De la révolution d’Octobre 1917 aux derniers événements de 1922, la guerre civile russe a fait des ravages : des millions de morts, épidémies de typhus et de choléra, famine et misère, terreur et déportation des populations. On en connaît surtout la lutte des Russes rouges contre les Russes blancs. Mais une troisième force issue du monde rural émergeait. Bandes de pillards ou armées de partisans, paysans insurgés, les « verts », se sont battus contre les blancs et les rouges : ils ont refusé la circonscription, la réquisition de récoltes ou se déclaraient pour la liberté du commerce et contre la dictature de la ville, rejetant les « communes », anarchistes, socialistes révolutionnaires ou ultranationalistes.Cette histoire est ici revisitée à la lumière de documents russes, souvent inédits en français, traduits par Jean-Jacques Marie. Les témoignages de paysans verts sont rares, ils ont disparu ou ont été qualifiés de « bandits », Staline les a gommés de l’histoire et a réduit la guerre civile russe à un conflit manichéen.
Jean-Jacques Marie, né en 1937, est un historien français spécialiste de l'URSS. Militant trotskiste, il a été membre de l'Organisation communiste internationaliste (OCI) de 1965 à 1981, puis du Parti communiste internationaliste de 1981 à 1991. Depuis 1992, il est membre du Parti des travailleurs.
L'Histoire de la Guerre Civile Russe, par Jean-Jacques Marie, est un survol de la guerre civile russe du début XXe siècle, depuis les premiers accrochages en train blindés jusqu'aux dernières répressions de soulèvements paysans en Sibérie. Entre les deux, un chaos tel que le monde n'en avait jamais connu, et que le monde n'en a pas connu depuis.
Le livre suit les événements dans l'ordre chronologique et se concentre au niveau politique/diplomatique, avec beaucoup de témoignages et de citations d'époque. En 300 pages, et vu la complexité du sujet, on a peu le temps de rentrer les détails, mais pourtant je n'ai pas eu l'impression de rater grand chose: En ce sens, ce livre est très bien pour une première lecture sur le sujet. Malgré certaines accusations de biais à l'égard de l'auteur (Jean-Jacques Marie est trotskiste), il n'y a pas de défaut évident de ce point de vue, chaque camp étant traité de façon plutôt équitable.
Le style est clair, agréable et facile à lire. Une agréable surprise.