J’ai découvert la plume de Tamara McKinley en avril dernier avec son roman La dernière valse de Mathilda. Si j’avais eu un peu de mal à entrer dans l’histoire en raison de descriptions relatant des événements difficilement acceptables et de chapitres particulièrement longs, j’avais finalement pris beaucoup de plaisir à me plonger dans cette saga familiale pleine de secrets et de rebondissements inattendus. En optant pour la lecture de La Route de Savannah Winds, j’espérais avoir le même coup de cœur. Malheureusement, cela n’a pas été le cas. Pourtant, j’ai pu retrouver un bon nombre d’éléments qui auraient dû me convaincre. Je vous explique cela plus en détails dès à présent.
Contrairement à La dernière valse de Mathilda, je me suis rapidement intéressée aux personnages et à l’intrigue. En effet, les chapitres avaient du rythme et les bases de l’histoire ont rapidement été annoncées. Cependant, pour une raison inexpliquée, les points de vue utilisés dans la narration se sont multipliés, rendant la compréhension parfois complexe. Les sous-intrigues qui se sont ajoutées d’un chapitre à un autre ne m’ont pas toujours semblé justifiées et ont, en quelque sorte, éclipsé l’impact qu’aurait dû avoir l’intrigue principale sur le lecteur. En s’éparpillant ainsi, j’ai eu la sensation que l’auteure avait bâclé le véritable sujet du roman, à savoir l’héritage de Fleur et sa découverte de Savannah Winds. Finalement, à mes yeux, ce ranch qui donne son nom au titre du livre n’est qu’un prétexte pour aborder d’autres sujets, pas toujours en lien avec ce qui était annoncé au départ et dans la quatrième de couverture. Cela donne lieu à des chapitres avec une construction saccadée et de longues descriptions, qui peuvent avoir tendance à perdre l’attention du lecteur.
De plus, j’ai trouvé cela dommage que la construction du récit soit quasiment la même que celle de La dernière valse de Mathilda. Les deux romans pourraient être superposés, seuls les personnages changent. Les éléments de base de l’intrigue sont sensiblement les mêmes : un héritage sorti de nulle part, une jeune femme qui ne se plait pas dans son quotidien, un retour dans le passé grâce à des lettres ou journaux intimes et une famille retrouvée. J’ai eu la sensation de faire face à un copier-coller de son premier roman.
Côté protagonistes, j’ai regretté qu’il y en ai autant qui interviennent dans le roman, alors qu’ils ne jouent pas forcément un rôle déterminant dans l’intrigue. Je pense notamment à Mélanie, Bethany et Margot, qui sont plus agaçantes qu’autre chose. Plutôt que de mettre l’accent sur leur quotidien, qui ne sert pas la quête de Fleur, il aurait été plus adapté de développer le passé d’Annie, de Sam ou encore de Selina, afin que l’on comprenne davantage l’importance de l’héritage légué à l’héroïne. Je suis également restée sur ma faim au sujet de Blue. L’explication donnée par l’auteure m’a laissée perplexe, je dois bien le reconnaître.
Enfin, j’ignore si cela vient de la traduction ou si l’auteure s’exprime réellement ainsi, mais il y a certaines tournures de phrases et expressions qui m’ont vraiment dérangée. Je pense notamment aux appellations utilisées pour qualifier des personnages homosexuels ou aborigènes. Cette maladresse a, à plusieurs reprises, parasité ma lecture.
En définitive, j’ai été plutôt déçue par ce roman. Alors que le potentiel était vraiment présent pendant les premiers chapitres, l’auteure a pris des décisions pour son récit qui ne m’ont pas du tout convaincue. J’ignore si mes attentes étaient trop élevées après mon coup de cœur de La dernière valse de Mathilda, mais je reconnais que La Route de Savannah Winds m’a semblé moins percutant.