Colette manquait à ma culture générale. J'ai saisi l'opportunité de récupérer "la maison de Claudine" édition 1993 dans une boite à livre. Petit livre, seulement 158 pages, parfait pour m'initier à l'oeuvre de l'autrice.
Je découvre une vraie plume, bucolique, pastorale, aux descriptions merveilleuses. Pour écrire la campagne, il y avait Giono (mon coup de foudre 2019) ; désormais, il y aura aussi Colette, qui raconte une France rurale de début 1900... peut-être entre deux guerres, peut-être avant. (Il est question d'une "balle prussienne" qui a laissé un impact dans une armoire). Difficile de décrire la finesse de sa plume. J'ai été émerveillée.
extrait :
Elle quitta donc la chaude maison belge, la cuisine-de-cave qui sentait le gaz, le pain chaud et le café ; elle quitta le piano, le violon, le grand Salvator Rosa légué par son père, le pot à tabac et les fines pipes de terre à long tuyau, les grilles à coke, les livres ouverts et les journaux froissés, pour entrer, jeune mariée, dans la maison à perron que le dur hiver des pays forestiers entourait.
Elle y trouva un inattendu salon blanc et or au rez-de-chaussée, mais un premier étage à peine crépi, abandonné comme un grenier. Deux bons chevaux, deux vaches, à l'écurie, se gorgeaient de fourrage et d'avoine ; on barattait le beurre et pressait les fromages dans les communs, mais les chambres à coucher, glacées, ne parlaient ni d'amour ni de doux sommeil.
Pourquoi pas la note maximale ? J'ai trouvé certains chapitres moins intéressants que d'autres et certains m'ont lassée.
Bechdel : eh bien oui !
Diversité : eh bien non.