Une romance intergénérationnelle dans le Kyôto d’après-guerre
Printemps 1951.
Fille aînée de la Maison Kuwanoki, un restaurant traditionnel de Kyôto, Ichika, 34 ans, a perdu son époux durant la guerre. Travaillant désormais comme chef de partie dans un hôtel, elle espère pouvoir se consacrer à la cuisine.
Mais pour échapper à la faillite, les Kuwanoki doivent conclure une alliance matrimoniale avec une influente famille d’Osaka. Or les deux promis se désistent tour à tour, obligeant finalement Ichika à épouser Amané, 19 ans à peine, benjamin froid et direct de la fratrie.
Une histoire inhabituelle située dans le Japon de l'après guerre, la recommandation d'une collègue et la maison d'édition (le lézard noir) que j'apprécie de plus en plus m'ont vraiment donné envie de lire ce manga. Bien m'en a pris, j'apprécie la confrontation de deux caractères différents et bien trempés, Ichika et Amané, de deux époques (avant/après guerre, tradition/modernité) et j'ai hâte de voir comment va évoluer cette série.
3,5/5 J’ai beaucoup aimé ! Notre héroïne a 34 ans et passionnée de cuisine (surtout celle à base d’œuf !) et va se retrouver dans un mariage arrangé avec un jeune homme de 19 ans dans la famille aimerait récupérer leur restaurant de famille. La relation commence difficilement mais en tant que lecteur on remarque des malentendus entre le couple qui présage surtout de bonnes choses pour eux pour l’avenir ☺️ hâte de lire le 2 que j’ai emprunté en même temps
Kyoto, l'après guerre, de la cuisine et une héroïne très intéressante, ce manga avait tout pour me plaire et je ne suis pas déçue par ce premier tome, qui correspond totalement a mes attentes. J'ai très hâte de lire la suite !
Parfois je lis des séries avec concepts trop saugrenus, comme hier, et ça ne fonctionne pas. Et parfois, le concept a l’air banal : une jeune femme de 34 ans obligée d’épouser un garçon de 15 ans plus jeune pour sauver le restaurant familial, et étrangement ça fonctionne. Il faut dire que ma sensibilité et celle du catalogue du Lézard noir sont de plus en plus proches ces dernières années.
Issue d’un magasine japonais que j’adore, le Kiss (Nodame Cantabile, Princess Jellyfish), cette nouvelle saga compte déjà plus de 11 tomes au Japon, preuve de son succès et du talent de son autrice, qui exerce depuis près de 20 ans au Japon mais que nous découvrons tout juste. Un drama existe également, c’est dire. Dans la veine de ces titres adultes qui arrivent chez nous en ce moment comme Blue Flowers ou L’amour est dans le thé, Yuki Isoya nous invite à suivre sa comédie romantique, mais dans un cadre plus historique et gastronomique. On aime.
D’entrée j’ai été conquise par ce cadre. L’autrice rend très bien le début de ces années d’après guerre au Japon, tandis que le pays est encore occupé par les Américains et qu’il tente un nouveau virage vers la modernité sans trop savoir quoi faire de ses traditions. Le couple que nous allons suivre incarne à merveille cet entre-deux avec une héritière des anciennes traditions qui pratique une cuisine entre traditions japonaises et modernité occidentales, et un époux, jeune étudiant, qui veut faire évoluer le vieux restaurant de sa famille par alliance. Que ce soit au nouveau des mentalités, du propos général ou bien sûr du cadre historique relevé dans les décors et tenues, l’autrice s’attache à être crédible et y parvient parfaitement !
Je me suis ainsi d’emblée sentie immergée dans ce monde-là aux côtés d’Ichika, notre héroïne de 34 ans, chef de partie dans un restaurant européen, obligée d’épouser Amané, de 15 ans son cadet, pour sauver le restaurant de sa famille de la ruine. L’attachement de celle-ci à sa famille, son entre-deux avec sa propre passion et ses propres désirs, son côté à la fois moderne et traditionnel, les promesses de relations complexes entre elle et son époux de circonstance, tout ça, j’ai adoré. Je ne saurais expliquer mais cette maturité, cette profondeur, m’ont parlé. J’ai trouvé les jeux de nuances de l’autrice très intéressant, surtout sur des personnages présentés comme l’archétype de la bonne épouse et du bon fils de famille un peu arriviste. Il se passe quelque chose ici.
Il y a même un ton un peu grinçant, je trouve, dans cette critique du Japon d’après-guerre. On nous montre des Japonais qui pour certains sont trop pressés de complaire à l’occupant Américain, tandis que d’autres sont trop accrochés à leur passé et ne voient pas qu’il est temps d’évoluer. On nous montre aussi des familles prêtes à tout pour perdurer et garder leur prestige, que ce soit celle d’Ichika, qui vend sa fille pour son restaurant, ou celle d’Amané qui fait de même pour sa propre richesse et ses intérêts. Mais ce qui est intéressant, c’est que nous ne sommes pas face à des personnages lisses pour autant. Ichika n’abandonne pas son travail au contraire et elle cherche à convaincre son époux d’un entre-deux. Amané lui tente à sa façon de la convaincre de changer peu à peu le restaurant familial mais ne le fait pas pour sa famille à lui mais dans son intérêt à elle, j’ai l’impression. Et bien sûr, leurs frère et soeur, n’ont pas hésité à résister à leurs familles pour voler de leurs propres ailes, se révoltant contre l’ordre traditionnel. Chapeau !
On sent ainsi une autrice vraiment investie, par son histoire, son cadre historique, son propos, ses personnages. Elle propose des dessins qui sont dans cette veine josei mature mais pas smut que j’affectionne, avec une certaine sobriété du trait, associée ici avec une richesse des décors, ce qui est la marque du josei des années 2020, je trouve. Ils nous offrent vraiment un beau tableau de ces lieux à l’époque choisie. J’ai beaucoup aimé. Et en prime, nous avons droit à de succulents moments de cuisine de la part d’Ichika qui me rappellent furieusement ceux du Chef de Nobunaga que j’affectionne particulièrement. C’est beau et appétissant, avec des recettes disponibles si on veut tester à notre tour. Que demander de plus !
Tandis que la com’ de l’éditeur fut assez discrète, je me retrouve face à l’une des nouveautés que j’ai préférée cette année grâce à cette veine de comédie romantique mature avec ici un zeste de critique sociétale passée, grâce au cadre historique des années 50. Relation de couple, de famille, bons petits plats, morale, tout y est pour me séduire sous le trait riche en détail et le ton grinçant de Yuki Isoya. Heureusement que le tome 2 est sorti en même temps, je vais pouvoir y retourner de suite comme ça !
Voilà un coup de coeur de romance historique! Nous sommes à Kyoto, en 1951, à la sortie de la Guerre. On n'hésite pas à comparer (dénigrer?) la Vieille Capitale à Osaka (dont le jeune homme est originaire) que ce soit au niveau de la cuisine, de l'accent ou de la façon de masquer sa pensée. Cette prétendue "froideur" des Kyotoïtes est d'ailleurs une chose qu'on leur reproche encore, je l'ai souvent entendue en y habitant. On me demandait si ma vie là-bas n'était pas trop difficile... (Non, tout va bien!)
Ce manga est donc bien ancré dans les petites choses qui créent des différences entre les cités. Et il reflète également l'histoire: la fréquentation des Américains (le Japon est toujours occupé) et les sentiments compliqués qu'ils provoquent, les incompréhensions entre les langues, les décès de la Guerre et ses conséquences....
Deux aspects sont centraux: d'abord, le mariage arrangé entre l'héritière Ichika 34 ans et le jeune Amané 19 ans. On explique bien la situation qui les pousse à accepter ce mariage, leur façon de s'en accommoder, mais aussi le pouvoir qui vient de tomber sur les épaules du nouveau jeune mari, encore à l'université, trop direct au goût de sa belle-famille, et ouvert aux nouvelles idées modernes.
Ce qui nous amène au deuxième thème essentiel: la place des femmes qui change dans ce Japon en reconstruction. Ichika a accepté le rôle qu'on lui a donné comme femme dans le restaurant de sa famille, malgré ses aspirations antérieures. Mais la situation la force à se transformer (le "couteau" du titre y est lié). Et elle est poussée encore plus loin (contre son gré, bien souvent) par un mari qui prend des risques (il est "vert" après tout!).
Innover dans ce restaurant traditionnel de Kyoto, ça crée des flammèches! C'est habilement mis en place, on comprend les motivations de chacun (ce qui rend les décisions crédibles), on déteste déjà certains personnages, on s'attache à d'autres. La romance a très peu de place dans les deux premiers tomes (c'est un mariage arrangé qui a mal commencé), mais ce rythme lent des liens qui se tissent dans ce couple est l'un des charmes de cette série (j'ai 11 tomes en japonais à la maison).
Lézard Noir a publié cette série en format standard (et non pas en grande édition), comme c'est le cas au Japon, ce qui rend le manga plus accessible à l'achat. La traduction de Mélanie Kochert est parfaite: elle n'hésite pas à inclure des astérisques pour préciser des détails dans les recettes japonaises. D'ailleurs, j'ai déjà envie d'essayer la préparation du shiitaké: c'est l'un de ces mangas où on décrit bien les ingrédients et la préparation (comme What Did You Eat Yesterday?, Volume 1) et ça ouvre l'appétit!
Une série très juste à ne pas manquer si vous aimez la gastronomie de Kyoto, la romance et l'histoire japonaise.
Amazon Japan recommended this and I picked up the first volume at a used bookstore while I was in Tokyo last month, along with a few other series, to give it a real try. Two days later, I was back buying the next six volumes, plus a stop at a regular bookstore for the two most recently published ones.
This takes place in Kyoto in 1951, at a ryōtei, a sort of traditional, typically rather exclusive, Japanese restaurant. Ichika Kuwaonoki is the eldest daughter of the family; she married her father's apprentice during the second world war with the expectation that he would take on the family name and continue the business. Instead, within two months he's drafted into the army and killed. Six years after the end of the war, Ichika's trained as a chef in a western-style hotel and since she's now 34, the current plan is for her younger sister, Futaba, to marry in a husband for the sake of the restaurant.
What follows is a bit of a game of three-card monte - a meeting is arranged for 29-year-old Futaba and the 26-year-old second son of the hotel chain-owning Yamaguchi family. However, the second son skips out and the third son is dragged in: 19-year-old university student, Amane. Futaba takes one look at her decade-younger intended and skips town with the restaurant's sous chef. Oh well, Ichika thinks...right up until her aunt says the wedding's still on - between Ichika and Amane.
The series then settles into the slowest of slow-burn romance - 9 volumes in, nearly three years have passed and while Ichika and Amane have pulled together to save the struggling restaurant, fend off the Yamaguchi family's attempts to take over, and raise a war orphan, they've kissed maybe four times and still sleep in separate rooms. It's killing me. Ichika's waiting for Amane to wake up and realize he'll eventually want a wife his own age; meanwhile Amane, who has some fairly typical 1950s Japanese male hang-ups around showing emotion, is completely gone for Ichika.
Un solide 4/5 ! J’ai beaucoup apprécié ce premier volume.
Dans un Japon en plein dans l’entre deux guerres, nous suivons l’histoire de Ichika, 34 ans, qui se spécialise dans la cuisine à base d’œufs. Après la disparition de sa sœur pour échapper à une alliance d’adoption elle se retrouve à devoir épouser le benjamin de la famille Yamaguchi, Amane.
En plus d’un choc de génération et d’éducation, nos deux personnages ont des personnalit��s qui semblent relativement opposées mais qui pourtant permet au restaurant des Kuwanoki, de voir un semblant d’espoir d’échapper à la faillite.
La tension avec l’occupation est très bien représentée puis on ajoute finalement une pointe de légèreté et de passion à travers les histoires et recettes qui naissent de chaque personnage comme c’est le cas avec Mme. Morgan et la glace au maïs ! (J’ai été étonné de voir qu’il s’agissait d’une vraie recette en plus ! Je suis très curieuse et ça m’a donné très envie d’essayer !)
C’est une très belle histoire qui nous fait traverser dans un Japon en pleine reconstruction après la guerre tout en gardant les traditions à travers la cuisine. Mais qui donne de l’importance à déconstruire des anciennes générations et à imposer la femme dans des milieux qui n’était pas considérée pour elles auparavant (le terrain militaire avec Mme. Morgan et bien sûr la cuisine de restaurant à travers notre protagoniste).
3.5/5 ⭐️ J’ai plutôt apprécié ma lecture contre toute attente ? Je pensais que l’écart d’âge allait me freiner, mais finalement pas du tout, et ça me surprend étant donné que je suis la première à arrêter ma lecture quand je vois un age gap ?
(Les plats ont l'air vraiment bons je veux une animation pour voir ce poulet)
J'ai vraiment bien apprécié ma lecture, j'adore l'univers et la période historique ou s'inscrit l'histoire. Ichika est un personnage que j'affectionne énormément. La différence d'âge entre Amané et Ichika ne m'a absolument pas troublé durant ma lecture.
Contente de découvrir cette époque du Japon, et de suivre les deux protagonistes qui essaient de s'allier pour mener à bien leurs ambitions malgré le poids des traditions familiales. Les recettes font saliver.