À la notion d'effondrement, qui dépolitise les enjeux en postulant une trajectoire unique et comme jouée d'avance, on opposera celle debasculements, qui permet de faire place à l'imprévisibilité croissante de notre temps et au rôle central de la mobilisation politique. Des basculements se produiront en effet, à relativement court terme, sur fond d'unecrise systémique du capitalisme, certes produite par les " contradictions " environnementales qui ravagent la planète, mais aussi par des tensions internes entre un capitalisme fossile et un capitalisme techno-" écologique ". Sur cette base analytique, le livre esquisse plusieurs scénarios, tous parfaitement vraisemblables à ce stade.Il en est un sur lequel il attire particulièrement notre attention : celui d'une ouverture des possibles synonyme de basculements sociétaux et civilisationnels considérables qui nous engageraient vers des manières de vivre échappant aux logiques du système-monde capitaliste. Et nous placeraient face à des questions fondamentales : que peut être un agencement de la production qui renonce à la centralité des déterminations économiques ? Que peut être une politique qui privilégie l'autogouvernement populaire et assume une relocalisation communale ? Comment nouer de nouvelles relations aux non-humains qui cessent de nous extraire des interdépendances du vivant sans pour autant dissoudre entièrement la notion d'humanité ? Et par quels chemins faire croître de tels possibles ?Autant de questions auxquelles Jérôme Baschet – avec une érudition, une clarté et une liberté de pensée exceptionnelles – esquisse des réponses aussi plausibles et documentées qu'éminemment désirables.
Dans le débat d'idées qui l'oppose à Frédéric Lordon sur les stratégies pour rompre avec le capitalisme, Jérôme Baschet a publié en 2021 cet essai qui tente de tirer les leçons de la crise du Covid-19 et ses conséquences, que ce soit pour le capitalisme lui-même mais aussi et surtout pour les luttes contre ce même capitalisme.
Le propos est clair, passionnant et convaincant. Je ne vais pas le résumer ici, mais je dois dire que le lecteur souvent séduit par les textes de Frédéric Lordon que je suis aurait bien du mal aujourd'hui à prendre parti pour l'un ou pour l'autre, ou plutôt pour leurs approches respectives, puisqu'il s'agit ici d'un débat d'idées et non d'une confrontation de personnes.
En tout cas, cet ouvrage m'a donné très envie de lire les autres livres de Jérôme Baschet, notamment sur la révolution zapatiste au Chiapas, qu'il connait si bien.
Magistral essaie de baschet. Le concept de basculement au lieu d’effondrement en est la base épistémologique émancipatrice et est franchement vraiment rafraîchissant et politisant. En offrant une analyse contextuelle béton du niveau historique de la crise structurelle pendant la pandémie du Covid et suivant sont avènement, l’auteur y offre sont processus de libération suivant divers points de bascule favorisant les scénarios d’un monde ou d’une pluralité des mondes post-capitalistes. Tout y est : abolition de la valeur et de ses rapports sociaux fetichisé, du monde civilisationnel de la marchandise et de l’économie, remise en question du sujet homogénéisant et eurocentré de la modernité des lumière, communalisme, écologie politique, autonomie, subsistance, anarchisme. Suite logique à sont oeuvre maîtresse d’adieux au capitalisme sortis en 2014. Baschet y est encore plus pertinent et concis. Le résumé derrière le livre y est aussi une parfaite piste et représente pleinement l’œuvre. Adoré x 1000 !!