Waouh... mais quelle claque. Mon cœur reste encore déchirée. Parce que je crois, et je suis même sûre, que les histoires d'amour qui marchent le mieux avec moi sont celles qui vont poignardent, qui vous prennent au trippes, sont celles pour lesquelles vous sentez la fin mais ne voulez pas la regarder en face. Et cette BD splendide va bien au-delà.
On suit l'histoire des tous les habitants d'un immeuble. Judith, et Léon, son mari violent et protecteur, Simone et ses envies de liberté, toujours accompagnée de Joséphine, qui se prostitue pour gagner un peu d'argent. Il y a Camille, le père de Simone, plein de bons conseils, d'une gentillesse inégalable, et sa femme André, dure mais touchante. Henriette, cette femme lugubre, sénile, que personne ne comprend vraiment, qui va se révéler petit à petit, et puis Sarah et Anaël, les deux juifs de l'immeuble. Et enfin, ceux que l'on suit le plus : Lucien, et sa mère, Rose, qui, un jour, alors que son mari Raymond est à la guerre, va rencontrer Mark, un soldat allemand, et c'est le coup de foudre. Mais c'est aussi la collaboration horizontale.
Et j'ai vibré avec eux. J'ai vibré aux envies de liberté et d'émancipation de Simone, j'ai vibré aux côtés de Camille qui voit le monde à sa façon, j'ai vibré quand Henriette se dévoilait de plus en plus. Mais surtout j'ai vibré avec Mark et Rose, leur amour naissant, puis leur amour dévorant, un amour que rien ne peut arrêter. Ils se sont aimés éperdument, sans frontière et sans relâche, et c'était magnifique à lire. Les dessins, d'une rare beauté et finesse, dévoilait ces sentiments poétiquement, à travers des illustrations splendides. Et je les ai aimés de tout mon cœur, moi aussi, ces deux tourtereaux éperdus que tout oppose, mais qui, malgré tout, bravent tous ces interdits et ces distances pour quelques moments ensemble.
Mais j'ai eux les larmes aux yeux aussi, le cœur brisé, parce que je le savais, mais je ne voulais pas voir en face. Mais pourtant, c'est une fin splendide, encore une fois d'une rare finesse.
Plus encore, ce livre respecte aussi l'Histoire, cette parenthèse enchantée ne dénature en rien le côté historique, et c'est ce qui le rend d'autant plus intéressant, car on sait qu'il y a des personnes, à cette époque qui ont vécu ça.
Alors, Rose, Mark, mon cœur et mon corps restent avec vous. Je pense que je reviendrai, encore et encore vous rejoindre, vous relire, pour encore une fois observer cet immeuble, ces idéaux, ces habitants, mais surtout vous et votre amour si beau.