Alors, c’est intéressant de découvrir des femmes en avance sur leurs temps, s’armant de courage et défiant les codes sexistes et patriarcaux de l’époque. Et, bien que certains semblent avoir été refroidi par la brièveté de chaque présentation, ce n’est pas mon cas, car ce livre semble avoir pour ambition de faire découvrir plutôt superficiellement un grand nombre de ces femmes voyageuses. Par contre, ce qui m’a vraiment dérangé, c’est la vision absolument ethnocentrée et orientaliste retranscrite. Non seulement toutes ces femmes sont occidentales, mais elles voyagent par le biais et parfois pour le bien de la colonisation, et les rares fois où cet aspect est explicitement traité et visibilisé dans le livre, c’est loin d’être une critique. On salue le courage de ces femmes s’aventurant dans des terres “inconnues” et “inexplorées” (alors même que des peuples autochtones y vivent parfois…) et on sourie de leurs manières de grande dames qui franchement paraissent par moment plus arrogantes et hautaines que drôles. Dans ce livre, on n’accorde que très peu d’intérêts aux populations locales rencontrées par ces exploratrices, si ce n’est pour souligner des manières rustres ou leurs violences, ou leur besoin et gratitude d’être aidées par un occidental, alors qu’au même moment rien dans les attitudes et comportements colonialistes et racistes de ces femmes n’est critiqué. En somme, ce n’est pas le fait que les auteures ait choisi de retranscrire les vies de ces femmes que je critique, car après tout cela fait partie de notre histoire et que fermer les yeux sur le passé colonial et raciste de l’occident n’est pas seulement inutile mais aussi dangereux et néfaste. Ce qui est déplorable selon moi c’est bien l’absence totale de critiques objectives sur cet aspect. Les innombrables louanges à l’égard de ces femmes exploratrices témoignent pourtant du fait que les auteures s’autorisaient bien à faire un jugement de valeur et d’apporter un aspect critique à leur livre.