La guerre des banlieues n'aura pas lieu signe l'entrée d'Abd Al Malik dans la galaxie littéraire. Tel Aimé Césaire dans son Cahier d'un retour au pays natal, il s'y engage " debout et libre ". Comme le Rimbaud des Lettres du voyant, il s'y conduit en " travailleur de la poésie ". A la fois visionnaire et paisible, il lance à la façon de Martin Luther King : " I have a dream ! " Il ose rêver et interpeller l'avenir. II rêve de couleurs dans la grisaille des quartiers, de baume sur les blessures du quotidien, de lumière et d'amour dans les caves de l'obscurantisme. Il rêve de voir chacun trouver sa voie, comme il a lui-même trouvé la sienne. Il rêve que toutes les voies individuelles convergent dans la concorde et la fraternité. La guerre des banlieues n'aura pas lieu : un poète annonce une embellie !
Un récit/essai très court qui fait le tour de ce que la vie en banlieue offre et refuse, vu de l'intérieur. J'imagine qu'Abd al Malik voulait entreprendre de raconter ce qui trop souvent est fantasmé par des leaders d'opinion qui nient la pleine citoyenneté aux Français qui n'ont pas la couleur républicaine.
Je pense que le livre parle d'aspiration, de reconnaissance et d'envie de faire partie du portrait national.
Dix ans après sa parution, et comme beaucoup d'ouvrages du même genre, tout reste aussi pertinent que la '' grandeur'' passée de la France reste figée dans l'imaginaire de ses "élites".
Spirituel, magnifique, même si un peu naïf sur les bords. Loved the passages written in what I'd call the language of the banlieues: in-your-face, raw, proud. Not sure I would've liked the book as much if I hadn't just heard the author speak in NYC.