C'est un été en Normandie. Le narrateur est encore dans cet état de l'enfance où tout se vit intensément, où l'on ne sait pas très bien qui l'on est, où une invasion de fourmis équivaut à la déclaration d'une guerre qu'il faudra mener de toutes ses forces. Un jour, il rencontre un autre garçon sur la plage, Baptiste. Se noue entre eux une amitié d'autant plus forte qu'elle se fonde sur un déséquilibre : Baptiste a des parents parfaits, habite dans une maison parfaite. Sa famille est l'image d'un bonheur que le narrateur cherche partout, mais qui se refuse à lui.
Flanqué d'une grand-mère à l'accent prononcé, et d'une tante « monstrueuse », notre narrateur rêve, imagine, se raconte des histoires, tente de surpasser la honte sociale et familiale qui le saisit face à son nouvel ami. Il entre dans une zone trouble où le sentiment d'appartenance est ambigu : vers où va, finalement, sa loyauté ?
Écrit dans une langue ciselée et très sensible, Un jour ce sera vide est un roman fait de silences et de scènes lumineuses qu'on quitte avec la mélancolie des fins de vacances. Hugo Lindenberg y explore les sentiments, bons comme mauvais, qui traversent toute famille, et le poids des traumatismes de l'Histoire.
L’histoire relate l’enfance du narrateur durant les vacances d’été en Normandie, entouré de sa grand-mère, et d’une tante dont il tire un portrait sombre, celui d’un horrible personnage qui ne cesse de le tourmenter. Le récit retrace la tendre amitié qui le lie à Baptiste et tout un monde intérieur empli d’angoisses, de honte et de dévalorisation de soi. Son ami, qui semble être à l’opposé de tout cela, lui apporte une certaine sérénité, une joie de vivre, et lui offre le rêve d’une vie qui lui semble si parfaite, si éloignée de la sienne. Ensemble, ils refont le monde sur cette plage de Normandie.
Un texte savoureux, où l’on emprunte un chemin de pensées parfois irrationnelles, mêlées à la peur de la différence, du rejet, alors que le personnage principal devrait être dans l’âge de l’insouciance et du jeu, il n’en est rien, et nous prouve que l’enfance, bordée d’épreuves, peut être difficile à vivre et source de questionnements, de déchirements profonds, des pensées sommaires peuvent tout à coup devenir tout un monde, et prendre toute la place. Un poids qui peut parfois se révéler trop lourd à porter pour un enfant.
Une mise en abîme dans cette partie de l’enfance du narrateur, un parcours exposant la complexité et le pouvoir de la pensée. Où le lecteur est amené à se demander quel drame a si profondément marqué ce personnage ?
Une tante décrite comme un monstre, qui fait peur et dégoûte en même temps. Et un lien ineffable qui l’unit à sa grand-mère, un lien que rien ni personne n’altérera.
Le choix des mots, la poésie, les aventures de l’enfance, tout dans ce roman est fin, subtilement choisi, doux et profond à la fois. J’ai été embarqué sur cette plage, à travers ces destins croisés, cette amitié, la recherche de sa propre personnalité et les rencontres qui marquent à jamais, laissent une trace à l’encre indélébile.
Si comme moi vous êtes amoureux des mots : cette lecture va vous plaire. Chaque mot, chaque phrase, chapitre, est un plaisir exquis. On se laisse attendrir, on ressent la colère, l’incompréhension, la honte parfois teintée de douleur profondément ancrée en soi.
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Mettant en scène l’impuissance et la rage contenue d’un enfant qui ne comprend pas pourquoi il n’a pas ce que tous les autres semblent avoir, Un jour ce sera vide est un premier roman bouleversant et émouvant sur l’enfance, la famille et le poids des normes.
Une chronique familiale qui n’était pas faite pour moi. J’ai eu trop de mal à croire qu’un jeune garçon tenait de tels discours intérieurs. L’écriture est belle, certes, mais trop poussive. Je reste sur ma faim concernant plusieurs sujets, c’est dommage vu le résumé prometteur.
La beauté de ce petit roman ! L’enfance et ses merveilles et ses terreurs, ses délices et ses oublis, ses fantômes … l’angoisse de comparer sa famille aux autres… l’amour et l’amitié… c’est remarquablement écrit, c’est très doux, c’est un très beau moment de lecture.
Un premier roman réussi qui nous plonge le temps d’un été dans la vie, faite d’ennui mais aussi de découvertes et de quête existentielle d’un petit garçon solitaire.
Un récit tout en émotion, touchante de la première à la dernière page, qui nous happe et restera en nous très longtemps, qui mêle la trajectoire personnelle d'un jeune garçon perdu (défaut de savoir-être avec les jeunes de son âge, disparition de toute sa famille, sauf une tante folle et une grand-mère qui l'élève, dans les camps de concentration) et Histoire par petites touches impressionnistes.
"Chez nous, il n'y a pas plus d'enfants que de giron. Il n'y a que des survivants qui errent parmi les fantômes."
Portant le fardeau des non-dits, des mensonges et du secret, le jeune narrateur tente à grand-peine d'arracher des bribes de vérité. A l'âge où l'on se compare pour se construire, cela est nécessaire à sa survie, à sa compréhension du monde, de lui-même et des autres.
"Le silence, c'est ça mon héritage."
Un ouvrage tendre et fort, qui nous accompagnera longtemps !
J’ai aimé écouter les pensées de ce petit garçon apeuré. On a tous cru un jour que l’herbe était plus verte ailleurs, on a tous douté. Sa mélancolie a une origine, le dégoût et la honte certainement aussi. L’ obsession pour Baptiste et sa famille devient un moyen de s’échapper, créait une envie folle d’amour, d’appartenance, une souffrance aussi. J’aurais creusé son passé avec plus de détails mais le sujet était cet instant, cet été d’errance, de questionnement, de fantômes et de trouble. Belle écriture.
Roman raconté à la première personne dans un style grave et parfois un peu grandiloquent, ce qui crée un décalage intéressant avec les récits d'enfance que j'ai pu lire par ailleurs. De très belles pages explorent avec finesse la complexité des sentiments éprouvés par le jeune narrateur. Son univers est peuplé de figures féminines fortes : sa grand-mère, sa tante (qui le répugne), la mère de Baptiste (une sorte d'héroïne hitchcockienne qu'il vénère). Les hommes ou les autres petits garçons n'y ont pas droit de cité, à l'exception de Baptiste. La sensualité de certaines scènes entre les deux garçons est admirablement maîtrisée car nous restons toujours à hauteur d'enfant et nous ne basculons jamais dans le voyeurisme.
Quelle malaise, vécue par un petit garçon de dix ans, mais décrit (dans une belle langue, forte en images) comme par un adulte, malgré le présent du verbe. Le livre est déroutant, pas toujours très agréable (pour ne pas dire carrément dégoûtant), et il laisse une impression que je ne perdrai pas de suite.
P.S. Si quelqu'un veut me donner son interprétation de ce qui se passe entre le pénultième et le dernier chapitre, en message privé ou avec alerte "spoiler" ci-dessous, je serais intéressée, car tout d'un coup j'ai un doute...
Je ferme ce livre en n’ayant pas compris le récit, ni son objectif. C’est vraiment bien écrit, mais je ne peux pas croire que ce soit du point de vue d’un enfant de 10 ans tellement le vocabulaire est pointu et la réflexion celle d’un adulte avec du recul. Vraiment pas une lecture pour moi.
Roman d'une sensibilité et d'une douceur qui en arrivent presque à vous écorcher. La mélancolie du narrateur, sa jeunesse, sa terreur à l'idée d'être associé aux adultes dépressifs, schizophrènes, qui l'entourent, la dureté de son regard sur eux, et la douceur qu'il a pour les inconnus qu'il idéalise... tout crée une atmosphère à la fois douce et pesante.
Ce roman a été pour moi comme une couverture lestée agréable, qui par moment menaçait de m'étouffer: on y est bien, porté par les belles métaphores, la sensibilité de l'écriture, la nostalgie des vacances d'été à la plage, l'odeur de la mer, du sable et de la crème solaire. Derrière, en arrière pensée récurrente, en chanson de fond, la certitude qu'il est arrivé quelque chose de terrible, que notre petit narrateur poète vit une parenthèse avec son copain de plage -- une parenthèse qui n'est pas hermétique et ne le protègera pas de ses démons ni de son angoisse. Tout au long du livre, alors qu'il me berçait, une partie de moi avait peur pour ce narrateur.
J'ai adoré le personnage; immature et sage à la fois, enfant et adulte, plus conscient de ses limites que de sa valeur. On suit ses pensées qui ne priorisent rien, de la maladie du "monstre" à la file de fourmis dans la cuisine, parce que tout est aussi important à ses yeux de petit garçon de 10 ans.
Incroyablement mauvais. Il n'y a rien dans ce livre. La langue est très choisie, effectivement, et le style est très bon. Pourtant rien ne va. Le fait de représenter le déroulement de cet été sans lien temporel entre les chapitres n'est pas pertinent. Ces saynètes sont davantage des réflexions implicites sur la condition humaine qu'un véritable récit et quitte à écrire quelque chose d'aussi poussé il aurait mieux valu écrire un essai. Selon moi, l'équilibre récit/réflexion méta est très mauvais, ce qui fait qu'on est tenté d'analyser chaque remarque de cet enfant et qu'on ne s'intéresse plus du tout aux personnages. Aucun n'est attachant et la tension érotique dans le style me dérange.
Bref, je ne remercierai pas France Inter pour la découverte !
Si je ne doute pas qu’Un jour ce sera vide puisse séduire de nombreux lecteurs, pour ma part, l’expérience de lecture ne fut guère concluante. Je n’ai pas réussi à entrer dans l’histoire d’un jeune protagoniste dont les pensées m’ont semblé en trop grand décalage avec son âge, en plus d’être parfois redondantes et dures à entendre. Il y a néanmoins une certaine poésie et sensibilité dans cette histoire empreinte de silences et de non-dits, d’un passé difficile à évoquer, mais aussi d’amitié, de jeux et de découvertes sentant bon les vacances et l’enfance.
Le narrateur a 10 ans, orphelin, et passe ses vacances sur une plage normande. Solitaire et surtout honteux d’être affublé d’une grand-mère et d’une grande tante trop colorée transpirant quelque peu la misère, il se rapproche de Baptiste, un autre enfant entouré d’une famille aimante et digne et auquel il aimerait ressembler. L’écriture est soignée, le propos intéressant, mais je n’ai pas accroché…
Ce premier roman est sans aucun doute superbement écrit. Le style du narrateur est un plaisir de chaque phrase, ses mots si bien choisis. Et pourtant, malgré la poésie du texte, j'ai été déçue. L'histoire manque de liant à mon goût et je n'ai pas su m'attacher au personnage du petit garçon autant qu'il le mérite. Un livre qui m'a comblé aux premières pages, et que j'ai finalement mis du temps à finir.
Une vraie déception. J’ai choisi ce petit roman sur l’étagère du libraire car la quatrième de couverture disait que le narrateur est un enfant. Mais le narrateur est un écrivain adulte à l’écriture assez prétentieuse de surcroît; donc la supercherie ne fonctionne pas. Le fond de l’histoire un peu sordide ne confère pas à cet ouvrage la profondeur qu’il croit lui donner. Et le pire de tout, maintenant j’ai une vieille chanson de Myke Brant dans la tête… 😑😂😂😂
Un très joli roman, plein de sensibilité, sur l’été d’un garçon de dix ans mal dans sa peau, qui rencontre Baptiste, un garçon de son âge, et sa famille parfaite, ou presque.
Les espoirs, joies, déceptions et incompréhensions d'un jeune garçon en vacances sur les plages normandes. Comment remplir un espace qui nous semble insatiable ? Un joli premier roman.
Right questions and anecdotes but I had the impression that he refrains from diving into these transclass issues through the poetic descriptions. Too light for me.
Il était étrange ce livre. Comme vaporeux, et un peu insaisissable. J'ai aimé l'écriture mais je n'ai pas vraiment compris où l'auteur voulait nous emmener.
Paru pour la rentrée littéraire 2020, Un jour ce sera vide, premier roman écrit par Hugo Lindenberg, a obtenu le prix du livre Inter 2021. Lorsque ce roman est sorti, je me rappelle avoir « tourné autour » mais, peut-être par lâcheté, je m’en suis détournée. Car, à l’époque, la solitude de cette enfance faisait écho à la mienne et à celle que l’on vivait aussi. Un enfant de dix ans raconte ses vacances à Houlgate avec sa grand-mère à l’accent si prononcé que le yiddish n’est pas oublié. Cette ancre qu’elle incarne n’est pas sans lui inspirer une honte qui rejoint presque les hontes de l’Histoire, celle de son peuple exilé bien sûr, mais aussi la conscience de ne pas être comme les autres. Car, cette honte palpable et collante ne cesse de le poursuivre sur la plage qu’il fréquente chaque jour. Il s’y doit d’y composer un rôle, celui de l’enfant heureux, léger et serein. Alors qu’il ne cesse d’observer les familles dites « normales, comme pour en découvrir leurs secrets. L’amitié qui nait avec Baptiste le conduit à toucher du doigt la différence et l’oblige à aller quémander certesun baiser de sa mère, mais aussi l’amour maternelle absente pour avoir la sensation de toucher la normalité. Roman d’initiation aussi à la sensualité et à l’émoi adolescent, Hugo Lindenberg décrit par touche cet éveil sans jamais le nommer. Pourtant, les sensations et les émotions sont présentes pour éveiller l’enfant à sa conscience future d’homme. Lire la suite ici https://vagabondageautourdesoi.com/20...
Avec les prix qu'il a reçu et après le conseil d'une bibliothécaire, j'ai acheté sur livre sur le coup (normalement je regarde les avis d'abord car il y a trop de livres à lire et pas suffisamment de temps, n'est-ce pas ?!) en espérant que c'est si bien que les gens disent. Malheureusement, mon pari sur 'Un jour ce sera vide' était raté. Je donne 2 étoiles car en effet c'était mieux écrit que quelques livres que j'ai lu dans ma vie. Mais je trouvais l'écriture incohérente au personnage (un petit garçon). Le style était trop adulte, même si l'écrivain écrit dans le futur, puisque c'est un roman de nostalgie, qui parle d'un été marquant. Mais il y a plein d'autres livres où les écrivains ont pu donner l'impression que c'est un enfant qui parle sans perdre la poésie dans le style.
J'ai été aussi déçu par l'histoire. Vers la fin, je me suis dit que ça pourrait commencer à être intéressant... Il y avait 2 ou 3 pages où je n'avais plus besoin à me forcer la concentration mais à la fin, rien se passe encore. Et la fin de chaque chapitre est trop cadré, c'est comme si on gonflait un ballon puis... Meh, on le laissait dégonfler tout simplement. Et j'avoue que ça m'a prit plusieurs semaines à finir.
Peut-être ca vaut comme même le coup pour d'autres personnes. Mais moi qui aime le style de Haruki Murakami, Margaret Atwood, Romain Gary, Roald Dahl... Ce livre n'était pas pour moi.
Ce livre se lit très rapidement et j'ai apprécié le style incisif et précis de l'auteur. Les questions abordées sont intéressantes, notamment autour de l'identité juive, le silence, la famille. La relation entre le narrateur et Baptiste est très jolie et permet de soulever de nombreuses problématiques.
Cependant, deux remarques:
-les réflexions de l'auteur et de son double littéraire sont plus qu'éculées, dans la catégorie roman auto-biographiques/mémoires d'enfance j'ai eu la sensation d'avoir déjà lu les mêmes pages quelque part ; -la perception du personnage de la tante est tout simplement odieuse. C'est trop vous demander, les hommes, d'arrêter de décrire les corps des femmes de cette manière ? Non, on n'est pas un "monstre" quand on est grosse et qu'on a des poils... Il s'agirait de faire preuve d'originalité ! La tante souffrant apparemment d'une maladie mentale, merci d'arrêter de traiter les gens de "fous" à tout bout de champ, c'est une attitude psychophobe et réductrice.
Bon je pense être passée à côté du fond de l'histoire.
Ce livre est doux, calme, sensible. Il nous partage les sentiments du narrateur, sa vision, ses ressentis, ce qu'il explore, ce qui le fait chavirer, ce qu'il vit au travers de ses yeux d'enfant aux côtés d'un ami, d'une grand-mère ou d'inconnus...
C'est le genre de livre où la sensibilité délivre un message, où l'exploration des pages méritent un étude approfondie, où le contenu n'est pas qu'une simple histoire.
C'est ce genre de livre où l'émotion est au cœur du genre. Où traverser les pages devient un voyage de sensibilité et de découvertes approfondies dans l'émotion délivrée par le narrateur.
Un jour ce sera vide est un réel délice de lecture et se lit comme des vacances d’été: simples, insouciantes et chargées en émotions. Le portrait de la tante, et l’horreur décrite traduit une réelle incompréhension, et le sentiment de ne se sentir à sa place, en décalage, à l’âge ou tout pourtant devrait être si simple. Car nous avons tous envié les petits copains, pensé que leurs familles fonctionnaient mieux que la notre, et avoir voulu nous lover dans les bras de leurs mamans qui sentent si bon. Hugo Lindenberg décrit tout cela d’une main de maître avec une émotion et une justesse sans pareille.