On a chacun·e vécu plus que l’équivalent d’une maîtrise en mangeage de marde, et ce, par cumul de certificats en précarité, en instrumentalisation, en domination temporelle, complétés par une étude indépendante en détournement cognitif. Cette accréditation, il faut l’encadrer, l’afficher sur nos murs et puis mettre le feu à l’immeuble avant de déguerpir. À travers cette suite de récits sans concession, on voit apparaître et réapparaître des personnages résolus, damnés et triomphants dont on devine les liens au fil de la narration fragmentée. L’écrivaine trace, dans un style impitoyable, le portrait d’une sororité que n’arrivent guère à ébranler la violence sociale, les traumas et les faux-semblants. «Et pourtant, voici dans cette écriture de Valérie Bah, les enragé·e·s qui si peu ont su mourir, débordant d’amour et de pages à remplir, sublimant des chairs pleines que font frémir les accents de leurs âmes.» – Stéphane Martelly, préface
Définitivement des segments et des personnages intéressants, sans parler des thématiques soulevées. Cependant la plume et le rythme entre le chapitres est pour le moins flyé donc c’est un ti peu difficile à suivre surtout lorsqu’ils s’agit de faire les liens entre les personnages.
La force de l'écriture de Bah est certainement dans cette narration enroulante, enivrante de laquelle certains dialogues semblent détonner de leur façon artificielle d'être formulés.
Je ne sais pas, pour l'instant, de quelle manière ces rares dialogues qui semblent tomber à plat participent au texte. La sortie de l'illusion de réel qu'ils causent mettent en lumière la façon dont la narration mène le bal, mène la lecture, construit des lieux de résistance imperceptiblement, disant toujours au-delà et au-dessous de ce qui est raconté.
En lisant ce recueil de récits comme on lit un seul et unique projet, j'ai eu la sensation de toucher et de reconnaître des réalités, des perspectives qui ne sont pas les miennes de manière à la fois intime et distante - une saine distance qui reconnaît en les autres la force de leurs différences. Ce n'est pas tant ce qui est raconté qui nous allume à la lecture que le regard avec lequel c'est écrit. Une écriture vivante.
Les réalités présentées, ancrées dans les possibilités d'une ville comme Montréal, sont empreintes d'une sourde richesse et complexité.
«Nos gueules de bois seront colossales; mais j'entrevois déjà le jour qui commence : nos projets, nos manigances, nos riens, nos soucis. Nos fureurs de rester en vie dans ce lieu qui ne veut pas de nous.»
Review en Français • en Español • in English Ceci est une collection de nouvelles dont les histoires s’entremêlent au fil du livre. J’ai particulièrement aimé ‘Lougawou’ dont l’élément fantastique est assez subtil pour infuser son personnage d’une aura, une dimension et une personnalité qui est souvent manquante chez d’autres dans cette oeuvre. Le thème exploré est l’oppression, à Montréal, de femmes noires et de la communauté queer afro-américaine principalement. Je crois que c’est une bonne fenêtre qui vaut la peine d’être explorée. Malgré le titre, le livre n’engueule pas son lectorat et ne se lamente pas (sauf peut-être un personnage). L’autrice raconte avec éloquence des histoires troublantes. — Esta es una colección de historias cortas que se enlazan al paso del libro. ‘Lougawou’ fue mi favorita porque su elemento fantástico es lo suficiente sutil para darle a su personaje una aura, dimension y personalidad que luego les faltan a otros personajes de la obra. El tema explorado es la opresión, en Montreal, de las mujeres negras y de la comunidad ‘queer’ afro-americana en particular. A pesar del titulo, el libro no grita su rabia ni se lamenta a su lector (bueno, tal vez un personaje sí). La autora supo contar de manera elocuente varias historias preocupantes. — This is a collection of short stories, that throughout the book enter-twine. I particularly loved the ‘Lougawou’ one, the fantastic element was mild enough to infuse its character with an aura, a dimension, and a personality that others from the book sometimes lack. The themes explored are the oppression, in Montreal, of black women and black queer mainly. I think it’s a good window, worth checking out. Despite the title, the book doesn’t yell at its readership or whine (except for one character). It’s a good rendering of troubling stories.
the rage letters! more like I'll be writing joy letters for this awesome short story collection, coming from an unabashedly Black/queer/trans perspective grounded in Montreal. not necessarily a cure for my leaving mtl blues (took a month for a reason), but an experimental work of the frictions of recovery, healing, and community in contemporary quebec. other than the boldness of the shifting POVS, keeping characters both intimate and distant, central and forgotten, bah casts the scenes of Montreal life, the nightbus, the dep, the alleyway, regional antagonisms, so many neighbourhoods, with a quotidian beauty that we all know this city to have.
Short interconnected stories that feel autobiographical, about race and gender identity and awkward interpersonal relationships and petty but meaningful friction. I've never visited Montreal but I got a real sense of place reading these, and I found them rather good! The highlight was definitely "The Letter", a short and impassioned plea of queer love and queer anger.
Will hopefully be writing a review on this and the English translation soon, so more to come! But I really loved this. I felt so seen. This book is unapologetically Black, queer, and trans. Even as an anglophone Black person from the US, I felt such kinship with these characters. Daphné and Fred, I love you!!