Covering the story of prejudice against Jews from the time of Christ through the rise of Nazi Germany, The History of Anti-Semitism presents in elegant and thoughtful language a balanced, careful assessment of this egregious human failing that is nearly ubiquitous in the history of Europe.
From the Time of Christ to the Court Jews systematically traces the twists and turns of hatred against Jews as it developed from Roman times to the end of the eighteenth century. Chiefly the history of prejudice against the Ashkenazim, this volume demonstrates that organized anti-Semitism was unknown until the First Crusade, an event that marked the beginning of systematic genocide and mass expulsions in Europe. Jews were accused of countless crimes, from causing the Black Death to practicing ritual murder, and the author attempts throughout to reveal the sociological and psychological forces behind these irrational charges.
Léon Poliakov (Russian: Лев Поляков) was a French historian, cofounder of the Center of Contemporary Jewish Documentation, and director of research at the National Centre for Scientific Research (Centre national de la recherche scientifique).
Il est frappant de constater à quelle point les accusations portés contre les juif-ves n'ont guère changé au cours des siècles. Par exemple, le "blood libel" (l'accusation de meurtres d'enfants chrétiens avec quelques variantes) que les nazis réutiliseront est une invention médiévale. La thèse de Poliakov qui voit l'antisémitisme comme une continuité, plutôt que comme un phénomène radicalement nouveau en Europe (par rapport à l'antijudaïsme chrétien), est convaincante. En effet, des stéréotypes sur "l'odeur des juifs" se maintiennent pendant des siècles, jusqu'à ce qu'une commission d'enquête sous le Troisième Reich soit chargé d'informer sur le sujet. L'antisémitisme reste donc jusqu'au XVIIIème siècle (en Europe : dans le monde musulman, malgré des persécutions occasionnels la situation durant le Moyen Âge reste très relativement favorable), un élément important tant dans les domaines culturelles (les Mystères du Moyen Âge, les poésies), théologiques, et économiques (exclusion des juif-ves de la vie économique). L'âge de la foi : ce titre évoque le fait que les justifications théologiques étaient les principales. Les juifs-ves sont associés au Diable, à un peuple déicide. Mais on voit surgir en Espagne, à partir du XIVème siècle et la montée en puissance de l'Inquisition, la règle de la pureté de sang. C'est à dire qu'il suffit d'avoir un ancêtre juif pour être considéré comme Nouveau Chrétien, c'est à dire un chrétien dont la valeur sera toujours mise en doute. Par ailleurs, la transmission héréditaire de la honte de l'enquête inquisitoriale (par la spoliation de l'héritage mais aussi dans un statut qui frappera même d'infamie le théologien Luis de Léon !), invite à réfléchir sur l'idée d'une biologisation (même si le sujet n'est pas présenté en ces termes) du judaïsme par les chrétiens. Sur le sujet : Ce qui m'a marqué dans ma lecture c'est un autre livre qui est revenu à ma mémoire. Dans Une guerre d'extermination Paul Preston remarque que l'antisémitisme avait tellement marqué la conscience des Espagnols que la droite et l'extrême droite pré franquiste feront appel à des stéréotypes antisémites pour caractériser leurs adversaires de gauche, à tel point que Preston parle "d'antisémitisme sans juifs" !
Incredibil efort de cercetare, greu de evaluat ca demers stiintific daca nu esti specialist, dar nu se poate sa nu admiri suflul pus in paginile acestea. Si este abia primul volum.
J'ai lu la première partie du livre (de l'Antiquité aux croisades) parce que cela répond à mes recherches du moment. Mon édition du livre est la première (de 1955), je n'ai donc pas la chance de lire la version révisée des années 90.
C'était un livre important à sa sortie parce qu'il s'agissait de l'un des premiers sur le sujet. Le travail de débroussaillage est donc énorme et très intéressant.
L'histoire de l'antisémitisme y côtoie nécessairement l'histoire du judaïsme. Par contre, souvent dans l'ouvrage, l'auteur tire des conclusions basées sur des sources très peu fiables :
Pour l'époque carolingienne, par exemple, il aborde des pamphlets antisémites publiés par les archevêques de Lyon. Ces derniers parlent des juifs comme étant de riches et puissants manipulateurs qui corrompent la noblesse et la population de l'Empire. (Le classique antisémite, quoi.) Ils y dénoncent des conversations massives des chrétiens vers le judaïsme.
Pollakov, plutôt que d'y voir des mensonges ou des exagérations ayant pour but de tourner l'opinion contre les Juifs... Il y voit des faits historiques prouvant que les juifs de l'époque étaient bien intégrés, aimés et acceptés parmi la population.
C'est un bon livre, mais disons que j'éviterait de le citer dans un travail académique. Je chercherais plutôt des sources plus récentes et basées sur des recherches d'archives.