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La tyrannie de la réalité

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Peu d’idées sont autant galvaudées aujourd’hui que celle de « réalité ». Hommes politiques, chefs d’entreprise, mais aussi économistes et romanciers s’en réclament : seul le réalisme semble recevable, et il suffit à tout justifier. La réalité constitue désormais, dans notre mentalité collective, la valeur étalon. Elle est le nouveau dieu que nous vénérons ; le dernier qui reste en magasin, peut-être.

Mona Chollet, épingle l'usage pernicieux de cette notion dans tous les types de discours et démontre pourquoi l’injonction réaliste relève de l’imposture. À une époque où les relations essentielles à notre équilibre — la relation à l’environnement, la relation à l’autre — se vivent sur un mode chaotique, il est temps de se poser quelques questions...

Un texte mordant et salutaire, qui non seulement déconstruit l'idéologie implicite de certains "réalistes", mais ouvre aussi joyeusement un chemin de traverse : il rappelle les bienfaits de l'imagination et du rêve, non pas pour "fuir la réalité", mais au contraire pour se donner une chance de l'habiter pleinement.

384 pages, Paperback

First published August 25, 2004

24 people are currently reading
689 people want to read

About the author

Mona Chollet

17 books1,055 followers
Mona Chollet is a Franco-Swiss writer and journalist. She is the chief editor for Le Monde diplomatique and has also written for Charlie Hebdo. She lives in Paris, France.
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Après une licence en lettres à Genève, elle étudie le journalisme à l’École supérieure de journalisme de Lille.

Elle est ensuite pigiste pour Charlie Hebdo. Mais son contrat est interrompu en 2000 après sa contestation d'un éditorial du directeur de la rédaction Philippe Val, qui qualifiait les Palestiniens de « non-civilisés ». Elle raconte : « Quelques jours après, il m’a convoquée, et il m’a annoncé qu’il arrêtait mon CDI après le mois d’essai, alors que j’étais pigiste depuis un an. Ça m’a sidérée »1.

Désormais journaliste et chef d'édition au Monde diplomatique2, elle anime également le site de critique culturelle Périphéries3, en partenariat avec Thomas Lemahieu.

Elle anime également pour 19 épisodes une chronique sur Arte radio, L'esprit d'escalier (2004-2005), qui aborde des sujets de société, notamment (mais pas uniquement) sur le féminisme et les médias.

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1 star
1 (<1%)
Displaying 1 - 9 of 9 reviews
Profile Image for Lula.
53 reviews13 followers
August 29, 2023
Mon rapport à ce livre est assez ambivalent. Je dois dire que je m’attendais à autre chose, le titre m’attirait et le thème aussi. Une reflexion datée de vingt ans mais qui peut être aurait pu m’aider à comprendre certains aspects du monde cruel dans lequel on vit aujourd’hui. Mais je n’y ai pas trouvé mon compte. J’avais beaucoup aimé Sorcières de Mona Chollet, bien que je lui avais trouvé quelques défauts. Souvent ces défauts étaient pour moi liés à l’étroitesse du point de vue de l’autrice qui s’explique de par la position plus privilégiée que beaucoup qu’elle occupe dans la société. Il manquait quelque chose à son analyse et c’était l’expérience du monde sous une forme qu’elle ne pouvait pas connaître. Mais une fois qu’on acceptait ce fait, on pouvait apprécier la qualité du livre en lui même et ses enseignements. Mais ça c’était 15 ans après la tyrannie de la réalité. Dans ce livre là toutes ces choses qui me faisaient un peu froncer les sourcils mais que je pouvais dépasser dans cet autre livre, se retrouvent en un amas condensé de chapitres de plus en plus difficiles à lire et qui m’ont fait me demander plusieurs fois pourquoi diable je m’obstinais à le finir. Parler de la place du rêve dans le monde capitaliste, c’est un sujet très intéressant. Et au début je me retrouvais devant les premiers chapitres exalté.e j’avais envie de dire OUI! c’est tout a fait ca, au livre mais ensuite l’analyse a commencé à partir dans un sens puis dans l’autre et m’a honnêtement complètement perdu.e. Les exemples sont comme beaucoup le disent datés/dépassés car symboles d’une époque différente de celle qu’on connait, mais au dela de ça ils me semblent pour une grande part d’entre eux aléatoires et pas au niveau de leur origine (comme disait Chollet au début du livre) mais juste de leur contenu. Ça me donnait la même sensation que quand il fallait vite écrire une dissertation en philo au lycée et trouver les exemples les plus aléatoires possibles pour faire son argument contre argument. Ca donne un résultat assez académique/scolaire et aussi presque naïf. Mais une naïveté qui se sait j’imagine, vu le sujet du livre, c’est juste une vision du monde et des choses moins riches que quand on a vécu plus de choses difficiles qui en ressort. Du coup souvent je trouve certains passages presque hypocrites parce qu’elle dénonce une façon de faire détachée, extérieure qu’elle finit par reproduire aussi volontairement ou non.
Pour autant le livre m’a quand même fait réfléchir pas mal, et certains passages avaient beaucoup de sens pour moi aussi. C’est pour ça que je peux pas « raisonnablement » (haha) lui attribuer une note plus basse bien que j’ai bien galérer à pas le jeter et plus jamais le ramasser à plusieurs reprises.
Ce qui m’a le plus plu, c’est les passages qui dénoncent la doctrine du travail = vie et tout ce qui en résulte, et l’analyse des personnes qui refusent d’entendre qu’il peut exister autre chose parce que ça fragiliserait le sol sur lequel repose leur vision illusoire du monde. L’analyse de Bovary était pas inintéressante non plus bien que je l’ai personnellement jamais lu. J’ai aussi trouvé les passages sur l’altérité et la célébrité très bien. Et il y a beaucoup de bases à sa réflexion qui me restent en tête même des jours après l’avoir fini. Notamment cette certitude obstinée de la science et de l’humain à vouloir penser qu’on pourrait tout expliquer tout définir net et ferme et que les éléments n’ont pas de connexion entre eux dans le monde. Ça a pour ma part beaucoup fait écho à la manière dont le monde médicale se comporte même si c’est pas du tout le sujet traité et que ça aurait été un exemple très intéressant pour le coup à développer. Parce que le sujet lui même et ses sous sujets sont quand même originaux à défaut d’avoir des exemples qui me parlent, les idées derrière ne sont pas mauvaises du tout et sur certains points m’ont presque fait lâché prise sur quelque chose. Mais c’est plus parce que sa réflexion s’est jointe à beaucoup des miennes avec ma propre perspective du monde. J’ai l’impression de voir plus clairement ce qui se passe autour de moi encore, tout le sérieux et la conviction ferme des gens qui crient réalité et la manipulent comme ils le veulent. C’est assez plaisant de se rendre compte de ça davantage ça donne moins de pouvoir aux mots de ce qui veulent vous manipuler ou vous faire du tort quelque part. Même si comme tout ce qu’on apprend c’est prendre le risque de se sentir plus seul et incompris encore. Pour ça je pense que le livre n’est pas complètement à jeter.
Ce qui m’a le moins plu par contre c’est toutes les fois où elle parle du militantisme tel qu’il est pratiqué (du moins à cette époque) comme une tyrannie presque égal au capitalisme et ses lois. Parce que même si il y a effectivement des choses valides à critiquer dans la manière dont on s’organise, et ça résonne encore aujourd’hui avec les réseaux sociaux et les microcosmes de célébrité militante qu’ils engendrent, j’ai trouvé la vision de la chose un peu pauvre et quasi à côté de la plaque, je pense que c’est un sujet trop riche pour être juste utilisé comme exemple malheureusement. La pauvreté des exemples utilisés pour parler des communautés qui regroupent les humains autour de quelque chose qui leur fait du bien montrait bien qu’elle n’avait pas trop d’expérience au moment d’écrire le livre de l’importance que le militantisme peut jouer aussi à ce niveau là. Les plus belles communautés que je connaisse sont créées au coeur de ça, de combats, de blessures et de rêves partagés.
Mais un autre point qui m’a hérissé le poil par contre, et j’espère honnêtement qu’il le lui hérisse également si elle relie ses livres aujourd’hui, c’est l’utilisation du mot autisme/autiste en tant que figure symbolique de concepts tel que le repli sur soi, le refus du monde extérieur et carrément l’égoïsme ça m’a pas mal choqué honnêtement. (elle vient jusqu’à le comparer à une forme de totalitarisme l’abus de langage validiste me dépasse) Je sais encore une fois que ca date de 20 ans. Mais cet absence de connaissance, autre que sous formes de préjugés, sur l’autisme et d’autres choses qui ont trait à des formes de handicap, montre bien que toute sa thèse repose sur une connaissance pas assez approfondie des choses dont elle parle. Parce que justement, en tant que personne autiste, je pense que ce sujet traité par quelqu’un qui serait autiste serait mille fois plus riche et intéressant. Cultiver son soi intérieur y a rien qu’on fait mieux que quand on est autiste, malade chronique, ou n’importe quelle sorte d’handicap qui nous isole. Et le fait que ce soit indirectement nié a plusieurs reprises + l’élitisme intellectuel qui se fait sentir dans plusieurs aspects du livre m’a fait décrocher du livre. Je me suis obstiné.e à le finir parce que je voulais entendre ce qu’elle avait à dire jusqu’au bout avant de trancher mon opinion de façon injuste sans avoir tous les tenants et aboutissants. Mais si j’avais su les maux de têtes pour peu de plaisir reçu que ce livre allait me causer je l’aurais peut être sûrement jamais commencé tout court. Parce que oui j’exagère en rien quand je parle de maux de tête avec ce livre et ses phrases alambiquées qu’il faut relire maintes fois pour comprendre à quel sujet le pronom ou le déterminant à la fin ou au début d’une phrase longue se réfère (ok je suis pas mieux mais bon mdr.) J’aime beaucoup l’écriture poétique et philosophique, apprendre des nouveaux mots me dérange pas mais ici ça donne vraiment un aspect surfait et étouffant par moment comme si l’autrice voulait pas qu’on la comprenne presque. Pour autant je ne regrette pas complètement sa lecture. Je pense juste qu’il y a surement bien plus intéressant et complet à lire aujourd’hui.
Profile Image for Octave Aribaud.
2 reviews
Read
November 14, 2021
Le sujet traité - déconstruire la notion de réalité - est intéressant et original. Il est ici abordé sous l’angle de plusieurs figures et mythes qui construisent les représentations populaires de la réalité : le rêveur, l’écrivain… L’ouvrage est bien documenté et j’ai trouvé la critique de certaines œuvres intéressantes.

J’ai néanmoins trouvé que certains exemples étaient aujourd’hui un peu datés et certains passages un peu moins biens que d’autres.
Profile Image for Anthelia  Amazes .
400 reviews67 followers
January 20, 2025
Excellente Mona Chollet sur la tyrannie d’une «réalité» que l’on croit universelle et justifiée… à force qu’on nous le dise.
Comme toujours j’aime le ton adopté , les innombrables références et citations littéraires (ou autres).
Je lui pardonne volontiers son acharnement (d’une vingtaine de pages tout de meme) sur un Houellebecq qui n’était alors (en 2004) pas encore l’auteur de «La possibilité d’une île».
Elle nous éclaire le chemin pour repenser la réalité, ne plus se laisser convaincre par des préceptes qui ne sont pas les nôtres et ne servent les intérêts que de quelques uns.
Lisez le si vous êtes en passe de comprendre que consommer n’est pas vivre et ne vous apportera jamais le bonheur auquel vous aspirez et que vous méritez.

“ Pour l'écrivain Jean Sur, qui a été pendant de nombreuses années un formateur en entreprise iconoclaste souvent viré, le film de Laurent Cantet (L’emploi du temps) exprime magnifiquement «dans quel désastre la perfection frigide du langage managérial, habile à tout mimer, même le sentiment, entraîne, jour après jour, tout ce qui peut rester de vivant dans les êtres». C'est à une colonisation intérieure que procède le salariat. Il constitue une sorte de bain-marie existentiel, de climatisation mentale. Il oblige ceux qui y sont enrôlés à investir passionnément tout leur être, toutes leurs forces, toutes leurs capacités, au service d'objectifs économiques le plus souvent dérisoires et nuisibles, qui procurent à ses cadres les plus zélés une excitation confinant à la démence.
La condition du salarié, comme dans la chanson écrite par Raoul Vaneigem, “La vie s'écoule, la vie s'enfuit' est «sans rêve et sans réalité».”
Profile Image for Sophie Bordes.
20 reviews
May 18, 2024
Un essai qui semble avancer d'intéressantes portes de réflexion sur notre société consumériste et capitaliste.
Or, la plupart de ces idées sont à peine développées, semblent souvent datées et l'organisation du propos est assez brouillon. Peut-être est-ce dû au choix des références citées en exemple ? Ou alors peut-être ce livre n'est-il juste plus actuel désormais ?
La lecture reste intéressante bien que l'enrichissement qui en découle me paraisse limité.
Profile Image for Myrtille.
12 reviews4 followers
February 18, 2020
4,2/5

"Témoigner d'un bonheur, les livres d'un Rezvani, par exemple, ne font que cela ; mais on y sent le besoin irrépressible et sincère de dire un émerveillement, de le fixer pour la postérité, et non l'envie d'en mettre plein la vue. [...] Si l'on veut se donner une chance d'être heureux, il faut déserter le petit coin de vitrine dans lequel la société nous invite à parader."
293 reviews
June 8, 2020
Mona CHollet m'a permis de mettre des mots sur mon malaise face à cette société qui ne respecte pas le rythme de l'humain et sacrifie tout au nom de la "réalité" (du capitalisme...).
Une lecture dont il faut faire bon usage pour réaligner les compteurs!!!
Profile Image for Velikanova.
46 reviews1 follower
May 24, 2016
Un livre que tu n'as encore jamais lu d'un auteur que tu aimes
This entire review has been hidden because of spoilers.
Displaying 1 - 9 of 9 reviews

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