Grâce à Garouste j'ai récupéré ma personalité d'enfant, celle qui était renfermée, antisocial, préocuppée que par ses jeux mentales et ses obsessions, s'en foutant du monde, des gens et de l'humeur facile qui toujours m'a poussé vers une position difficile à gérer... J'ai revu l'infant qu'il y a toujours dans mon être. J'ai revu mon enfance, ma relation avec mon père, avec le catéchisme et la religion, avec Dieu, avec l'art et avec la follie. J'ai rédécouvert la passion et una manière alternative de vivre, différente à celle que j'ai souvent prise, mais surtout dépuis une année.
Gérard, très humain, c'est-à-dire visiblement très hônnete, nous raconte son histoire de vie, comme fils, comme artiste, comme fou. J'ai vu plusiers vérités se dévoiler sous mes yeux en lisant ce livre passionant, qui commence un peu lentement mais qui prend un rhytme vertigineux et toujours lucide.
L'art, encore une fois, a sauvé quelqu'un de la follie, c'est-à-dire, de la vérité nue, celle que les "sains d'esprit" n'osent jamais à regarder dans les yeux.
"Le délire est un refuge". Voilà ce que Artaud disait aussi.
Et voilà quelques citations :
"L'antisémitisme de mon père, comme souvent l'antisémitisme, était teinté d'admiration, et son ressentiment un effet de la peur"
"Dès que je lui tendais un miroir, il le retournait contre moi"
"Il avait peur de me gêner. Il me rangeait peut-être armi tout ces adultes qui oublient leur enfance. Il ne mesurait pas à quel point, des années auparavant, il avait inscrit en moi la possibilité d'une vie loin du monde des apparences. Casso était un artiste qui s'ignorait"
"La marginalité de l'artiste peut devevnir une convention sociale"
"Le peintre a joué avec ses traits comme avec son mensonge. J'aime l'idée qu'on représente une chose et qu'on en raconte une autre"
""C'est parce que le langage est fermé sur lui-même que l'écrivain peut créer", disait Roland Barthes."
"Il savait que la qualité d'une vie se mesure à la didstance d'un père à son fils"
"... mais le lient légendaire entre la folie et l'art s'est trop souvent changé en un raccourci romantique. Le délire ne déclenche pas la peinture, et l'inverse n'est pas plus vrai. La création demande de la force. L'idéal du peintre n'est pas Van Gogh, s'il n'avait pas mis fin à ses jours, il aurait fait de tableaux plus extraordinaires encore. L'idéal, c'est Vélasquez, Picasso, qui ont construit une oeuvre et une vie en même temps. Pourquoi un artiste n'aurait-il pas droit, lui aussi, à l'équilibre?"
""Un fou n'est pas quelqu'un qui a perdu la raison, mais quelqu'un qui a tout perdu sauf la raison""
"Ils riaient d'eux-même pour ne pas laisser ça aux autres"
"Les artistes sont aujourd'hui comme les alpinistes une fois l'Everest vaincu. Ils peuvent décider de monter sans cordes ni piolet, à reculons, torse nu, surenchérir toujours sur la performance. Ou au contraire mettre leurs pas dans ceux des maîtres, chercher leurs propres sensations, leurs propres vibrations sur le toit du monde"
"Je vis dans un pays aux idées très arrêtées, accroché à son concept d'avant-garde. Je ne peux effectivement pas le représenter, je ne crois plus à ce mot, ni au mot "moderne" ou "original". C'est devenu une recette, on s'installe dans l'originalité, on est acheté à Beaubourg et on rentre dans la nouvelle académie du XXe siècle, où le discours fait l'oeuvre.
l'avant-garde au musée n'est plus une avant-garde ! La provocation n'est plus une provocation si elle est à la mode ! La France entretient pourtant cette idée comme une vieille mariée, parce qu'elle se flatte et se repent en même temps d'avoir abrité et méprisé les impressionistes, une bande d'Indiens géniaux qui fréquentaient le même quartier, les même cafés et s'échangeaient leurs toiles faute de les vendre. Comme toujours elle campe sur son histoire, et, d'une révolution pleine de sens, cent ans plus tôt, elle a fait un dogme. Tout ça se termine en un circuit où les coteries et la spéculation vont bon train, où l'empire du luxe, avec la connivence de l'état, achète et revend des millions d'euros des oeuvres qui ne dérangent personne."
"Mais je me méfie de la beauté, c'est du bluff, une manipulation qui peut laisser totalement passif celui qui le regarde. Je préfère lui suggérer une question..."
Il m'a apris aussi ce qui est un repentir dans la peinture.