C'est ton tour de ne plus être tout à fait humain.
Après des études de lettres, Marine Peyrard travaille durant quelques années dans l'éducation populaire et le secteur culturel : elle est bibliothécaire en maison d'arrêt, modèle vivant en école d'art, organisatrice d'événements autour du livre, animatrice d'ateliers d'écriture... Vivant désormais dans la campagne bretonne, elle se consacre à ses activités d'autrice et de photographe. Féministe queer, son travail artistique questionne la façon dont la société occidentale façonne les vies et les corps des femmes et des personnes LGBTQI+. Ce premier recueil profondément engagé est autobiographique.
Un recueil un peu OVNI, entre poésie, autofiction, autobiographie, qui relate date après date une année après avoir subi un viol par un homme aimé. Lu également d'une traite au coeur de la nuit, ce livre m'a bouleversée. Il parle de souffrance, de vivre avec, de résilience, de ne pas pardonner, d'à qui parler. Chacune des pages se tourne la gorge serrée, entre fulgurances de beauté et forcément, la violence inhérente au viol et les traces qu'il peut laisser. Je conseille chaudement ce livre et lui souhaite une longue vie. (sortie en librairie le 23 juin)
Je répéterai les mêmes choses que les commentaires précédents en disant que ce bouquin est nécessaire, dur, juste.
La forme est aussi intéressante : un long poème en vers libres, minimaliste et percutant, qui ne s’embête d’aucune fioriture. C’est agréable à lire, rythmé et sans détours, et pourtant tout y est insoutenable.
J’ai été happée et l’ai lu d’une traite. Excellente lecture.
« Viande à viol », des mots qui résonnent pour toute personne qui a été marquée par la violence dans sa chair. Ce titre percutant, interpellant et violent, c'est celui du recueil de poésie de Marine Peyrard. Il se compose d'un an de textes, d'un an de reconstruction, d'un an à composer avec ses bourreaux : son violeur, sa propre culpabilité et l'indifférence de la société.
Le viol qui a été perpétré ici n'est pas celui avec lequel on menace les filles à qui la nuit appartient, ce n'est pas celui qui arrive dans une ruelle sombre et par un inconnu. Le violeur ici est un ami, un amant, un amour. « Je ne pensais pas que tu avais un faible pour les belles au bois dormant. » C'est le viol le plus courant et pourtant celui qu'on tait le plus. « Personne n'a envie d'entendre que les loups sont dans la bergerie depuis le début. »
Ce recueil se lit comme un journal intime, écrit dans des mots simples mais parfaits pour dire l'indicible. D'une justesse extrême, empreint de sororité, « Viande à viol » a agi comme un baume sur mes plaies et je remercie infiniment Marine Peyrard pour cela.
« Je ne peux plus parler aux hommes après toi
Alors je parle aux cyprès aux piverts aux écureuils aux coquelicots »
This poetry collection revolves around one event and its aftermath over the course of one year. The text is deeply personal, mixing genres. It’s an autobiographical exploration of one year in poetry form. After being r*ped by a loved one, the author spirals out of control. Slowly, she has to find herself again, shed the overwhelming sense of pain and guilt, heal. But healing is an isolating process in a world where all the pressure is put on victims instead of the aggressors. Add to this the confusion and alienation resulting from being hurt by someone you deeply loved. Marine Peyrard beautifully paints the emotional struggle, the taxing necessity to revisit over and over again the night that changed everything. Starting off with a shattered self, she takes every piece one by one and places them back together. Every line is haunting and powerful. This is not only an exploration of pain but also an ode to all r*pe survivors. We need powerful texts like this that actively dismantle the idea that women are exclusively attacked and r*ped in dark alleys by predatory strangers. More often than not, the predators are not strangers at all.
A little taste :
Le viol a cela d’étrange : c’est une domination commune que connaissent tant de femmes d’enfants mais ça ne peut être qu’une tragédie personnelle qui nous isole loin chacun•e les un•es des autres » (p. 127)
A 5 stars read for me. I wholeheartedly recommend this and I am looking forward to reading future writings by Marine Peyrard.
entre auto fiction et autobiographie, l'autrice raconte jour par jour l'année qui suit son viol dans une prose libre laissant éclater toute sa rage et sa peine. C'est poignant à lire, car la forme choisie transcrit avec violence le propos du livre. Pourtant l'évolution et la résilience dont elle fait preuve témoigne du changement qu'elle opère pendant le processus de reconstruction et change la dynamique de domination. Le mot viol apparaît peu à peu, apprend à faire sa place au même rythme que l'actrice met des mots sur son mal. Mon seul bémol est sa manière de tout le temps dire qu'elle est morte suite à son agression. Je comprends que c'est son impression mais c'est vraiment une conception avec laquelle j'ai personnellement du mal, de se considérer comme une morte vivante.
C'est tellement dur de parler de viol. C'est tellement dur de parler de soi. De s'admettre victime. De mettre des mots sur des choses sont on ne devrait jamais avoir honte. Ce recueil est d'une importance capitale.
"je sais ma génération friande de films de combats, de séries de super-héros Ne cherchez plus : les guerrier.ères sont déjà tout autour de vous, ce sont les survivant.es des horreurs que cette société laisse si nonchalamment arriver."
J'ai enfin lu le recueil de poésie autofiction de Marine Peyrard "Viande à Viol" qui prenait poussière depuis des mois. Je n'étais pas prête quand je l'ai acheté mais la lecture du chapitre 2 m'a rappelé ce recueil au titre limpide. Honnêtement je ne peux pas vous le recommander si le viol, le viol conjugal, les violences policieres vous trigger. Dans le cas contraire, c'est une lecture transcendante.
Je crois que les bons mots seraient : percutant, juste. Percutant parce que tu te prends un énorme point en pleine face quand tu le lis, autant par sa forme et ses mots choisis avec la plus grande justesse. Elle met les bons dessus : autant dans le ressenti des victimes que la violence de l'acte subit. Je ne sais pas s'il donne la force de surpasser ses traumatismes ou les mets tellement sous vos yeux que vous êtes obligé d'agir. Il réveille le traumatisme, soyez prêt à le lire.
Je préfère ne pas noter un livre autobiographique si intime. D'un autre côté, ce livre m'a arraché le coeur et l'écriture était si prenante que j'ai parfois arrêté ma lecture pour regarder dans le vide et méditer ce que je venais de lire. Je devrais mettre ces 5 étoiles. On me l'a conseillé et je le conseille à mon tour.
"Il est impossible, en réalité, de parler de cette année à celles et ceux qui ne l'ont pas vécue (tant mieux), je conclurai donc simplement : je sais ma génération friande de films de combats, de série de super-héros Ne cherchez plus : les guerrier.eres sont déjà tout autour de vous, ce sont les survivant.es des horreurs que cette société laisse si nonchalamment arriver."
Lu d'une traite avec un mélange de sentiments et de sensations. Le texte est fort, avec peu de mots et une simplicité déroutante. Beaucoup de justesse.
Le titre me faisait d'abord peur, la lecture a été plus aisée qu'attendu.
Le parcours sur un an, à la forme d'un journal, d'une Survivante de viol. Je n'ai pas de mots pour exprimer l'admiration et les remerciements que j'envoie à cette actrice pour avoir écrit ce livre si vrai et nécessaire, ainsi que pour la parole qu'elle a porté au quotidien dans sa vie.