Février 2455. Six mois ont suffi à faire voler en éclats trois siècles de prospérité. Six mois d'une guerre civile à l'échelle mondiale. Six mois au cours desquels les Ruches sont entrées en conflit ouvert. Six mois d'un black-out inquiet, où l'accès instantané à l'information et les déplacements ultrarapides n'ont plus cours. Six mois d'horreurs... et aucune perspective de paix. Dans ce monde où la technologie est si avancée que n'importe quel objet industriel peut se muer en arme de destruction massive, où voisins et membres d'une même famille peuvent appartenir à des Ruches désormais ennemies mortelles, deux grandes factions s'opposent: les pro-Ruches, brûlants de réformer ces dernières, face au dieu vivant J. E. D. D. Maçon et ses séides, désireux de bâtir un système plus juste mais qui ignorent encore comment. Tandis qu'en coulisses se joue un autre conflit crucial : celui de l'orientation future de l'humanité... Atteindre les étoiles ne serait-il plus qu'un projet chimérique?
Dernier tome de ce monstre littéraire. La lecture n'aura pas été aisée, le niveau d'érudition étant très élevé pour moi tout au long des 2800 pages. Le récit de cette quasi utopie se clôt magistralement, au propre comme au figuré. Beaucoup de clés sont finalement données, même si des zones d'ombres ont résisté à mes efforts. Notre anti héros, bien que souvent tête à claque, est resté attachant dans son émotion et sa complexité. Cette utopie est d'une grande ambition. Malgré quelques maladresses dans les premiers tomes, notamment lors des récits outrageusement excessifs des perversions sexuelles autour de Madame, tout tient parfaitement ensemble et la boucle se termine avec brio. Je pense que je garderai longtemps le souvenir de ma lecture. Peut-être que sa hardiesse y contribuera, justement. Assez clairement, il vaut mieux avoir un bon niveau de culture classique pour profiter de l'expérience dans son ensemble : les philosophes des Lumières, les classiques antiques sont des références permanentes tout au long du récit. Les thèmes sont passionnants et très actuels, ils ouvrent le champ des possibles de notre société. Dans un monde plutôt en cours de rétractation sur le plan intellectuel, ces ouvrages sont finalement salutaires, en forme de bras d'honneur très doux à la bêtise.
Je reste sans voix de ma lecture. Terra Ignota est pour moi un chef d'oeuvre. Avec des imperfections certes, mais un chef d'oeuvre. Il est difficile, complexe, exigeant, mais aussi beau, profond et intelligent. J'ai rarement lu un livre aussi ambitieux qui mêle science fiction, philosophie, Histoire, mythologie grecque, sociologie... et qui traite de la religion, du genre, de la liberté, de la guerre, de l'Etat, de la nature humaine, de l'avenir. Il n'y a qu'une chose à dire : chapeau bas !
Ca me fait mal de noter aussi mal mais que ça a été laborieux. Je pense vraiment que le shift du tome 3 (que je n'avais pas aimé) se confirme dans les tomes 4.1 et 4.2. J'ai été complètement déconnectée de l'histoire. Plus on avançait et plus les personnages m'agacaient. Jedd et 9A entre autres. De même que les péripéties et retournement de situations. La narration est devenue de plus en plus indigeste car j'avais l'impression qu'il me fallait un bagage littéraire, philosophies et théologiques que je n'avais pas. C'est ultra frustrant. J'ai l'impression que les idées sont passées au dessus de l'histoire et je n'aime pas ça. J'aime quand l'auteurice arrive à me faire comprendre des concepts sans que j'ai l'impression de lire ces dits-concepts. Du coup, je suis sûre que c'est une œuvre magistrale, jamais vu encore en SF, mais j'ai décroché à partir du tome 3. Je retiens quand même 2 chapitres, 1 dans Le tome 4.1 : le chapitre Odyssée Et 1 dans Le 4.2 : le chapitre Personne. Qui ont représenté à eux 2, ce qui m'eblouit dans cette série. En conclusion cette série s'est divisé en 2 parties pour moi. Des tomes 1 et 2 extraordinaires et des tomes 3 et 4 de plus en plus indigeste.