie hautaine et paresseuse sur le peuple, les serfs, les esclaves, et celle aussi écoeurante et plus encore hypocrite de l'église catholique, sans relâche à la recherche de fortunes, de biens les plus divers, sous le couvert d'une foi imposée aux autres mais jamais à elle. Avec la pratique de l'inqusition, qui naquit deux siècles avant les autres en Catalogne avant de se répandre en Castille et dans le reste de l'Espagne avec une délectation morbide de ses moines noirs sordides, bien sponsorisés par le Vatican, qui y puisait une énorme ressource de revenus faciles.
J'ai énormément apprécié la description technique fouillée des pratiques de commerces, des formes de prêts, des taux de change déjà manipulés.
Pour suivre au mieux les ramifications, les alliances et désalliances politiques, j'ai souvent dû avoir recours aux dictionnaires et encyclopédies, pas simple de suivre toutes ces imbrigations de petites royautés, duchés, comtés, l'aide de quelques notes facilite. Mais j'y ai pris plaisir et intérêt.
Point commun total avec Follett: ces analyses historiques sont lovées dans les histoires amoureuses complexes du héros au grand coeur. J'aime un peu moins, mais Falcones a écrit un roman, une fiction, donc assez attendu et normal. Et ses personnages sont fouillés, vivants, humains, anges et démons mêlés.