Trois fois les Parques ont parlé, et en accord avec leurs prophéties de ruine, Finstern, Roi de la Cour unseelie de Dorcha, doit mourir. Sauf si... Comme une dernière chance, ou un danger supplémentaire, des puissances contraires mettent au monde Angharad, née du printemps et de l'hiver, de l'élan et de la mort. Elle peut contrecarrer le destin de Finstern, ou le précipiter, et s'avance sur l'échiquier en Reine Blanche, porteuse du pouvoir de trancher entre des myriades d'intérêts divergents. Mais sans savoir quel est son destin, ni le prix qu'elle devrait payer pour écarter Finstern du sien. Au cœur des affrontements entre les fées d'Ombre et de Lumière, les Fatalités et les anciens dieux, Angharad cherche une voie qui lui soit propre, chacune de ses décisions engageant à la fois l'équilibre de la Féerie, et des Terres de Mortalité...
Léa Silhol est une romancière, nouvelliste, anthologiste et essayiste française, née en 1967 à Casablanca. Elle a été par ailleurs l'une des fondatrices des éditions de l'Oxymore, directrice littéraire et artistique, attachée de presse, ainsi que musicienne dans le "concept band" Done by Mirrors. Ses univers s'inscrivent dans le champ de la Fantasy Mythique (Le cycle de Vertigen), la Fantasy Urbaine (l'univers des 'Fays' de Frontier), le Cyberpunk (la série Gridlock Coda), le Fantastique, le Réalisme Magique ("Sous le Lierre"), et la littérature expérimentale (La séquence Hyperfocus). Elle vit à l'heure actuelle dans le sud de la France avec sa famille, un chat poseur d'énigmes, et trois lévriers (galgos et podencos) sauvés des massacres en Espagne. Elle y partage son temps entre l'écriture, la musique, et la défense des causes qui lui sont chères.
Il s'agit là d'une histoire m'ayant profondément marquée. On parle ici de "hard fantasy", et à juste titre : nous sommes plongés sans échappée dans le monde créé par Léa Silhol, amenant à la vie toute la mythologie celtique. Peu d'auteur se démarquent pour moi par leur style, c'est le cas ici. L'écriture est belle, vraiment belle et nous fait redécouvrir avec brio les subtilités de la langue française.
J'ai vu trop tard qu'il existait une suite, introuvable à ce jour. Soyez rassurés, le livre se suffit à lui même, l'histoire livrée dans ce tome étant déjà très complète, et on n'y trouvera pas de ces fins qui ne sont faites que pour vendre le tome suivant, avec un suspense factice.
Dans le club très privé des romans qui marquent durablement et auxquels on ne cesse de revenir, La Sève et le Givre est membre d'honneur. Que ce soit pour son intrigue passionnante tissée autour de destins d'exception et d'amours sans concession, pour la beauté et la puissance d'évocation de son style, pour sa vision à la fois personnelle et authentique du folklore féerique, chaque relecture de cette oeuvre est un plaisir intact, un saisissement, et l'occasion de se plonger plus profondément dans l'un des univers les plus riches et fascinants qui aient été créés.
J’étais super hypée par prix merlin + hard fantasy + écriture ciselée de conteuse mais les trop nombreux clichés genrés et le triangle amoureux avec un père et un fils m’ont fait lâcher l’affaire j’avoue j’en pouvais plus
Chanson de geste, pièce shakespearienne, poétique, impressionniste... on a tout entendu sur ce roman profondément atypique, unique en son genre. Tous les protagonistes sont des fées, leurs cours sont les plus ciselées et définies de tout l'univers fantasy. La connaissance de l'autrice sur le folklore celtique est encyclopédique, et elle bâtit pourtant son propre univers sans se soumettre aux poncifs du genre, ni plier devant un classicisme éculé, réinventant le matériel qu'elle utilise à chaque page. Les amateurs de "fantasy à l'ancienne" en restent troublés ; les lecteurs ne possédant pas assez de vocabulaire pour suivre la plume véloce et érudite de Silhol restent sur le carreau. Les autres savent qu'ils viennent de lire un ouvrage radicalement différent des moutonnements habituels, et s'en réjouissent. Ce n'est pas tous les jours qu'un livre de littérature de genre n'a rien à envier à la littérature générale. La Sève et le Givre doit sans doute davantage à Hugo, Shakespeare et Dunsany qu'à Fritz Lieber et consort. Lorsque parlent les immortels, ils ne le font pas (et c'est heureux), comme ma voisine de palier.
Attention : ceci est de la littérature pour grandes personnes, et, comme le signala la presse, de la _littérature_ tout court.
J’unis ma voix à celles des autres critiques, quitte à paraître redondante, mais quelle musicalité dans la plume ! De la prose où les métaphores règnent tout du long, apportant des images surprenantes, poétiques. Cette belle narration sert une histoire d’amour digne des plus grandes légendes celtes : saisons, esprits, créatures et destinées forment un agglomérat féerique et entraîne vers les terres d’Écosse, vers les cours elfiques, voire peut-être même encore plus loin…
« Il tourna vers elle son visage pointu, aux yeux semblables à des lampes : — Il va la tuer, dit-il platement. — Oui, c’est son but. Mais il le fera lentement. Le plaisir, Osscair, c’est ce qui perd toujours les assassins. Souriant ironiquement, le regard blême elle ajouta : — C’est ce qui nous perd tous. » P. 222
Il y a des qualités à ce livre, le style poétique est agréable bien qu’un peu lourd par endroits et certains récits fonctionnent bien, comme des nouvelles a l’intérieur du roman. J’ai bien aimé l’histoire de Herne et sa rencontre avec Angharad. La première partie était globalement plutôt bien ficelée, même si je peinais à voir où ça allait. Et par la suite, c’est devenu une suite d’événements forts en drame potentiel mais qui peinaient à m’intéresser. En dehors de quelques fulgurances, le personnage principal est assez passif et subit beaucoup, ses vengeances ne sont pas forcément bien amenées et reposent principalement sur son charme naturel plutôt que sur son astuce. J’attendais bien plus de son amant également, au vu du portait qu’on m’en avait fait, mais il est plus passif encore.
one of my favorite book ever!! The world described is so alive, you can almost feel like you are part of it. The characters are all amazingly deep, unique and full of surprises.
Ce roman date de 2002 et a reçu feu le Prix Merlin, un prix de fantaisie dédié à la fantaisie française.
C’est une plongée dans ce qu’était ce genre pendant les films Lord of the Rings et avant Game of Thrones sur HBO. Ça fleure bon les forums hyper 90s et le premier degré. Ça m’a rappelé mon CE2 et le moment de l’écriture des devoirs quand ma voisine sortait son agenda Legolas en faux cuir avec des feuilles en parchemin et des incantations écrites en Sindarin.
Tout dans ce roman demande l’adhésion complète. C’est un voyage qui passe par des intrigues chelou et médiévales à la Chrétien de Troyes avec l’abstraction stylistique de Maeterlinck et l’exploration des mêmes mythes que ceux qu’on retrouve dans A Court of Thorn and Fury de Sarah J.Maas. C’est tout à la fois.
Le kitsch des tapis en fausse fourrure IKEA que porte John Snow et le bateau qui s’en va vers Valinor.
On est en pleine romantasy rose et dans une nouvelle vampirique de Le Fanu une seconde plus tard. C’est daté et puis c’est super. La prose est trop un moment et top littéralement juste après. T’es pas sûre et conquise tout du long, dans cette alternance qui dépasse les genres et les attentes.
Je comprends pourquoi le monde de l’édition disait ce roman «impubliable» et pourquoi le genre de la fantaisie française n’a pas fait long feu face aux behemoths américains - mais wow, quel mélange charmant entre le plus mauvais goût qui soit et la justesse la plus absolue et poétique. C’est entraînant et étrange, presque rigolo dans son premier degré et fascinant de beauté en même temps.
Abandon page 40: la prose très ornementée me pose problème. L'univers également. Tout semble exagéré et le rendu paraît artificiel. J'avais pourtant adoré Les Contes de la tisseuse, la forme courte semblant mettre davantage en valeur la force poétique de l'autrice. Je reviendrai peut-être à ce roman un jour mais je n'ai pas la patience de le creuser pour le moment.