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Le Journal d'un manœuvre

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C. Metz (1956-1997), manoeuvre mais aussi écrivain et poète, a consacré ses heures de liberté à l'écriture. En 1990, pendant six mois, alors qu'il travaillait à la réhabilitation d'une usine, il a consigné sa vie quotidienne.

128 pages, Mass Market Paperback

First published January 1, 2004

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About the author

Thierry Metz

15 books2 followers

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Community Reviews

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2 (1%)
Displaying 1 - 24 of 24 reviews
Profile Image for P.E..
1,002 reviews772 followers
October 28, 2025
L'homme ne vivra pas de pain seulement

Un recueil de textes de poésie en prose sous forme de journal qui fait figure à part dans le paysage littéraire.

La poésie de Thierry Metz se distingue pour moi par le vif souci qu'elle a de la présence de toute chose, par l'emploi d'une langue capable de restituer cette présence avec justice, capable « d'ensemencer la vie par le rêve », et de manifester le pouvoir magique, évocateur, performatif de la langue.
'Ouvrir une fosse. Et disparaître. Quotidien du manœuvre : tant qu'il n'a pas trouvé l'arc-en-ciel de son livre, il doit creuser. S'enfermer avec ses graines.
Sinon, comment méditer la mort et l'arbre ?

Le poète restaure l'infini qui s'efface dans le travail en cours. Il rend la parole à l'usure, à la trace, à la présence fuyante du travailleur. Il élabore l'image de l'inachevé que comporte tout infini.

C'est une poésie d'étonnement aussi face au silence universel du travail.
''Je voulais marcher, c'est tout. Sortir un instant de ces besognes qui n'écoutent pas ce que nous sommes.'

Ce silence qu'implique le travail revient sous toutes les formes dans Le journal d'un manœuvre, de la conversation pratique au silence imposé par les outils en marche. Thierry Metz fait de ce silence comme une respiration, un compagnon fidèle qui rythme sa recherche : récit de la quête obscure du thème universel sur quoi portent les conversations et les pensées, matière du livre encore en gestation de Thierry Metz.

C'est aussi une poésie excavatrice, où les mêmes images reviennent, recommencées, mais toujours réinterprétées, à la lumière de la journée de travail ou du temps de loisir.
Pour moi, il en est ressorti à la lecture de certains passages un sentiment d'extrême dépouillement, d'épure et une conscience de la présence du vide. Poésie du dénuement et de l'abondance dans le dénuement.

C'est enfin une poésie libertaire, une lutte contre l'enfermement et la transformation en chose, une poésie qui célèbre l'étonnement et l'inadéquation avec le monde du travail, le recul salutaire, le regard enfant, tantôt émerveillé, tantôt interrogateur de toutes choses, avec toute la vie intérieure, tout le pouvoir de subversion que ça suppose quant aux valeurs communément admises. C'est une poésie généreuse, gratuite, qui restitue la parole confisquée par le travail et l'utilitarisme borné du chef de chantier. Une poésie qui rétablit l'unité dans la vie du poète a priori divisée en travail et loisir.

En ce sens et dans les autres, une poésie profondément créatrice, qui rend justice à l'origine même du mot "poésie".


Voir aussi
À la ligne
À l'écoute du silence
Citadelle
Le Veilleur du jour
Les employés
Rayuela
La Maison dans laquelle
Profile Image for Guillaume.
315 reviews6 followers
August 22, 2020
Cité dans le livre de Ponthus, À la ligne, et déjà le coup de cœur à la volée. Confirmer ici avec la lecture entière du texte. Des petites journées. Une écriture aérée, poétique, aux mots évocateurs, justes, précis. Les phrases se font concises mais jamais sèches, et disent énormément avec très peu. La fluidité du récit n'a d'égale que sa poésie. Sensibilité des instants volés au temps travail, réflexions sur le corps qui s'épuise, aux pensées qui se dissolvent, aux oiseaux, aux rochers, aux coqs...
Profile Image for The Sporty  Bookworm.
471 reviews100 followers
May 23, 2018
Très beau récit d'un manoeuvre sur un chantier. Thierry Metz saisit de manière très poétique les moments fugaces de beauté sur un chantier de construction. Il décrit la souffrance, la camaraderie, le temps qui passe, la nature, les rayons de soleil, les moments de pause, les mots échangés... Un concentré d'instants profondément humains.
Profile Image for Pata Tús.
83 reviews64 followers
December 31, 2024
“Acaso el verdadero trabajo consista en simplificarse. En regresar a casa con las palabras soleadas del exterior.”

Qué libro precioso!!!
Profile Image for Il Pech.
368 reviews25 followers
Read
February 21, 2026
[Dov'è il mondo? Cosa facciamo?
Si parla di niente qui.
È così tutti i giorni.]

Thierry Metz, poeta e manovale, è sensibile ma statico. Gentile. Talmente gentile da sembrare uno sciocco, anche per chi sa che chi è gentile non è mai sciocco.
Non accende, non scalcia, non grida,
non s'innalza, non illumina.
Si limita ad irritarmi con la sua passività, con la sua cazzo di rassegnazione.
Roba che se bevo altre due birre mi metto a piangere, brutto figlio di puttana.

[Dire una nuvola per opporsi all'abisso
Uscire un istante da queste mansioni che non ascoltano ciò che siamo]

Kim dice che bevo troppo. Lei sta col dolore e con la tristezza come se fossero un castigo divino. Io bevo.

[Non c'è modo di andre avanti. Tutto ciò che avevo portato qui non serve a niente. Il cantiere si riprende tutto]

Metz dev'essere stato difficile da capire, come persona.
La sua poesia è schiva
ed ermetica.
Laconica, volendo,
se questa è una gara di sinonimi.
Leggendo le sue frasette timide si scopre una persona che ha paura.
E ha così paura
di scavare in ciò di cui ha paura
Che sembra non avere niente da dire.

[Tutto resta tra noi. Non detto.
Non siamo chiamati a niente perché mancano le parole]

La sua poesia è bassa manovalanza. È grigia quotidianità

[Si passeggia, si discute. Alcuni giocano a bocce, altri non si sa cosa fanno. Ci sono.
Ci si può sedere.
Non fare niente. Non dire niente.
Non c'è un centro.
(E tuttavia un pomeriggio non fa che cominciare)]

Zero orpelli, nessun aggettivo ma molte parole feticcio, ricche di un simbolismo che si svela pagina dopo pagina: Seme, germoglio, piccone. Ortica, arcobaleno, dolmen.

[Trovare sempre. E del resto: che altro fare nella luce?
Che ci scambino per uccelli: che importa?
Fuori è una caverna]

Ma la semplicità non è facile anzi, è spesso il frutto di una complessità vissuta in prima persona. E la semplicità dei gesti si fa scrittura in Metz. Ed è proprio questa la cosa più difficile da tradurre sulla carta nella lingua d'arrivo

[Non si capisce ciò che sta per succedere. Solo un'attesa. E domani bisogna ricominciare]

Thierry Metz muore suicida a 41 anni.
Chi non l'ha già dimenticato lo dimenticherà.

[Non è tutto. Ci sono aquiloni nella mia voce.
Che importa di ciò che ho trovato? Vento e ombre. Passavo]
Profile Image for EL BC.
310 reviews8 followers
August 8, 2021
Poésie de chantier. Littéralement. Texte ouvrier, écrit par un prolétaire. De très beaux passages, lumineux arcs-en-ciel.
Profile Image for Jean-Pascal.
Author 9 books28 followers
August 15, 2022
Court texte de poésie en prose, parfois beau, souvent énigmatique.
Profile Image for Angèle Thomas.
40 reviews
February 6, 2026
mon avis que tout le monde réclame par des acclamations :
en vdv c fun mais déso j'ai pas la hype des oiseaux et de tout ce lore là très individuel MAIS très sympa pour le mémoire
Notes random pour projet de mémoire (encore) :

-> apolitique (quand Kaplan revendique l'acte politique de travailler à l'usine et que Ponthus se désespère d'une dépolitisation), les seuls éléments dont on peut avoir un analyse politique ne sont en réalité que des faits du quotidien. Ils ne sont pas du tout vu sous un prisme politique ou collectif : non ce sont juste des personnes qui discutent d'une condition de travail entre eux
-> // entre boulot et travail. Il dit ne pas avoir de travail mais avoir un boulot (car n'étant pas constitutif de sa personne et éphémère)
-> travail sur le temps (entrées de journaux qui nous donnent une impression de temps factuel et en même temps certaines entrées sont tellement longues qu'on oublie quel jour on est) + l'expression du temps et de la durée (temps court passe trop lentement quand le temps long est bcp trop rapide. On peut voir ça aussi avec les entrées du journal où la dernière est 3 mois après la précédente)

-> personnages nombreux, esprit de groupe mais qui reconnait des individualités importantes. Pas le projet de parler au nom de tous les manœuvres : replis sur sa vie propre
-> éloge de la parole efficace par un personnage mais il y a un délitement de celle-ci pour la métaphore (celle de l'arc en ciel par ex)

-> question de l'écriture : bcp de métaphores qui arrivent comme des aphorismes, phrases averbales, blancs typographiques
-> usage d'un "tu" exophorique dont il est de notre travail de comprendre qu'il s'agit de sa bien-aimée (lien avec Ponthus)

-> union du travail du manoeuvre donc une vision de la nature comme tout existant par lui-même. Il ne s'inscrit pas dans un système politique qui expliquerait sa condition mais dans un mouvement de la nature dont il se sent une place aussi nécessaire que celle des oiseaux.
Profile Image for Andrés .
25 reviews
March 28, 2024
«Al leer estas páginas de Thierry Metz, comprendemos hasta qué punto escribir no consiste ni en adornar, ni en aderezar, ni en maquillar: consiste meramente en iluminar la realidad, pero no con los crudos focos del realismo. Más bien, la escritura debería ser una suerte de sombra que hiciera despuntar la propia luminiscencia de los objetos, los hechos y las personas.» Del prefacio de Jean Grosjean

La mirada de Metz es compasiva, profunda y llena de una cadencia sombría. Un ejemplo magistral de poética proletaria.
464 reviews
February 28, 2024
Je l'ai peut-être lu trop vite. Je ne m'attendais pas à lire un ouvrage qui s'apparente plus à un recueil de poèmes - avec pour fil conducteur le chantier - qu'à un récit. Du coup, j'ai tourné les pages avec une certaine impatience. J'y ai pourtant retrouvé ces portraits rapides et suggestifs qui m'avaient déjà beaucoup plu dans L'homme qui penche. Mais aussi la sensation de rester trop souvent "à la porte" d'images qui ne me parlent pas, que je ne saisis pas. Pas toutes, d'ailleurs, certaines, au contraire, me scotchent !
This entire review has been hidden because of spoilers.
Profile Image for iris irimia.
155 reviews10 followers
Read
October 4, 2024
«Paso de una cosa a otra. Muy deprisa. No puedo detenerme un solo segundo ni para señalar una nube. Y, más allá, la violencia. Aquí nadie podría hablar del fuego. Todo se queda dentro de nosotros. Sin decir»

«Un campamento de hombres que han venido para escuchar la tierra, para decir... casi nada... una palabra asediada por el olvido y las necesidades pero arraigada en lo infinito. La palabra que un pastor susurra a una oveja...»
529 reviews2 followers
November 6, 2024
Nudo, crudo, d'impatto.

Pagine di diario che l'autore scrisse mentre lavorava come manovale.
Una raccolta di pensieri vari, dalle considerazioni di vita quotidiana a riflessioni filosofico-esistenziali.
Ho preferito la prima parte del libro, l'ho trovata più incisiva e meno ripetitiva.


I miei primi gesti qui: scavare la terra. Aprire una fossa. E sparire. È la quotidianità del manovale: finché non ha trovato l'arcobaleno del suo libro, deve scavare. Chiudersi con i suoi semi.
Altrimenti come meditare la morte e l'albero?
Poco importa che il suo lavoro sia ripugnante; L'erosione del dolmen è più incisiva degli sfavillii dell'istante. E qui i due si congiungono.
Il manovale, il muratore: progetto biforcato. Come le nostre mani.

|

24 giugno. L'architetto è tornato. Penso ai suoi progetti. Un mezzogiorno ho dato un'occhiata alla copia che appartiene al capo: un vero libro. C'è tutto. Tutto ciò che dobbiamo fare è scritto là, compiuto, finito. Si immagina il lavoro. Ma questo libro è completo? Dove sono gli esecutori: le squadre, le parole, i gesti? Chi ci parlerà dell'incompiuto dove siamo sempre?
Il manovale ha solamente alcune parole per avvicinarsi.

Il tempo - il lavoro - ci mostra gli uomini, ma gli uomini, loro, hanno il tempo di mostrarci ciò che ha luogo dietro, dove tutto resta da fare?
Profile Image for Sadie.
4 reviews
December 16, 2025
Seems nice and innovative but that is probably just because it is the most modern poetry collection or journal or memoir or novella I have ever ever read in French. It sometimes felt like I was the one with the pioche trying to hack some meaning out of very specific building site-related vocabulary and recurring images (pigeons, rainbows and the pioche). I guess it is about making art out of the everyday as a normal working guy, and I know we are meant to find the repetitive nature of the ‘poems’ boring, but I don’t like boring things really. Some bits of it were really pretty though.
Profile Image for McFreire.
29 reviews
November 27, 2025
"Este desposeimiento de mí mismo perdurará. Lo primero es sacar la tierra. Quitarla de en medio. Mis movimientos tienen un único objetivo. Mis gestos sólo apuntan a la tierra. En las alturas está el mundo habitable. Lo que define al peón está inscrito en lo que señala. Un curro alimenticio, dicen. Un trabajo de lo más ingrato. Sin duda, pero aquí, con nuestra falta de realización, tenemos más que hacer con las herramientas que nos dan que con las palabras que nos imponen."
Profile Image for Sam.
68 reviews2 followers
November 2, 2024
« J'aime bien les échafaudages ; en rêvant un peu, en se laissant aller, on peut s'y perdre, s'oublier. Plus ils sont hauts, plus les instants de vertige communiquent avec le présent, avec les mots d'en bas qui sont à l'origine du feu, du travail. Ce que dit un homme là-haut est fumée. »
110 reviews2 followers
July 21, 2025
Un journal qui est davantage un recueil poétique en prose où ce grand auteur magnifie la dureté et l'absurdité du réel en véritable joailler du verbe qu'il était. Œuvre citée (c'est ainsi que je l'ai découverte) dans le formidable "A la ligne" du jumeau spirituel de Thierry Metz : Joseph Ponthus.
Profile Image for Juan López.
Author 12 books14 followers
March 23, 2024
Qué maravilla de diario. Quienes hayan trabajado alguna vez de peones en la construcción, como yo mismo, emparizarán el doble con el texto. Ojalá hubiera más obra traducida de Metz.
Profile Image for Nessou 🕊️.
29 reviews3 followers
July 29, 2025
J’ai trouvé ça dans la bibliothèque de mon frère. Je me demande encore pourquoi je l’ai lu et pourquoi je lui ai donné 3 étoiles surtout.
Je m’en souviens déjà plus.
J’ai réajusté ma note mdr.
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