« Histoire dramatique, pittoresque et caricaturale de la sainte Russie d’après les chroniqueurs et historiens Nestor, Nikan, Sylvestre, Karamsin, Segur etc... etc... etc... ». Son titre complet résume à lui seul une bonne part de ce récit fleuve et débridé (près de 500 gravures) dessiné pendant la guerre de Crimée qui opposa la Russie à l’empire ottoman et ses alliés, dont la France de Napoléon III. C'est donc animé d'un élan patriote que le jeune Doré, alors âgé de 22 ans, se lance dans cette histoire iconoclaste, volontiers outrancière et farouchement parodique. Mais de trouvailles narratives en audaces graphiques, il transcende pleinement sa charge pamphlétaire et pose là un jalon essentiel dans l'histoire de la bande-dessinée. 40 ans avant La Famille Fenouillard de Christophe, 70 ans avant Krazy Kat d'Herriman, Doré donne ici toute la mesure de sa géniale exubérance. Dépassant largement la simple curiosité patrimoniale, cette oeuvre témoigne surtout d'une inventivité et d'une liberté qui n'a rien à envier aux travaux les plus expérimentaux de la bande-dessinée contemporaine. Depuis sa publication voilà 160 ans, aucune réédition n'a pu s'appuyer sur une édition originale complète ; il s'agit donc ici de la première réédition intégrale et fidèle de ce chef d’oeuvre inconnu.
The most popular and successful French book illustrator of the mid 19th century. Doré became very widely known for his illustrations to such books as Dante's Inferno (1861), Don Quixote (1862), and the Bible (1866), and he helped to give European currency to the illustrated book of large . He was so prolific that at one time he employed more than forty blockcutters. His work is characterized by a rather naïve but highly spirited love of the grotesque and represents a commercialization of the Romantic taste for the bizarre. Drawings of London done in 1869-71 were more sober studies of the poorer quarters of the city and captured the attention of van Gogh. In the 1870s he also took up painting (doing some large and ambitions religious works) and sculpture (the monument to the dramatist and novelist Alexandre Dumas in the Place Malesherbes in Paris, erected in 1883, is his work).
Ce livre est un ouvrage de propagande satirique paru en 1854, abondamment illustré par Gustave Doré, en pleine Guerre de Crimée (1853-1856). Ce conflit opposa l’Empire Russe de Nicolas Ier à une coalition formée par l’Empire Ottoman, l’Angleterre Victorienne, et l’Empire Français de Napoléon III. Il finit par une victoire de la coalition (♫). Il s’agissait alors d’empêcher coûte que coûte la Russie de s’emparer du détroit du Bosphore et des Dardanelles : les anglais voulaient protéger la route des Indes, et les français honoraient l’engagement au côté de leur allié naturel depuis plusieurs siècles, la Turquie. Cet ouvrage, qui présente histoire russe complètement outrée, respire donc le nationalisme belliciste, voir même revanchard, puisque le souvenir de la retraite de Russie en 1812 est encore vif (Y): il s’agit de venger l’honneur des grognards, vaincus par la rigueur de la nature plus que par la valeur des soldats russes. Enfin, les « cosmopolites » et les pacifistes sont conspués comme des traitres sans principes ni honneur.
Tous les moyens sont bons pour tourner en ridiculise la monarchie russe : le pastiche (de Rabelais), la satire (du pédantisme universitaire, avec des citations archi-connues, et des références absurdes à n'en plus finir), la chanson (le bon roi Dagobert), la caricature, les calembours, l’invective, le ridicule, la gaudriole, l’exagération, l’absurde ; tout pour inspirer au lecteur un franc mépris pour les czars, présentés comme des barbares incultes, tyranniques, cruels, lascifs, présomptueux, violents et stupides. L’idée fixe de ces monarques est de faire main basse sur l’Empire Turc et sur l’Europe, mais leurs entreprises tournent court systématiquement. A côté d’eux, les Français se sentent vain d’appartenir à une nation fière et libre. Bref, nos soldats vont vraisemblablement n’en faire qu’une bouchée. En fait, cette guerre sera horriblement meurtrière, non seulement à cause des combats, mais surtout à cause des maladies. La France et la Russie seront finalement alliées à partir de 1892.
C’est un document historique assez intéressant, mais il est difficile de prendre un plaisir sans mélange à sa lecture, car tout n’est pas du meilleur goût. Si par moment, la satire peut arracher un sourire, elle est assez souvent bête et potache. Enfin, ces sortes d’ouvrage peuvent être de circonstance en cas de conflit : tout est bon pour rendre l’adversaire méprisable, et inspirer par ce moyen confiance au pays et aux troupes. Cela m’a en tout cas donné envie d’en connaître plus non seulement sur cette guerre du Second Empire que je connais très mal, mais aussi sur les autres conflits de cette période, comme la campagne d’Italie (Solférino), l’expédition de Cochinchine , du Mexique , de Syrie, et bien sûr la guerre de 1870. ["br"]>["br"]>["br"]>["br"]>
Mniej tu mojego zachwytu, niż ciekawości. No bo jak nie być ciekawym dzieła XIX-wiecznego prekursora komiksów (choć "Dzieje" do końca komiksem nie są) z tak kapitalną grafiką. Poza tym tematyka też jest zachęcająca, gdyż jest w zasadzie zbiorem wyobrażeń Francuzów na temat Rosji w tamtym czasie. Szkoda tylko, że całościowo nieco nuży, więc proponuję dawkować. W każdym razie warto, bo to perełka dla archeologów
I know and admire Doré for the gorgeous illustrations he did for almost every chapter in history of literature: the Holy Bible, Perraults fairy tales, Don Quixote, Paradise Lost, Edgar Allan Poe... and also for his beautiful engravings of 19th century London. What I didn't know was that he made caricatures for the French paper 'Le Journal pour rire' in his youth. In the late 1840s and early 1850s he made several text comics - and The History of Holy Russia is one of those. I suppose it is even funnier when you know some of the Russian history (which I don't) and it was probably best at the date of publication, when the Napoleanic Invasion of 1812 was only 32 years ago and France and Russia were opposing each other in the Crimean War. But even without that, the way Doré plays with picture and text is very clever and makes this a very enjoyable work.
The editor calls this book "more than an intriguing and amusing curiosity, it is a work of permanent fascination." Fair play. This is a satirical history of Russia (ooh, it's nasty and hateful!) done by French graphic artist Gustave Dore in the mid-19th century. Essentially, it's an early comic book. The drawings and accompanying text (in translation) are funnier (and harsher) than I'd anticipated. Definitely fascinating.
The illustrations range from sketches to fully detailed full page drawings. The storytelling is done through a few sentences per image to songs and full paragraphs. The pages are actually laid out like a modern comic, which I didn't expect. Still, more interesting as a piece of history than anything else. Maybe the satire would work better if I knew more about the era going in, although I did like how Ivan the Terrible's reign was represented as a full page ink spill.
A nivel estético, y de calidad de dibujo: una obra tremendamente buena y bella. A nivel de contenido: Un libelo de propaganda anti-rusa fruto de la Guerra de Crimea, difícil de coger por lado ninguno.