Il ne manque ni d'histoires des Croisades ni de biographies des principaux protagonistes de ce qui fut la grande épopée du Moyen Age. Mais il n'y avait pas de livre retraçant la manière de vivre, la vision du monde, l'organisation matérielle de tous ceux qui tentèrent l'aventure, qu'ils fussent rois ou pauvres, barons, clercs, femmes, marchands ; qu'ils eussent la foi ou qu'ils fussent animés par l'esprit de conquête ou l'appât du gain. Le tableau vivant que dresse Régine Pernoud nous restitue l'étonnement des Chrétiens devant les mœurs des Musulmans, les mille épreuves qu'ils durent subir en traversant des pays inconnus, la façon remarquable dont ils surent ensuite s'adapter, coloniser le pays, bâtir des églises et des forteresses, et " tenir " pendant deux siècles face à un adversaire inifiniment supérieur en nombre. C'est toute une page méconnue de notre histoire qui se révèle à nous.
Régine Pernoud (17 June 1909 in Château-Chinon, Nièvre - 22 April 1998 in Paris) was a historian and medievalist. She received an award from the Académie française. She is known for writing extensively about Joan of Arc.
Cet ouvrage succinct et bien écrit nous donne un aperçu d'ensemble de ce qu'ont été les Croisades visant à libérer Jérusalem entre les XIe et XIIe siècles. Les hommes de la Croisade se focalise sur toutes celles et ceux qui ont participes à ce mouvement: les barons, les rois, les pauvres, les clercs, les femmes, les "bins" et les "mauvais". Malgré son titre, le livre s'intéresse également aux moyens techniques et aux aspects financiers et logistiques. Pernoud analyse aussi la mentalité et se focalise sur quelques personnages notables comme Frédéric II ou Saint Louis. Le tout permet de connaître les personnages principaux et les événements majeurs qui ont jalonné ce phénomène.
Quelques notes prisent sur le vif:
- Pernoud nous rappelle régulièrement que les gens du passé ne pensaient pas de la même manière que nous. Preuve que les anachronismes étaient déjà courant de son temps.
- Elle déplore également la violence de la prise de Jérusalem par les Croisés en 1099 mais elle concède qu'il en aurait difficilement pu être autrement compte tenu des difficultés éprouvées par ces derniers depuis leur départ d'Europe
- Concernant la Troisième Croisade, Pernoud lamente que "les mésententes personnelles" entre Richard Coeur de Lion et Philippe Auguste ont eu pour conséquence la fin de la croisade telle qu'on la connaît: Jérusalem ne fut pas reprise. Il y a fort à douter que même si Philippe et Richard se furent entendu, un autre résultat aurait été obtenu. Après tout, Philippe est parti certes mais il a laissé quasiment toutes ses forces en Terre Sainte et celles-ci ont accompagné Richard. Si Philippe était resté, il y aurait sans doutes eu plus de frictions et il aurait été plus difficile de mener une stratégie cohérente comme Richard l'a fait. De plus, Richard étant le meilleur tacticien, il a probablement obtenu le meilleur résultat possible. Après tout, la capture de Jérusalem n'aurait rien changé car la ville n'était pas tenable. Et cela, aucune bonne entente entre Richard et Philippe n'y aurait changé quoi que ce soit. Les temps étaient déjà en train de changer. La construction de l'état était déjà en marche en Europe, au détriment du royaume de Jérusalem.