Par où commencer. J’appréhendais cette lecture, je savais qu’elle allait toucher une corde sensible, que j’allais verser des larmes en pensant à mes élèves innus et leurs familles.
« Vous devriez remercier le gouvernement canadien pour sa générosité » PARDON? L’assimilation qui a commencé par une coupe de cheveux, dépossédant les innus de leur identité. L’interdiction de parler leur langue. Les menaces, la maltraitance, la violence, les agressions. De telles atrocités ne peuvent que causer une blessure immense de laquelle il est très difficile de guérir. Je déplore cette réalité épouvantable qui a encore de lourdes conséquences aujourd’hui. J’ai moi-même pu constater que le vent en parle encore.
À travers toutes ces horreurs, on s’accroche à la plume habile et sensible de Michel Jean. Son talent est immense: il m’a fait « vivre » Kukum et m’a montré l’importance de la migration annuelle vers les territoires de chasse. C’est ainsi que j’ai pu vraiment ressentir la douleur infligée par le départ forcé de Virginie, Marie et Charles vers Fort George.
J’ai aussi aimé l’évolution du personnage d’Audrey, qui est confrontée non seulement aux actions passées à Fort George, mais aussi à la vie actuelle en communauté. Comme elle, on comprend très bien ce qui a mené Marie à se retirer à Pakuashipu et à vivre comme elle le fait.
On peut s’indigner et on peut avoir honte de notre passé, mais la moindre des choses aujourd’hui, ce serait de reconnaître cette blessure intergénérationnelle, montrer notre empathie et notre respect, et surtout, éliminer nos préjugés. 🧡