Marina Tsvétaïéva (1892-1941) est aujourd’hui reconnue comme l’un des grands poètes du XXe siècle. Femme de tous les paradoxes, à la fois russe et universelle, prosaïque et sublime, elle commence très jeune à écrire et à publier. Prise dans la tourmente révolutionnaire après l’écrasement de l’Armée blanche dans laquelle son mari s’est engagé comme officier, elle vit un douloureux exil de dix-sept ans à Berlin, à Prague, puis à Paris. De retour dans son pays natal en 1939, elle se suicide deux ans plus tard. Il est des talents si impétueux que les évènements les plus dévastateurs de l’histoire ne sauraient les étouffer. Réduite à néant par la terreur stalinienne, Marina Tsvétaïéva ne cesse aujourd’hui de revivre et de rayonner. Cette « Danseuse de l’âme », ainsi qu’elle se nommait, traverse, subit et transcende les malédictions de l’Histoire comme une comète fracassée. Par sa poésie, fulgurante, rétive et exaltée, elle fraternise d’emblée avec toutes les victimes. La singularité tragique de son itinéraire, d’une indestructible intégrité, garde aujourd’hui toute sa charge libératrice.
Марина Цветаева Marina Ivanovna Tsvetaeva was born in Moscow. Her father, Ivan Tsvetaev, was a professor of art history and the founder of the Museum of Fine Arts. Her mother Mariya, née Meyn, was a talented concert pianist. The family travelled a great deal and Tsvetaeva attended schools in Switzerland, Germany, and at the Sorbonne, Paris. Tsvetaeva started to write verse in her early childhood. She made her debut as a poet at the age of 18 with the collection Evening Album, a tribute to her childhood.
In 1912 Tsvetaeva married Sergei Efron, they had two daughters and one son. Magic Lantern showed her technical mastery and was followed in 1913 by a selection of poems from her first collections. Tsvetaeva's affair with the poet and opera librettist Sofiia Parnok inspired her cycle of poems called Girlfriend. Parnok's career stopped in the late 1920s when she was no longer allowed to publish. The poems composed between 1917 and 1921 appeared in 1957 under the title The Demesne of the Swans. Inspired by her relationship with Konstantin Rodzevich, an ex-Red Army officer she wrote Poem of the Mountain and Poem of the End.
After 1917 Revolution Tsvetaeva was trapped in Moscow for five years. During the famine one of her own daughters died of starvation. Tsvetaeva's poetry reveals her growing interest in folk song and the techniques of the major symbolist and poets, such as Aleksander Blok and Anna Akhmatova. In 1922 Tsvetaeva emigrated with her family to Berlin, where she rejoined her husband, and then to Prague. This was a highly productive period in her life - she published five collections of verse and a number of narrative poems, plays, and essays.
During her years in Paris Tsvetaeva wrote two parts of the planned dramatic trilogy. The last collection published during her lifetime, After Russia, appeared in 1928. Its print, 100 numbered copies, were sold by special subscription. In Paris the family lived in poverty, the income came almost entirely from Tsvetaeva's writings. When her husband started to work for the Soviet security service, the Russian community of Paris turned against Tsvetaeva. Her limited publishing ways for poetry were blocked and she turned to prose. In 1937 appeared MOY PUSHKIN, one of Tsvetaeva's best prose works. To earn extra income, she also produced short stories, memoirs and critical articles.
In exile Tsvetaeva felt more and more isolated. Friendless and almost destitute she returned to the Soviet Union in 1938, where her son and husband already lived. Next year her husband was executed and her daughter was sent to a labor camp. Tsvetaeva was officially ostracized and unable to publish. After the USSR was invaded by German Army in 1941, Tsvetaeva was evacuated to the small provincial town of Elabuga with her son. In despair, she hanged herself ten days later on August 31, 1941.
Très émouvant. Attrapée par l'émotion alors même que je me perçois comme ne comprenant pas ce que je lis : ça s'ouvre brusquement en moi, par en-dessous, et je suis touchée profondément. Ca doit tenir à telle image ou telle formule, mais je ne prends pas le temps d'analyser, parce que me voilà lancée à continuer à lire, l'émotion perdurant. A relire. Peut-être analyser les ressorts. Mais peut-être ne pas le faire.
Elle s'obstine à désigner la poésie comme un chant, les poètes comme des chanteurs, elle parle beaucoup de sons, d'oreille. Tient-elle pour une forme orale de la poésie ?
Recueil peut-être un peu inégal mais les fulgurances poétiques qui le parsèment valent 1000 fois le détour. Grosse préférence pour le segment « Insomnie » dont quasiment tous les poèmes présentent un vers ou un passage à retenir. Une poétesse à découvrir et une œuvre poétique à explorer !
"Voici encore une fenêtre où encore on ne dort. Peut-être – on boit du vin, Peut-être – on est assis. Ou simplement ils sont deux qui ne défont pas leurs mains."
4,5 Un recueil de poésie que j’ai adoré découvrir. La plume de Marina Tsvétaïéva est absolument sublime et nombreux de ses poèmes m’ont beaucoup touchés. Elle y aborde les thèmes de l’amour, de la vie, de la nature et de l’exil. Parfois elle raconte aussi de simples moments de vie, touchants dans leur simplicité. Je suis vraiment tombé sous le charme de son écriture et j’ai passé un moment incroyable à la lire. C’est une autrice qui devrait être plus connu et que je recommande à toutes et tous (en plus le premier mini recueil qui s’appelle L’amie était dédié à son amante donc les gay vibes sont omniprésentes).
En le lisant, je me suis fait la réflexion que j'aurais peut-être dû choisir un autre recueil pour découvrir et appréhender pour la première fois la plume si singulière de Marina Tsvétaïéva. Comme souvent en poésie, la relecture m'a permis de mieux saisir l’œuvre dans un ensemble qui s'inscrit, comme chez son amie et poète Akhmatova, dans un contexte historique et personnel indissociables de l'auteure.
"je m'ouvre les veines : irrécupérable et ingarrottable, la vie coule à flots. mettez au-dessous assiettes et seaux ! toutes les assiettes seront toujours plates, petits les seaux.
à côté, débordant sur la terre noire, nourrir la fougère, tombe, irréversible, irrécupérable et ingarrottable l'averse des vers."
༄⋆
4.5 d'une douceur inattendue et invulnérable.
insomnie (4) "après une nuit sans sommeil, le corps faiblit devient doux et autre -- il n'est à personne. dans les veines ralenties des traits font encore mal et on sourit aux gens comme un ange.
après une nuit sans sommeil, les mains faiblissent, l'indifférence est profonde : ami ? ennemi ? chaque son fortuit recèle un plein arc-en-ciel, l'odeur de florence flotte soudain sur le gel.
les lèvres s'éclaircissent tendrement, l'ombre est plus dorée autour des yeux creusés. c'est la nuit qui a allumé ce visage si éclatant -- et de la nuit sombre en nous, les yeux seuls -- restent sombres."
*3.5 De très beaux poèmes, marqués par la vie tumultueuse et difficile de Tsvétaïéva. Beaucoup de poèmes m'ont parus opaques sûrement parce que je ne connais pas bien la vie de cette poétesse.
Très beau recueil. Voix poétique moderne, d'une grande richesse énonciative qui permet d'explorer les thématiques de la nuit, de la noirceur, du mouvement, avec un rythme et une énergie extrêmement dynamique. Belle expérience de lecture.
Mains croisées sur mon corps vivant, Je mourrai sans communion. C'est toute mon âme qui se fend, Tout ce qui pour moi va à vau-l'eau. Tu voudrais bien toi savoir Pourquoi je suis ainsi punie. Regarde le ciel par la fenêtre, Tout de moi y est dit.
Dans la vie clandestine il y a une vieille libraire d'action directe qui dit qu'elle ne veut lire que de la poésie et de la politique, je ne suis pas tout à fait d'accord mais là c'est les deux et c'est magnifique il se passe plein de choses j'adore j'adore