Lancelot enlevé par la fée du lac, élevé dans son château au fond des eaux. Lancelot épris, Lancelot amant de la reine Guenièvre. Lancelot exalté par son amour jusqu'à devenir le meilleur chevalier du monde. Lancelot dépossédé par son amour de tout et de lui-même. Il réunit en lui l'énigme de la naissance, le voile de la féerie, l'éclat de la chevalerie, le déchirement de l'amour .L'immense roman en prose de Lancelot, composé autour de 1225, n'était jusqu'ici accessible que dans des éditions très coûteuses et dépourvues de traduction, des extraits traduits sans accompagnement du texte original, ou à travers des adaptations lointaines. Le présent volume contient le début du roman jusqu'au baiser qui scelle l'amour de Lancelot et de la reine. Ce récit forme un ensemble qui se suffit à lui-même, mais on peut lire la suite dans d'autres volumes de la collection " Lettres gothiques ". Texte présenté, traduit et annoté par François Mosès, ancien élève de l'Ecole Normale Supérieure, agrégé des Lettres, président de chambre à la Cour des Comptes, d'après l'édition d'Elspeth Kennedy, professeur honoraire à l'université d'Oxford. Préface de Michel Zink, professeur au Collège de France. "
J’ai beaucoup apprécié les débuts de ce jeune chevalier déjà si parfait. La naissance de l’amour avec Guenièvre est également très beau, d’autant plus qu’il est redoublé par celui du personnage de Galehaut, qui m’attendrit énormément, pour Lancelot
This is the first volume (so far five volumes have been published; the series remains unfinished) of a facing page Old French / Modern French edition of the medieval French Lancelot in prose. This volume (translation by François Mosès) comprises roughly the first two thirds of the 13th century (c. 1220) BN fr 768 manuscript of the "noncyclic" prose Lancelot, one of the oldest extant editions of the prose Lancelot.
The last third of the same manuscript is published in volume II of the series, Lancelot Du Lac T02 (edition/translation by Marie-Luce Chênerie).
This prose Lancelot is termed "non-cyclic" (or "pre-cyclic": critics differ on whether this version is anterior to the cyclic version) because it doesn't link to the birth of Galahad (in this version the quest for the Grail is destined to be accomplished by Perceval), considers the adulterous relationship between Lancelot and Guenièvre by the ideals of courtly love, and stands apart from the "Lancelot-Grail" or "Vulgate" cycle manuscript tradition. That being said, the first two thirds of the manuscript (i.e. the material in this volume) are identical to what is found in the "cyclic" versions of the prose Lancelot.
This volume begins with the birth, childhood and early adventures of Lancelot; his victory over the enchantments of the château of the Douloureuse Garde and other adventures; and concludes with his friendship with Galehaut and the pledge of love between him and the Queen. (The distinction between the "pre-cyclic" and "cyclic" versions comes at the start of the next volume which continues the story to the end of the manuscript, contains a very short version of the "False Guinevere" story, and ends abruptly with Galehaut's death.)
For readers who have come across and been disappointed by Sir Thomas Malory's "Le Morte D'Arthur", the original 13th century French prose Lancelot is a superior and amazing text, full of moments of poetry, subtle psychological analysis, magic and adventure, and complex political/social/feudal issues.
Dans l'immense suite des romans arthuriens en prose, le "Lancelot" est le ventre mou (indépendamment des mille problèmes d'édition et même de délimitation du texte qui peuvent se poser). La Table Ronde est fondée, la Geste du Graal est bien ordonnée, le royaume de Logres ronronne, ronronne tellement qu'au tournant d'une des pages, un chevalier prie le roi Arthur de déplacer sa cour, parce qu'ici, vraiment, on manque par trop d'aventures. J'exagère un brin, d'autant qu'on est ici face à la seule première partie du roman, où Lancelot se fait recueillir par la Dame du Lac, où il rencontre Guenièvre, où il délivre la Douloureuse Garde. Mais on n'en sent pas moins une disponibilité du monde fictif à toute action qui pourrait se présenter, doublée d'une disponibilité de l'auteur, qui se plonge dans d'innombrables détails : et je pense notamment à la description des subtilités diplomatiques et des jeux d'allégeances contradictoires qui sont à la limite, vers le tiers du volume, d'embourber l'intrigue. Remarquable aussi, le protagoniste : élevé anonymement, le royaume de son père Ban ayant été conquis et annexé, il choisit, devenu adulte, de ne pas en revendiquer la couronne, mais de mener la vie d'un chevalier errant, vie qu'il embrasse de manière, autant que possible, anonyme, en vertu du reproche qu'il se fait de quelques mineures entorses au code de la courtoisie. Lancelot est un héros, un chevalier superlatif, aux prouesses proches de la magie (parfois l'ennemi décampe à la seule vue de son blason) — et qui ne cesse de rechercher l'effacement qui était sa condition depuis le plus jeune âge. Bref, il lui faudrait un bon psy. C'est dire la modernité du "Lancelot".