« Je suis un apparatchik. Dans mon monde, les politiques et les apparatchiks vivent ensemble. Ni les uns, ni les autres ne peuvent survivre seuls. L’apparatchik, c’est un guerrier qui sert un maître, un professionnel qui connaît son milieu, qui utilise ses armes, qui pare les coups qu’on veut porter à son patron. C’est un mécanicien, un organisateur, un inspirateur, un souffleur. C’est le bras, les oreilles, les jambes et parfois le cerveau du politique. » Après la victoire de son « patron » à la primaire, le premier conseiller s’engage avec ferveur dans la campagne présidentielle. L’équipe de campagne est pareille à l’Etat-Major d’une armée. Chacun connaît son rôle : Marilyn, l’attachée de presse, la Valkyrie, l’organisatrice des meetings, le petit Caligny, le plus jeune des conseillers, le Major, le directeur de campagne, et Démosthène, l’intellectuel, qui rédige les discours. Le Conseiller a sacrifié sa vie pour ce moment et ce combat. Il croyait tout connaître de son rôle, jusqu’aux compromis et aux renoncements. Mais rien ne pouvait le préparer à ces mois de campagne, aux trahisons dont seuls sont capables ceux qui convoitent à tout prix le pouvoir. Surtout, il doit faire face aux soupçons de fraude qui entachent la victoire de son patron à la primaire et qui pour la première fois l’oblige à questionner l’honnêteté de son candidat et par là même le sens de cette vie militante. Le portrait saisissant, et d’une terrible humanité, de tous ceux qui se consacrent à la vie politique et en maîtrisent les arcanes, à travers l’intimité d’un homme, héros solitaire, souvent dans l’ombre, toujours oublié : le premier des conseillers.
Edouard Philippe et Gilles Boyer ont longtemps été les conseillers de l'ombre d'Alain Juppé. L'un a franchi le pas en devenant maire puis député du Havre. L'autre est resté un "apparatchik". Délicat de dire auquel des deux le héros, très largement autobiographique, de leur polar écrit à quatre mains, emprunte le plus. D'autant plus délicat quand on connait personnellement les deux auteurs. Edouard Philippe et Gilles Boyer ont voulu raconter leur travail auprès de leur "patron". Et pour rendre cette narration captivante, ils ont eu recours à une vieille recette éprouvée : le roman policier. On est à la veille d'une élection présidentielle : le "Patron" a emporté de justesse les primaires face à "Trémeau", sorte de Martine Aubry de droite. Il semble bien parti pour défaire le candidat de gauche. Mais son bras doit apprend que les primaires auraient été truquées. Si une telle révélation était ébruitée, son Patron ne s'en relèverait pas. Cette intrigue est le prétexte à une description acérée des entourages politiques : ces conseillers, ces communiquants qu'unit à leur Patron une relation complexe, faite d'une fascination admirative, d'une loyauté quasi-inébranlable et d'un cynisme désabusé. Sans doute le héros, trop courageux dans l'adversité, trop séduisant face au sexe faible, affiche-t-il une autosatisfaction suspecte. Mais c'est la règle du genre. On se tromperait en imaginant que ce polar est un roman à clés destiné à quelques rares initiés seuls capables d'en identifier les portraits chinois. A partir de leurs expériences, les deux auteurs ont écrit une oeuvre de fiction qui renseigne sur les moeurs politiques en s'abstrayant de la vie politique. Du coup, "Dans l'ombre" se distingue de ces livres politiques déjà périmés sitôt publiés dont le seul intérêt réside dans les anecdotes déjà éventées qu'ils distillent. "Dans l'ombre" ne fait référence à aucune actualité, à aucune personnalité précise. Il pourrait se dérouler en 2007, en 2012 ... ou en 2017. Son intemporalité n'est pas la moindre de ses qualités.
Edouard Philippe et Gilles Boyer reforment leur duo d'écriture pour ce roman qui décrit les coulisses d'une campagne présidentielle fictive. Le narrateur est en effet le conseiller le plus proche du "Patron", candidat de droite à l'élection présidentielle.
L'intrigue tourne autour de soupçons de fraude lors des primaires remportées par le Patron et les répercussions de cette affaire sur la campagne et sur l'équipe qui entoure le candidat. Cette équipe est décrite à travers des surnoms censés nous les décrire, comme par exemple le Major, l'austère directeur de campagne, ou Marilyn, la séduisante attachée de presse.
Le roman est passionnant. Pas forcément pour l'enquête sur la fraude électorale, mais pour sa description des coulisses d'une campagne présidentielle. Bien sûr, je me doute que tout cela doit être pris avec des pincettes, car je n'imagine pas deux politiques comme Edouard Philippe et Gilles Boyer nous dévoiler tous les secrets du monde politique, mais c'est suffisamment intéressant pour quelqu'un comme moi qui se passionne pour la politique.
Un polar d'initiés, qui dépeint avec un regard amusé mais sans concession les coulisses d'une élection présidentielle, de la primaire au soir du 2e tour. "Je suis un apparatchik" au service de son "Patron" nous avertit d'emblée le narrateur de ce roman, publié il y a 5 ans par ceux qui sont aujourd'hui les hommes clés de la campagne d'Alain Juppé.
Suffisamment passionnant pour être lu rapidement. Il y a beaucoup d’humour et de rire jaune autour du milieu de la politique qu’on découvre avec intérêt. Le style est assez quelconque mais efficace, l’intrigue se tient bien même si on avance lentement et peu importe car l’intérêt n’est pas vraiment là et on se laisse prendre au jeu.
Un thriller politique qui est un véritable mode d’emploi de la vie politique en France. Beaucoup de références. Certaines sont évidentes, d’autres moins et certaines sont réservées aux spécialistes.