Bangkok, futur proche. Des cadavres de touristes sont retrouvés aux quatre coins d'une ville noyée par les pluies d'une mousson déréglée par les changements climatiques - des Occidentaux manifestement plus intéressés par les enfants esclaves que les trésors architecturaux des temples bouddhistes thaïlandais... Or, un tueur en série ciblant les touristes sexuels, c'est mauvais pour le business. Le lieutenant Tannhâuser Ruedpokanon, de la police touristique de Bangkok, est chargé de l'affaire. Qui s'annonce périlleuse, car celui qu'il poursuit, le mystérieux Dragon, en référence aux cartes qu'il laisse sur le lieu des crimes, semble doté de capacités pour le moins hors normes... Un thriller halluciné dans un Bangkok futuriste à la recherche d'un tueur insaisissable, un voyage dans les bas-fonds de la capitale thaïlandaise. Sans doute le plus saisissant des romans de Thomas Day. Rien moins qu'un coup de poing.
Thomas Day, né en 1971 à Paris, est un écrivain de SF et de fantasy de langue française. Il a publié une quinzaine de romans depuis 2002, parmi lesquels L’Instinct de l'équarrisseur ou Le Trône d’ébène. Son roman La Voie du Sabre (adaptée en bande dessinée aux éditions Glénat) a reçu le Prix Julia Verlanger en 2003. Il mêle fréquemment des éléments fantastiques à ses récits, et se caractérise par un imaginaire très documenté et une écriture percutante. Infatigable voyageur, il aime tout particulièrement l’Asie du sud-est, les Rocheuses et l’Ecosse. Quand il n’écrit pas, il travaille comme directeur de collection dans une grande maison d’édition. Il réside en région parisienne.
Vite je prends le métro, un bouquin pour me faire tenir 45 min/1 heure et PAF un meurtre horrible (dans le livre, et non dans le métro).
On a ici un thriller sordide se déroulant à Bangkok, dans lequel une personne massacre des pédophiles et un inspecteur tente de l’arrêter.
Les meurtres sont violents, sauvages ; les personnages troublés, troublants ; le chapitrage désordonné, à la façon d’«un livre dont vous êtes le héros» ; le rythme endiablé, explosif : j’ai adoré.
La fin m’a surprise, en prenant une direction à laquelle je ne m’attendais pas.
Un moment très sanglant, mais rapide et divertissant. Tout comme cette chronique (principalement rapide, je l’espère légèrement divertissante). J’en lirais bien un autre tiens, maybe another day (vous l’avez ????).
Trigger-warning : le sujet de la pédophilie est abordée de façon crue et les meurtres sont vraiment horribles.
Hormis un sujet que j’ai trouvé abordé avec maladresse et qui aura légèrement entaché mon enthousiasme à la lecture, Dragon est une grande novella. Le style de Thomas Day claque, sa plume est acérée, son style viscéral. On parcoure une Thaïlande qui pue le sang et le vice, dans un futur proche qui ne résout en rien les atrocités de notre présent mais semble même les accentuer. Un texte violent et puissant qui marque les esprits. C’était une sacrée entrée en matière pour une collection exceptionnelle !
Une novella sordide, glaçante, cruelle abordant des thématiques infiniment tristes et tout autant sordides. Un récit à ne pas mettre dans toutes les mains. Comme le dirait l’auteur « Ce livre n’est pas pour mes enfants, mais il est pour tous les autres ; puissent-ils ne jamais connaître « l’horreur ».
"Dragon" aborde un sujet terrible : la prostitution des enfants en Asie du Sud-Est. L'histoire se déroule dans une Thaïlande très similaire à la nôtre si ce n'est que des dérèglements climatiques y ont provoqué une inondation partielle des terres. C'est dans cette capitale prisée par les étrangers occidentaux en quête de toutes sortes d'expériences sexuelles (plus ou moins légales) qu'un certain Dragon entame une carrière de tueur en série. Ses cibles sont des pédophiles et autre proxénète qui profite de la corruption locale des autorités pour abuser de mineurs dans les bordels clandestins qui pullulent dans la capitale. Pour Tann Ruedpokanon, le policier en charge de l'enquête, commence alors une plongée dans les bas-fonds de Bangkok pour tenter de comprendre les motivations de ce justicier sanglant. Thomas Day a un style assez cru, n'épargnant aucun détail sordide. C'est justement grâce à cette brutalité parfois presque insoutenable que l'auteur parvient à communiquer au lecteur toute sa colère face à l’odieux trafic dont sont encore aujourd'hui victimes des milliers d'enfants en Asie du Sud-Est. Il est difficile en effet de ne pas bouillir d'indignation et de colère face à l'impunité dont jouissent ces riches touristes, protégés plus ou moins intentionnellement par les autorités locales qui manquent de moyens ou de volonté pour tenter d'endiguer le phénomène dans une ville rongée par la corruption. Un roman court mais marquant dans lequel Thomas Day s'attaque avec férocité au douloureux sujet de l'exploitation sexuelle des enfants sur le continent asiatique.
Entre enquête policière sordide, légende ancestrale et mystérieuse, ce petit livre embarque le lecteur pour un pays peu courant en littérature, la Thaïlande. Dans le contexte bien glauque et underground des quartiers chauds et sur des thèmes très durs tels que la prostitution infantile, la transsexualité et le tourisme sexuel, l'auteur place son intrigue dans un milieu qui met d'emblée mal à l'aise, en outre servi par un style assez cru. Dragon est une sorte de justicier de l'ombre qui combat les acteurs de cette prostitution infantile, à coups de méthodes de torture brutales et cruelles, machette incluse. L'enquêteur chargé de l'affaire, amateur de ladyboys et habitué des bas-quartiers, se retrouve entraîné dans une spirale insondable et partira dans la jungle affronter le Dragon. Un récit sur la noirceur de l'âme humaine avec une figure fantastique du dragon comme symbole de l'équilibre naturel, bras armé face à la dépravation de l'humanité. Ce livre se dévore comme un très bon thriller mais laisse un goût de réflexion amère sur les lèvres une fois refermé face à toutes ces interrogations sur la déchéance dont est capable l'humanité
Beaucoup de violence, autant dans les actes de Dragon que dans les mots de l'auteur pour décrire Bangkok et la vie qui l'anime, ainsi que les pensées de son héros... tout ça m'a laissée un peu à l'écart de l'histoire une bonne partie du livre. Je m'en tenais à l'écart, de toute cette violence, jusqu'aux derniers chapitres qui donnent un sens nouveau au récit, où chacun des personnages n'est pas forcément dans le camp qu'on croit.
Dragon est un récit tortueux, qui laisse un goût amer dans la bouche et chamboule notre système de pensée. Il ouvre une fenêtre sur le tourisme pédophile en Thaïlande, à la fois condamné et toléré par le gouvernement pour nourrir remplir les caisses de l'état. Je n'arrive toujours pas à savoir si j'ai aimé cette lecture ou non. En tous les cas, on n'en sort pas indemne.
1e ouvrage d'une collection de récits axés anticipation, Dragon est un court roman qui aborde avec toute la noirceur et la violence qui s'y prête le sujet du tourisme sexuel en Thaïlande. L'ambiance, les personnages, l'enquête policière sont bien dessinés et on se plonge tout de suite dedans. Efficace et percutant j'ai adoré ce livre qui est loin de laisser indifférent.
- Écriture très belle et la manière d'amener les choses très intéressantes ; - Le thème et les questions morales sont bien abordée et mettent mal à l'aise ce qui est la réaction normale ; - Le point faible est les personnages qui sont assez oubliables, difficilement attachant, voire insupportables. Je retenais pas les noms aussi.
Je suis pas sûr de recommander ce livre à un proche. Mais d'un autre côté, j'ai beaucoup apprécié ma lecture, l'ambiance, le style, les descriptions, les personnages... Avoir une liste de trigger warning avant d'entamer la lecture aurait été appréciable. C'est une collection de SF et comparer Dragon aux Cavernes d'acier d'Asimov, ce serait comme comparer John Wick et Hercule Poirot.
Un texte glauque, foutrement bien ecrit, et extrêmement dérangeant. J'aurai apprécié quelques pages en plus, pour affiner le contexte et eclairer quelques points, mais ca reste un bon Thomas Day. Âmes sensibles, s'abstenir.
Une lecture pleine de violence qui m'a complètement absorbée. Sujet peu banal et peu traité, sans doute car difficile, il est superbement mis en valeur dans toute son horreur par Thomas Day, qui incorpore dans son récit enquête policière et éléments fantastiques.
Pour démarrer 2016 en grandes pompes, les éditions du Bélial’ lancent une collection toute neuve dès le 14 Janvier : « Une heure lumière ». La particularité de celle-ci est de publier des romans relativement courts (entre 100 et 200 pages), on peut aussi appeler ça des nouvelles longues, on sait pas trop. Les anglo-saxons s’emmerdent pas, ils ont un mot exprès, c’est un « novella ».
Ce format, un poil moins répandu chez nous (même si certaines parutions existent, comme les librio à 10 boules de quand j’étais pitit), semble être une source de petites perles cachées, d’expérimentations farfelues et de textes intenses dans la littérature de genre. La première parution sous ce label est un texte inédit de l’auteur français Thomas Day, qui a déjà sorti une tripotée de trucs mais dont je n’ai lu que l’excellente nouvelle Noc-kerrigan parue dans Bifrost 76 (Bifrost c’est bien, lisez Bifrost). Ça sera donc une bonne occasion pour voir si je vais encore ajouter un auteur à ma liste beaucoup trop longue de gens à suivre.
Dragon se déroule à Bangkok dans un avenir proche. Le pays vient de changer de régime politique et le dérèglement climatique a provoqué l’inondation d’une partie de la ville, où les tuk-tuks ont étés troqués contre des jetskis et des barques. C’est dans cette cité qu’un assassin va s’attaquer aux proxénètes et aux clients d’un tourisme sexuel ignoble. le lieutenant Tannhäuser Ruedpokanon va être chargé d’arrêter le meurtrier en toute discrétion, le nouveau gouvernement ne souhaite pas faire de vagues car le tourisme redémarre à peine. Tann va donc utiliser sa connaissance des bas-fonds et des bars louches thaïlandais pour poursuivre le criminel, celui qu’on appelle Dragon.
Thomas Day nous dépeint un milieu bien sordide, celui du tourisme sexuel et de la prostitution de mineurs. Franchement, il y va pas avec le dos de la cuillère, c’est violent et dérangeant mais juste ce qu’il faut. Le roman n’édulcore pas mais ne tombe pas dans le malsain inutile, j’ai apprécié ce sens du dosage dans le morbide (un petit meurtre bien sale au petit déjeuner, c’est toujours revigorant, n’est-ce pas ?). Chaque scène a un sens et un but, c’est pas du glauque pour le sensationnel. On nous pose également un contexte : Avec des scènes rapides montrant les représentants du gouvernement et d’ONG, on a un aperçu des enjeux politiques et économiques du problème. Ils essayent de lutter contre ça, tout en restant discrets pour que le tourisme « normal » continue de tourner.
Le personnage principal, le lieutenant Ruedpokanon, est le point fort du livre. Loin des super-flics habituels, on le suit dans les coins sombres de Bangkok et on comprends vite qu’il connait bien le milieu de la prostitution et des bars à « ladyboys ». Son passé et sa personnalité sont présentés avec beaucoup de subtilité malgré le background pesant. L’auteur nous parle de sexe, de transsexuels, de « déviance », sans jamais être moralisateur. Tann apparait comme un être humain errant dans un monde horrible, y cherchant sa place et un idéal bien à lui. L’affrontement entre ce personnage et Dragon est le point central du récit, tout est construit pour mener les trajectoires de ces deux protagonistes l’une contre l’autre.
Mais on n’a pas vraiment affaire à un thriller gore classique car une petite touche de fantastique plane sur l’histoire (on est chez Le Bélial’ hein…), un côté mystique va prendre le pas mais encore une fois, la subtilité est de mise et tout fonctionne parfaitement ensemble. Le format du livre permet une histoire qui va vite, Thomas Day joue avec des ellipses bien placées et laisse quelques zones d’ombres dans sa construction légèrement éclatée, mais le propos reste intact, puissant. Dragon retourne le lecteur dans à peu près tous les sens.
J’ai toujours eu du mal à m’immerger dans les nouvelles courtes, mais le format adopté par « Une heure lumière » permet un bon compromis, on a le temps de poser l’ambiance et les personnages, de jeter une intrigue et de donner les clés au lecteur avant de le laisser se démerder avec tout ça. Ça fonctionne à merveille avec Dragon, et Le nexus du Dr Erdmann de Nancy Kress, second livre de la collection, est déjà posé par très loin, attendant son heure.
Un mot sur le côté visuel, la collection se présente sur un format presque-poche (un poil plus grand) et des couvertures très graphiques concoctées par Aurélien Police. Il arrive toujours à nous pondre des visuels très classes et s’occupe des 4 premières parutions. Les couvertures des livres sont magnifiques et cohérentes entre elles, donnant son identité visuelle à l’ensemble de la collection. Cookie Monster et Le choix sortiront le 11 février.
Dans cette longue nouvelle, on suit un enquêteur dans un Bankgok inondé qui doit résoudre le mystère de sauvages meurtres perpetrés sur les clients de bordels pédophiles clandestins. C'est peu joyeux, et plus ça va, pire c'est. Ce livre a une qualité : rappeler à quel point Thomas Day est l'auteur de l'étouffement : l’atmosphère est étouffante, le milieu dans lequel se déroule l'enquête l'est tout autant, et aucun personnage ne vient alléger l'ambiance. En ce sens, c'est un exercice de style réussi. Au dela du style, en revanche, c'est moins flatteur : l'histoire est somme toute assez plate, et le manque d'une vraie conclusion m'a laissé assez dépité. Cela dit, on ne lit pas Day pour l'histoire et sa résolution, mais pour une atmosphère ... qui est ici particulièrement pesante.