Un roman osé, brillant et passionnant qu’est « Interfeel » d’Antonin Atger.
Dans un futur (peut-être pas si éloigné), les hommes, les femmes et les enfants vivent grâce à leurs opales, un caillou avec des propriétés incroyables et le réseau d’Interfeel. Grâce à ces nouvelles inventions, il n’est plus nécessaire de deviner les sentiments des autres : grâce à Interfeel les émotions sont accessibles par tous. Il n’y a plus d’ambiguïté lors de discussion, plus besoin de mentir, d’être en colère ou d’être jaloux. Ces émotions n’existent plus, et pour cause ! Percevoir ce que les autres ressentent permet d’adapter notre comportement face à la situation, permet de comprendre et d’être compris plus facilement.
Un futur paisible, que demander de mieux ?
Mais les choses ne sont pas si simples.
Les émotions et les sentiments sont les choses les plus difficiles à gérer et à comprendre. Elles nous comprennent mieux que nous nous comprenons nous-même. Elles font nos caractères, nos affinités et nos disputes. Elles font de nous des êtres capables de ressentir, de partager et d’aimer. Alors, qu’arrive-t-il quand nous ne possédons plus vraiment nos émotions ? Quand nous sommes incapables de vivre sans un réseau qui nous dit qui ressent quoi ?
C’est à toutes ces questions qu’Antonin Atger répond à travers Interfeel, un roman subtil et audacieux.
Si le personnage principal est Nathan, un jeune homme de 16 ans qui découvre petit à petit tous les secrets de cette société pas si parfaite, il n’est pas tout seul. Nathan évolue grâce à tous les autres personnages qui évoluent aussi autour de lui. Il y a Hanek, un jeune homme à qui tout réussit et qui veut toujours être le plus fort. Il y a Adila, cette jeune femme qui voit déjà sa vie tracée, sans encombre. Il y a Lydia, qui a un passé très lourd et qui va néanmoins accompagner ses amis dans des situations compliquées. Il y a Nathem, qui ne peut pas vivre sans Interfeel. Il y a Elizabeth, qui a décidé de ne pas se laisser asservir par l’opale et Interfeel et qui va aider Nathan dans sa quête de la vérité. Il y a aussi le Tatoueur, un homme mystérieux qui semble avoir un pouvoir puissant, mais qui reste terrer quelque part.
Tous les personnages sont indispensables pour que cette histoire soit aussi brillante. Chacun découvre à sa manière comment est le monde sans Interfeel. Mais tous veulent en savoir plus et surtout se battre contre un méchant vraiment vicieux et qui ne lâche pas l’affaire.
Le commissaire est un homme froid, calculateur, méchant et impassible. Pour atteindre son but, il n’hésite pas à s’en prendre à des adolescents, ni à manipuler tous ceux qui l’entoure.
Pour le coup, j’ai trouvé que c’était un méchant très réussi.
Bref, Interfeel est un roman incroyable qu’il faut lire. Il nous fait réfléchir sur notre façon de penser, sur notre société, sur nous-même. Il n’est pas juste une histoire, il invite à une réflexion et à une discussion. Ce n’est pas un futur qui nous semble impossible, donc quand on suit l’aventure de Nathan, on ne peut que s’identifier et se demander comment on réagirait à sa place.
Le retournement de situation imprévisible à la fin du roman remet tout en cause, et on veut une suite !