" Parler d'Amérique latine, c'est affirmer l'unité de ce monde, en opposition à l'Amérique anglo-saxonne, et des 215 millions d'hommes qui parlent dans leur immense majorité, plus ou moins déformées dans des bouches étrangères, les langues castillanes et portugaises. On pourrait écrire les histoires des Amériques latines, c'est l'histoire de l'Amérique latine que nous voulons écrire, parce qu'il faut choisir, parce que nous estimons aussi que l'unité l'emporte finalement sur la diversité " Des conquistadores à une indépendance mâtinée de colonisation yankee, Pierre Chaunu nous retrace l'histoire d'une terre de 21 173 000 km²
Pierre Chaunu was a French historian. His specialty was Latin American history; he also studied French social and religious history of the 16th, 17th, and 18th centuries. A leading figure in French quantitative history as the founder of "serial history", he was professor emeritus at Paris IV-Sorbonne, a member of the Institut de France, and a commander of the Légion d'Honneur. A convert to Protestantism from Roman Catholicism, he defended his Gaullist views most notably in a longtime column in Le Figaro and on Radio Courtoisie.
L'ayant acheté à la librairie Le Port de Tête à Montréal (librairie résolument de gauche), cette introduction à l'histoire de l'Amérique latine par Pierre Chaunu n'a pas manqué de me surprendre. Dès les premières pages, le ton est clair : jusqu'à la dernière page de son récit, l'historien glorifiera l'oeuvre des Conquistadores, et plus largement le colonialisme et la «supériorité» des peuples européens. J'avoue que je m'étais mis le doigt dans l'oeil : bien que l'édition que j'ai en main date de 2009, le texte a pour sa part vu le jour en 1949. Cette lecture trouve sa pertinence dans sa façon de nous rappeler que la discipline historique tend à évoluer pour le mieux. Moi qui cherchais un genre de Howard Zinn pour l'Amérique de Sud, je suis plutôt tombé sur l'historien français proto-fasciste qui a passé sa fin de carrière à militer pour le Front national en dénonçant le «déclin démographique de l'Occident» et les législations encadrant l'avortement. Big oof.