trespas de Messire Florimond Robertet Jadis ma Plume on veit son vol estendreAu gré d'Amour, et d'ung bas stile, et tendreDistiller dictz, que soulois mettre en ung regret de tous costez trenchantLuy fait laisser ceste doulce coustume,Pour la tremper en ancre d'amertume. Ainsi le fault, et quand ne le fauldroit,Mon cueur (helas) encores le quand mon cueur ne le vouldroit encores,Oultre son vueil contrainct y seroit oresPar l'aiguillon d'une mort, qui le dis je mort? D'une mort n'est ce d'une car quand chascun mourroitSans vraye Amour, plaindre on ne le quand la Mort a faict son malefice,Amour adonc use de son office,Faisant porter aux vrays Amys le dueil,Non point ung dueil de fainctes larmes d'oeil,Non point un dueil de drap noir annuel,Mais ung dueil tainct d'ennuy point ung dueil, qui dehors apparoist,Mais qui au cueur (sans apparence) croist. Voylà le dueil, qui a vaincu ma ce qui faict, que toute rien que je oyeMe sonne c'est ce qui me procure,Que couleur blanche à l'oeil me soit obscure,Et que jour cler me semble noire tel façon, que ce, qui tant me nuyt,Corrompt du tout le naïf de ma Muse,Lequel de soy ne veult que je m'amuseA composer en triste maintenant force m'est que je dieChanson mortelle en stille plein d'esmoy,Veu qu'aultre cas ne peult sortir de moy. De mon cueur donc l'intention totalleVous comptera une chose fatalle,Que je trouvay d'adventure mal saine(En m'en venant de Loyre droict à Seine)Dessus Tourfou. Tourfou jadis estoitUng petit Boys, où la Mort commettoitMeutres bien grands sur ceulx, qui chemin telVouloient passer. En celluy lieu mortelJe vy la Mort hydeuse, et redoubtéeDessus ung Char en triumphe montée,Dessoubz ses pieds aiant ung corps humainMort à l'envers, et ung Dard en la mainDe boys mortel, de plumes empennéD'ung vieil Corbeau, de qui le chant dampnéPredit tout et fut trempé le ferEn eaue de Styx fleuve tri
J'ai, mystérieusement, beaucoup plus aimé cette deuxième lecture que la première !!
FR/EN
Ce recueil n'est pas du tout le style de poésie que j'apprécie ; c'étaient surtout des poèmes de circonstance. J'ai aimé les parties mythologiques.
This is not my type of poetry at all; these are mostly poems written for a particular occasion or for particular people. I just liked the mythological bits.
Je n'avais lu que des extraits de Marot auparavant. Le recueil est assez varié et contient différents types de texte : des épîtres, des rondeaux, des ballades, des épitaphes, d'autres pièces diverses (y compris une traduction de la 1è bucolique de Virgile). Y a des choses vraiment intéressantes et pertinentes dans sa poésie autant que dans la langue qu'il manie. Ceci dit, il faut bien dire que les poèmes qu'il écrit à tel personnage dont un néophyte ne connaît rien... Difficile à comprendre. Certains rondeaux et certaines ballades sont très agréables (et comme ça prend une bonne partie du recueil, je mets une relative bonne note).
Cela faisait longtemps que je voulais lire ce recueil et je suis désappointée quant à mes attentes. Je le voyais plus lyrique et je ne sais pourquoi proche de la nature (les Bucoliques en partie traduites m'ont induite en erreur). Avec l'étude en préface, l'histoire de la création du recueil et de l'écriture de Marot est très intéressante, avec son ancrage dans le siècle de François Ier. Mais, le langage est rude, trop de plongées dans les notes. Quelques passages notés mais pas un fol engouement, une fois le recueil refermé. [AG2019]